||janvier 2006
PROJETS ET PRATIQUES
L’atelier Masques peints sur le visage

Publication épuisée

Professeur technique au sein de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, j’ai mis en place en janvier 2001 un atelier d’expression artistique pour des jeunes de 16 à 21 ans, venant au CAEI (centre d’action éducative et d’insertion) de Paris dans un but d’insertion sociale et professionnelle.*

Lorsque les jeunes entrent pour la première fois dans ma salle de travail, ils sont surpris par l’installation des lieux et l’organisation en espaces bien différenciés. Certains sont curieux, d’autres, comprenant vite qu’ils vont devoir s’impliquer et se peindre le visage, offrent une mine désappointée. La séance commence autour d’une grande table, j’explique d’emblée au petit groupe en quoi consiste l’atelier Masques peints que je mène : « Il s’agit d’un cours au carrefour de trois disciplines : l’ethnologie, le théâtre et l’art plastique. L’ethnologie, c’est l’étude des ethnies, la connaissance de la culture, de la façon de vivre des différents peuples. Le théâtre amène la rencontre avec un personnage, un autre que soi, fictif. L’art plastique nous conduit à la découverte des lignes, des formes et des couleurs. »

L’action se déroule en différents temps :
– Présentation du thème (toujours lié à un continent : Amérique, Afrique, Asie, Océanie, Europe) ;
– Réalisation du masque, chacun sur son propre visage face au miroir ;
– Habillage du masque, photographie, paroles ;
– Démaquillage ;
– Constitution du carnet de voyage.

J’insiste sur le fait que les jeunes vont ressortir comme ils sont entrés, avec la « même tête », car savoir si les produits s’enlèvent bien est leur première préoccupation.
La première séance est décisive et inaugure le type de relation que le jeune va avoir, d’une part avec l’activité et d’autre part avec moi. Mais c’est surtout lorsque qu’il découvre une semaine plus tard les photos, que le jeune traduit l’accroche à l’atelier à travers son enthousiasme ou son indifférence.
Pour les jeunes que nous recevons à la PJJ, se concentrer, penser, apprendre, demande un effort inhabituel, parfois insurmontable provoquant un malaise. La situation d’apprentissage réveille un sentiment d’insécurité, des peurs, un « mal-être ». Il est plus fréquent pour ces jeunes d’être dans le passage à l’acte que dans l’usage de la parole.
L’objectif est de les aider à transformer leurs angoisses en une énergie qui va être moyen de communication et va leur permettre de s’épanouir dans un espace symbolique qui prend sens. Le pari de l’enseignant est d’assurer une double mission de transmission et d’éducation. A partir d’un média, l’adulte transmet un savoir, une technique. Ce transfert de compétence n’est en fait qu’un prétexte à éduquer le jeune, c’est-à-dire : lui faire accepter les contraintes inhérentes à la vie d’une part, le révéler à lui-même d’autre part.

Une identité qui se construit : le miroir au seuil de la connaissance
Le véritable éducateur, quelle que soit sa place d’adulte : parent, enseignant ou éducateur, est celui qui permet à l’autre de savoir qui il est. Dans le mythe grec, Narcisse fils de la rivière Céphise et de la nymphe Liriopé se perd dans la contemplation de son reflet et en meurt. A l’origine, la faute de Narcisse est le refus de l’amour de l’autre, les dieux le punissent, Narcisse ne pourra s’éprendre que de lui-même et de
personne d’autre. Lorsque Narcisse aperçoit son image dans l’eau, il ne sait pas qu’il s’agit de son reflet, il en tombe immédiatement amoureux mais celui-ci ne réagit pas et Narcisse meurt de cette fascination sans issue. Face à lui se trouve une image qui ne le représente pas à ses propres yeux, ne l’autorise pas à se dévisager, à s’envisager.
Cet « autre » qui n’est qu’une illusion ne lui permet d’engager aucune traversée à la rencontre de lui-même. Narcisse meurt de ne s’être pas reconnu et donc de ne pas savoir réellement qui il est. Pour que l’individu puisse se constituer et accède à une identité, le détour par l’autre est indispensable, encore faut-il que cet autre vous renvoie à la conscience de vous-même.

Dans l’atelier Masques peints, les jeunes vont rencontrer par l’intermédiaire d’un masque, un « autre » étranger qui va leur ouvrir un chemin vers eux-mêmes.
Les différents thèmes proposés s’articulent autour des traditions masquées et maquillées à travers le monde. Tous ces thèmes – supports d’identification ou de projection – fonctionnent comme une contrainte stimulant l’imaginaire. Les masques créés sont des médiateurs, ils permettent à la personne d’élaborer un personnage,
à la fois elle-même et différent d’elle-même. Dans le miroir, « Je » rencontre « un autre », un autre moi-même, étranger familier ou inquiétant. La connaissance ou reconnaissance de cet autre est à la base de la construction de l’identité. Pour définir la notion d’identité, Winnicott, pédiatre et psychanalyste anglais (1896-1971), parle du sentiment d’être : « entier, unique et du genre humain ». La conscience
d’exister passe par la rencontre avec l’altérité, par la reconnaissance simultanée du semblable et du différent. Le jeune va multiplier des facettes de lui-même dans le face-à-face qui s’instaure au fil des séances. Petit à petit, il va se différencier de toutes ces images, ces personnages qu’il incarne successivement, qui le représentent mais
ne sont pas lui fondamentalement.

