||avril 2002
Pour un service civil obligatoire
 Ajouter au panier

Suite à l’article " La Fin du service militaire, une triste victoire. "

L’article de François Chobeaux paru dans le Ven 503 concernant la professionnalisation de l’armée française comporte un certain nombre d’idées à débattre.

D’accord pour dire que le service militaire dans sa forme ancienne ne valorisait pas les personnes (humiliation, irrespect de l’intégrité de la personne, consignes absurdes...) et qu’il ne s’agissait en aucun cas d’un moment agréable et instructif.
D’accord également pour alerter sur les dangers possibles d’une armée de métier coupée de la réalité de la société.

En revanche, on ne peut pas assimiler l’objection de cons-cience à "une excuse" pour ne pas faire son service national au même titre que les fausses maladies ou des statuts particuliers. Il ne me semble pas que la plupart des anciens objecteurs de conscience aient fait partie des " plus malins et des mieux placés " même s’ il est vrai, qu’ils pouvaient être mieux informés.

Il s’agissait surtout d’un engagement très fort dans des positions de société non violente, d’une alternative à un service militaire. La durée beaucoup plus longue de cette forme de service national montre également que ses partisans n’y trouvaient pas une astuce quelconque pour détourner la loi nationale.

Les Ceméa qui ont depuis longtemps accueilli des objecteurs de conscience ne peuvent aujourd’hui les assimiler à des citoyens qui ont évité ou détourné le service devant être rendu à l’Etat. Bien au contraire, beaucoup d’objecteurs ont effectué un véritable travail d’aide, de formation, d’éducation auprès de différents publics et ont ainsi montré que le service rendu à l’Etat dans des associations ou des collectivités locales pouvait être utile à la société toute entière.
Je regrette que le statut d’objecteur de conscience ait disparu avec la disparition du service national ; il est toujours et plus que jamais d’actualité de militer pour une société non violente et de trouver des alternatives au règlement militaire des crises. Les Ceméa en tant que mouvement d’éducation peuvent prendre toute leur place dans un tel projet de transformation de la société et l’affirmer haut et fort.

Il faut valoriser et développer (en durée et en qualité) les Journées citoyennes auxquelles toutes les filles et tous les garçons doivent se rendre actuellement. Au-delà d’une simple formalité administrative, on pourrait envisager que ces jeunes gens puissent s’engager dans des durées variables sur des projets " au service de la société ". Ceux-ci pourraient comprendre bien évidemment des aides à la garantie de la paix même si, je ne les imagine pas " habillés en kaki et un fusil à la main ". Comment peut-on faire la paix une arme à la main ? N’est-il pas préférable de s’engager dans des mesures de prévention passant par l’aide humanitaire et l’aide au développement économique, social, culturel et éducatif ?

Chacun aurait ici l’occasion d’apprendre, de se former tout en rendant service à autrui.
Il faut cependant pour que ces missions soient réussies que les jeunes y adhérent pleinement, ce qui signifie que la philosophie du service national tel qu’il existait doit être complètement abandonnée y compris dans ses termes.

Il est possible de dépasser l’individualisme et de consacrer du temps, des compétences à la collectivité nationale mais tout cela ne doit se faire que dans un projet de société progressiste et pacifiste qui inclut le refus de la force armée systématique.
Alors, oui à l’existence d’un service obligatoire pour tous et toutes et non à un service strictement militaire fait de propagande et d’entraînement à une force armée.

Stéphane Archimbaud



Tous les articles de :
  • Stéphane Archimbaud

  • 31/03/2002
    La présentation des Ceméa et de leur projet
    Qui sommes-nous ?
    Historique des Ceméa
    Le manifeste (Version 2016) - 12 thématiques
    Contactez-nous
    Les Ceméa en action
    Rapports d’activité annuels
    Agenda et évènements
    Collectifs - Agir - Soutenir
    Congrés 2015 - Grenoble
    REN 2018 Valras
    Prises de position des Ceméa
    Textes et actualités militants
    Groupes d’activités
    Fiches d’activités
    Répertoire de ressources (Archives)
    Textes de références
    Les grands pédagogues
    Sélection de sites partenaires
    Textes du journal officiel
    Liens
    Vers l’Education Nouvelle
    Cahiers de l’Animation
    Vie Sociale et Traitements
    Les Nouveautés
    Télécharger
    le catalogue
    Nos archives en téléchargement
    gratuit
    Commander en ligne
    BAFA - BAFD - ANIMATION VOLONTAIRE
    FORMATION ANIMATION Professionnelle
    Desjeps
    Dejeps
    Bpjeps
    Bapaat
    Formation courte
    FORMATION PROFESSIONNELLE DU CHAMPS SOCIAL
    Éducation spécialisée
    Moniteur éducateur
    Caferius
    Formateur Professionnel d'Adulte - Conseiller en insertion
    Préparation au DEAVS, au CAFERUIS, au CAFDES
    CURSUS UNIVERSITAIRE
    SANTE MENTALE 2018
    Dans et autour de l’école
    Europe et International
    Les vacances et les loisirs
    Politiques sociales
    Pratiques culturelles
    MÉDIAS, ÉDUCATION CRITIQUE et ENGAGEMENT CITOYEN