Nouvelles N° 3 du Groupe National Jeux, Vie Physique et Sports
LE BULLETIN JVPS N° 3

Editorial Vous avez dit émancipation ?

Voici le N° 3 de notre bulletin JVPS. Dans le N°1 nous disions que pour l’instant ce serait un bulletin annuel. Au fil du temps et en fonction de vos réactions, suggestions et commentaires nous peaufinerons plusieurs aspects, autant sur la forme que sur le fond : sa périodicité, son contenu, son format. Et pourquoi ne pas lui trouver un titre sympathique, actuel et original ?
Il se veut être le reflet de notre groupe de travail JVPS : un lieu de formation, d’échanges, voire même des débats sur ces thèmes qui nous sont chers à l’intérieur de notre mouvement.

A ce propos, il s’agit, tout d’abord, de donner des outils aux formateurs afin d’éviter la perte de « mémoire » qui arrive dans toute institution quand il n’y a pas une transmission structurée. Car cela entraîne, dans certains cas, la mise en place d’actions qui contredisent des idées faisant partie de notre patrimoine. Dans d’autres cas, on perd énormément d’énergies pour « découvrir » des choses qui ont été éclaircies depuis bien longtemps ! Ensuite, il y a un point essentiel qui donne sens à nos actions et formations : nos prises de position doivent être visibles et lisibles ! Dès le départ, ces prises de position de notre mouvement avaient des fondements philosophiques ou idéologiques sous-jacents, qu’il s’avère nécessaire de sauvegarder surtout à cette époque de « flou », caractérisée par le manque de repères , un obscurantisme de plus en plus présent et le retour sournois, des pensées dogmatiques. Quel que soit le champ d’application ou les publics concernés nous militons pour des activités physiques, corporelles, sportives qui aient du sens. Il n’est pas facile de l’expliquer à une époque où nous assistons, même, à un délitement du sens des mots.

Nous devons toujours nous rappeler que nos actions visent une éducation à l’émancipation, dans laquelle les représentations du corps ne sont pas neutres, et en disent long sur les rapports entre la place accordée au corps et les pressions sociétales de type commerciales, normatives, avec en plus des stéréotypes divers qu’il serait long d’énumérer ici. C’est la raison pour laquelle, et même plus que jamais, nos prises de position sur ce champ d’activités sont importantes.

Par ailleurs, il est heureux de constater que ces derniers temps, notre mouvement s’est engagé dans des actions de plus en plus variées : encadrement, organisation, formation, accompagnement de publics divers ; diagnostic dans les institutions éducatives ou municipales. Cette variété de cadres institutionnels, de publics, de niveaux d’intervention, apporte une richesse indéniable mais, nous devons rester vigilants pour garder notre cohérence qui est pouvoir en permanence répondre à la question : quelle est la spécificité des CEMEA par rapport aux partenaires-concurrents ? Ces points évoqués nous obligent à adopter une attitude volontariste pour la formation de nos militants. Cela doit être le résultat d’une synergie permanente et régulière entre le groupe national JVPS et les groupes similaires dans chaque AT.

Un bilan mitigé

Mais, pour l’instant le bilan est mitigé. En effet, nous avons l’impression de remplir, dans notre groupe national, un rôle de plus en plus prégnant de « consultants ». Ceci démontre bien que l’initiative de relancer le groupe obéissait à un véritable besoin. Toutefois, en ce qui concerne des formations, nous n’avons pas enregistré de demandes. Dans les échanges avec les AT, très souvent la réponse est la même : Nous aimerions bien mais il nous est impossible de trouver du temps disponible. Parfois ils ajoutent ; mais avec plaisir nous nous retrouverons aux REN.

Dans la mesure où, depuis l’année dernière, nous avons lancé une enquête sur l’état de lieux de chaque AT sur le thème JVPS, il est important pour nous que les réponses servent aussi à trouver des pistes pour améliorer ou optimiser le volet formation !

Pour revenir à notre bulletin, en attendant de lui trouver une autre périodicité en fonction de nos « forces », nous remarquons qu’il paraît en janvier ; c’est donc l’occasion de présenter une rubrique qui soit, justement, un compte rendu ou un bilan des 12 derniers mois. Nous garderons aussi l’habitude d’insérer un état des lieux des projets ou activités en lien avec cette thématique dans les diverses AT.

A ce propos en lisant les CR des différentes AT nous rappelons ce que nous disions dans les numéros antérieurs, notre groupe JVPS veut être un carrefour d’idées et d’échanges sur tous les aspects en lien avec le Jeu, les diverses activités corporelles (que nos « ancêtres ceméatiques » appelaient vie physique) et le sport.

Cela veut dire aussi que les AT qui ont des groupes de travail ou qui organisent même des formations en lien avec le plein air ou sur l’eau (escalade, voile, activités physiques et santé mentale) sur toutes ses formes, sont les bienvenus. Dans des échanges par téléphone avec certains camarades quand ils racontaient ce type de formations ils étaient étonnés quand nous leurs disions qu’il est dommage de ne pas les ajouter à leur bilan ! N’oublions pas que l’un des éléments qui donnent du sens à notre action est : le questionnement permanent et la mise en place d’expériences pédagogiques innovantes.

Pour l’équipe JVPS
Alfredo Ferreruela


 Les RENCONTRES DE L’EDUCATION NOUVELLE du 24 au 28 août à Nîmes-Rodilhan.

Dans le cadre des échanges d’idées et pratiques, cette année notre groupe JVPS a proposé un atelier-débat sur la prise de risque car ce fut une préoccupation exprimée à maintes reprises autant dans le milieu scolaire que dans celui du secteur socioculturel.
Quelle est la posture de l’enseignant, de l’éducateur, de l’animateur sur ce thème, et surtout quelle attitude adopter avec ces divers publics ? Comment contribuer à une éducation de la décision ? J’ose ou je n’ose pas ? Maintenant ou après ? Seul ou avec aide ?

La séance a commencé par un aménagement des lieux à l’intérieur et les abords d’un gymnase Les ateliers étaient les suivants : grimper sur un mur d’escalade sauter sur un tapis épais (choisir soi même la hauteur) /monter sur une haute échelle et avec un saut, rejoindre le haut des espaliers du gymnase, / Avec les yeux bandés, s’orienter avec des sons sur un terrain escarpé, près d’un ruisseau. / Monter sur une échelle tenue par deux participants. /En groupe, faire une pyramide accroupis, faire une pyramide debout sur les épaules des autres./ Evaluer des distances de sauts « hardis »/ Marcher en équilibre sur la barre transversale d’un échafaudage / Sur le même support, grimper et descendre en rappel.

Ce fut un véritable plaisir de voir les réactions, les attitudes, la manière d’aborder « l’inconnu » pendant chaque atelier avec ses particularités et ses exigences qui, pour certains étaient tout à fait nouvelles. De plus cette variété nous a parue très riche car il ne s’agissait pas seulement d’une rencontre entre le participant et un milieu mais il fallait aussi évoluer dans un collectif qui devait résoudre des situations propres aux jeux de coopération : faire confiance, être à l’écoute de l’autre, savoir anticiper des réactions ou attitudes, donner un sentiment de sécurité.

Parlons en …

Par la suite nous avons verbalisé ce vécu, qui a été l’occasion de riches échanges. Parmi les thèmes abordés : le rôle des émotions, le risque objectif et subjectif, la sécurité active et passive, l’estime de soi et le sentiment de compétence quand on arrive à dire « enfin, je suis capable » De même, le rôle essentiel de l’accompagnement. Grâce à la force bienveillante du collectif, on ose faire des choses qui nous paraissaient impossibles au départ. En parallèle, nous avons aussi abordé l’aménagement du milieu en tant qu’incitateur de l’activité, mais aussi comme contenant, permettant la création motrice, l’envie « d’aller au delà »grâce à l’outil, l’objet, la gestuelle qu’on peut s’approprier.
Nous avons largement évoqué des situations en milieu scolaire et dans des actions de formation. A la fin des débats, et dans ce que nous pourrions appeler « le mot de la fin » des participants ont fait cette remarque : en cherchant à éliminer toute incertitude, notre société nous propose un milieu de vie qui devient de plus en plus « aseptisé ».

Conclusion : Cela a été l’occasion de prendre conscience, d’une manière générale, du peu de place accordée au corps en milieu scolaire. Plusieurs enseignants souhaiteraient que ce type de réflexions fasse partie de leur formation. D’une manière plus particulière, on a évoqué la mise en valeur de ce type d’outils transposables et transférables pour d’autres activités de mise en action corporelle dans les différentes formations. Surtout pour celles qui s’adressent à un public qui a une faible estime de soi ou des difficultés dans la prise de décisions.

Apprentissage en Education nouvelle.

Sous certains aspects cet axe de travail était la suite des réflexions et pratiques entreprises l’année antérieure pour explorer les « piliers » de l’EN : la relation au milieu, le respect de l’individu, la force et la richesse du groupe et l’agir Cette fois notre objectif était de faire une « radioscopie » sur la base des activités proposées, afin de mieux comprendre « Comment j’apprends ? », « Comment j’apprends à apprendre ? ». Dès le départ, le parti-pris du groupe d’animation à été de mettre en valeur l’importance du retour de l’information (le feed-back) afin de pouvoir évaluer le rapport de chaque participant avec l’apprentissage. Moi et mes façons d’apprendre / J’identifie des manières d’apprendre/ J’utilise des méthodes d’apprentissage/ Je connais les fondements scientifiques de l’apprentissage (éventuellement citer des références en psychologie, socio, neurosciences…)
Mais la grande particularité de cet atelier a été celle-ci :

Nous avons pris comme angle d’attaque les apprentissages et l’engagement corporel tant sur le plan des perceptions (sens, proprioceptif) que sur le plan de la restitution (kinesthésique, savoir-faire, aptitudes, .. .
Cela a été possible car chaque animateur a apporté ses compétences, ce qui a permis de travailler, parmi d’autres, sur les notions de corps-espace, la danse, les perceptions, les équilibres, la respiration, la prise de risques, l’écoute de son corps et celles des autres, la place du corps et la parole.
Conclusion : Il y a là une véritable piste de travail qui pourrait servir dans tous les lieux et publics, surtout sur la place du corps comme médiateur et vecteur des apprentissages.

 A propos des actions en Palestine

A la demande de plusieurs parmi vous qui, après avoir lu l’article dans le Bulletin N°2 se demandaient pourquoi allez- vous en Palestine, voici le texte que Philippe SEGRESTAN avait présenté, à l’époque, pour initier la collaboration entre les deux associations.
C’est encourageant et agréable de constater que les accords CEMEA -FSGT apportent un souffle nouveau à nos associations respectives Au fond, il s’agit d’un cheminement bien logique car après une parenthèse de quelques années nous avons la chance de reprendre des actions en commun. Au texte de Philippe nous pourrions ajouter le souvenir d’une époque dans laquelle plusieurs membres « historiques » de notre groupe faisaient partie aussi de la FSGT, comme Gérard Guillemard ou Jean Claude Marchal. Dans ce projet en commun on retrouve la « signature » de nos amis de la FSGT avec leur volonté opiniâtre pour rendre le sport populaire ; et en même temps médiateur de lien social.

Voici le texte

Aux camarades de la FSGT engagés dans les actions de formation en Palestine

Chers amis

Avec un retard certain, voici comme convenu une demande et un argumentaire du groupe national « jeux vie physique et sports » des CEMEA pour participer avec vous aux actions de formation et d’animation en Palestine en 2017.
Qui sommes nous ?
Le groupe « jeux vie physique et sports » (JVPS) rassemble des militants des CEMEA (animateurs, enseignants, entraineurs, éducateurs) investis dans l’animation et/ou la formation aux APS
La mission de ce groupe est développer la réflexion et les actions des CEMEA à propos des APS. Concrètement nous organisons des formations pour les militants afin qu’ils soient plus pertinents et outillés dans leurs champs d’activité. Nous réalisons une veille pédagogique et politique sur les questions relatives aux APS
Nous créons et mutualisons des démarches et outils de formation. Dans la mesure de nos moyens nous sommes en lien avec les différents acteurs du monde du sport, du jeu et du plein air.

• La première raison est politique.
Les CEMEA sont engagés depuis des décennies dans des actions de solidarité avec des partenaires Palestiniens. Nous avons notamment contribué à créer un institut de formation aux activités d’animation et d’éducation populaire. (Institut CAANAN). Des formateurs des CEMEA, bénévoles et professionnels , se sont rendus à Gaza plusieurs fois et en retour nous avons accueilli des formateurs Palestiniens dans nos associations.
• La seconde raison est pédagogique
Nous partageons avec vous les options de :
- former des formateurs pour démultiplier et rendre les acteurs autonomes.
- lier la formation et l’action sur le terrain
- lier la formation « technique » et développement de la personne
- rechercher une logique de coopération et de solidarité et non d’enseignement et de « charité »
• la troisième raison est notre ancrage commun dans l’éducation populaire.
Il nous semble que l’action à plusieurs organisations, quand elle est préparée en commun et basée sur des orientations claires, est source d’enrichissement mutuel. Nous savons ce que nous avons appris avec la FSGT dans nos nombreuses actions communes précédentes. Sur la base de ces expériences citées, nous pensons avoir aussi été utiles et stimulants pour la FSGT.
• La quatrième raison, concerne les activités physiques et sportives.
Militants de l’éducation nouvelle, nous accordons une grande importance aux pratiques culturelles du corps sous toutes ses formes comme vecteur d’éducation et d’épanouissement. Nous connaissons à ce sujet ce qui nous sépare comme ce qui nous rassemble. Ces différences n’empêchent nullement l’action commune et, de même, nous les trouvons stimulantes !

Pourquoi nous souhaitons coopérer avec vous sur cette action ?

Ce que nous pensons pouvoir apporter

Une expérience éprouvée et des pistes de travail concernant la formation aux démarches de projet. La logique de projet et la pédagogie du projet sont la base de la formation des animateurs et des éducateurs.

Une expérience et des outils dans les activités physiques dites des « jeux traditionnels ». Ils ‘agit d’une famille d’activités ne nécessitant pas d’apprentissages techniques structurés et offrant cependant une grande richesse d’interrelations, de conduites motrices ainsi qu’une ouverture sur des registres variés : d’émotions et de dimension symbolique.

Ces activités sont particulièrement adaptées aux animations en milieu ouvert, telles que vous les envisagez en Palestine. Elles constituent un registre d’activités simple à acquérir et efficace dans les milieux les plus divers. Elles obtiennent le plus souvent l’adhésion des enfants. Pour paraphraser vos écrits disons qu’ « il s’agit d’un système minimum à efficacité maximum… et pas pour dans 1000ans ! »

Proposition concrète

Formalisons dans un texte court une coopération entre la FSGT( les secteurs qui s’occupent de coopération avec la Palestine) et le groupe JVPS des CEMEA. Participation de deux militants des CEMEA : Philippe Segrestan ( déjà engagé comme bénévole de la FSGT ) et Alfredo Ferreruela ( responsable du groupe « jeux vie physique et sport » professeur d’éducation physique, encadrant d’APS dans le secteurs sanitaire et sociale, formateur.

Pour le groupe JVPS des CEMEA
Philippe SEGRESTAN

En novembre dernier nous avons fait un nouveau voyage en Palestine . Cette fois il s’agissait d’aller visiter différents lieux d’animation afin de comprendre leur fonctionnement et d’échanger avec les animateurs qui avaient assisté à notre stage de formation en Avril. Pour ne pas se perdre dans des longues descriptions il nous a paru intéressant de vous livrer le contenu de la journée-bilan.

Vous trouverez dans la pièce jointe ce compte rendu du
Séminaire du 23 novembre 2017 à Bethléem au centre Ibdaa


Et autres points abordés :

- Commentaires, débats, pris sur le vif…

- « Radioscopie » et nouvelles des différentes AT


05/03/2018

LE BULLETIN JVPS N° 3
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