Il va mettre de la distance entre lui et ses images, apprendre à se différencier d’elles, ne pas en être nécessairement dépendant. Le méchant guerrier Kabuki, le masque « fausse face » du peuple Iroquois, l’esprit Katchina des indiens Hopi ou la reine Punu du Gabon vont autoriser le jeune à s’interpréter à l’infini sans être figé dans un rôle.
Ainsi le mauvais rôle qu’est celui d’être un jeune délinquant n’est pas immuable et définitif. « Je suis… » est une parole qui se décline tout au long de la vie, s’invente et se pense au jour le jour. A chaque création, au moment de la prise de photographie, le jeune, face au miroir, doit donner un nom à son masque et le faire parler.
C’est une façon de faire exister l’autre, de l’identifier pour s’y identifier et s’en différencier, s’y reconnaître et s’en détacher. Par le jeu des identifications successives chacun va se démasquer progressivement, développer une meilleure connaissance de soi, accéder sûrement à une plus grande souplesse psychique.

Allégorie d’une altérité, le masque peint sur le visage permet de se détacher de soi pour aller à la rencontre de son être profond. En quête de vérité, il rappelle l’être à lui-même, l’invite à regarder par-delà l’espace et le moment présent, vers l’ailleurs et l’inconnu.

L’altérité : de l’autre soi-même à l’étranger ; une acceptation de la différence
Dans Le Portrait de Dorian Gray, roman d’Oscar Wilde écrit en 1890, Dorian, jeune homme aux qualités physiques remarquables, est ébloui et séduit par l’image de la beauté, de la jeunesse que renvoie de lui son portrait fraîchement peint par un artiste.
Il refuse, à partir de ce moment, d’accepter les marques dues au temps qui passe : « Si je demeurais toujours jeune et que le portrait vieillisse à ma place ! Je donnerais tout, tout pour qu’il en soit ainsi. Il n’est rien au monde que je ne donnerais. Je donnerais mon âme ! » Le portrait soigneusement caché dans un grenier va alors vieillir à la place de Dorian qui bénéficie dès lors d’une éternelle jeunesse.

En rejetant toute marque de changement sur son corps, Dorian veut échapper à la dégradation due à l’épreuve corrosive du temps, ainsi qu’à l’échéance ultime de la mort. Il ne peut envisager aucune altérité pour lui-même, car ce serait accepter des modifications, des évolutions devant lesquelles il est impuissant. Ce déni le mènera inexorablement vers le drame.

Un autre drame est celui vécu par Grégoire dans La Métamorphose de Kafka.
Un matin, Grégoire, voyageur de commerce qui vit avec sa famille, se réveille métamorphosé en une bête, sorte de vermine. Sa famille, choquée, ne pourra affronter l’image monstrueuse qu’il donne à voir et se détournera petit à petit de lui. Commence alors pour Grégoire un long voyage à l’intérieur des quatre murs de sa chambre qui le mènera à l’agonie puis à la mort. Les familiers de Grégoire ne peuvent assumer
la vision inquiétante d’une extrême étrangeté qui met en danger leur propre intégrité physique et les renvoie à la précarité de la condition humaine.

Ainsi supporter que soi-même ou son semblable puisse être autre n’est pas évident.
Cela engage la personne dans une rencontre avec l’inconnu, l’insaisissable, et suppose une capacité, d’une part à reconnaître de l’humanité dans ce qui est différent de soi, d’autre part à appréhender la vie avec la conscience d’une temporalité.
Instrument d’exploration de diverses figures de l’étrangeté, le masque joue avec les limites de l’extrême, il nous aide par conséquent à nous situer et nous signale sans cesse qu’il serait dangereux de coller à son image ; l’être n’est pas le paraître.

Etre et Avoir : être une personne, avoir une « bonne » image de soi
Le masque est un objet charnière qui sépare et met en connexion des mondes différenciés : le monde de l’au-delà (monde des morts, des esprits, du divin mais aussi de l’inconscient) et le monde d’ici-bas – monde des vivants, du conscient.
L’origine même du masque est liée à la mort ; dans certains pays comme en Nouvelle-Irlande, le mot masque (Tatanua) se traduit par : « âme du mort ». Au Japon, dans le théâtre Nô, le masque est un objet sacré et représente un esprit d’outre-tombe.
Dans de nombreux pays, l’or, symbole d’immortalité, permet d’accéder au monde du divin et de représenter les dieux. Le masque apparaît ainsi au point d’articulation entre la vie et la mort, le visible et l’invisible, le temporel et l’éternel. Plus qu’imiter la mort, il signifie le passage entre les deux mondes. Le masque traverse un espace dont on ne revient pas indemne car par son extrême artifice, il révèle autant qu’il cache. Porter le masque est une invitation à une échappée initiatique pour tenter
de capter un instant de vérité, de transcendance, de communication.

Sur la couverture de son troisième carnet de voyage qu’elle vient de commencer, Mila a écrit en grand : « Mila la Belle. J’adore regarder dans les miroirs parce que je me trouve bien et jeune. » Cette épigraphe digne des magazines actuels destinés aux adolescentes nous rappelle l’importance et le poids des apparences. Le miroir doit nous affirmer comme « la plus belle », au risque sinon de nous fragiliser. Tout éducateur et psychologue connaît la place indispensable que prend le narcissisme dans la construction de l’être. Concernant cette jeune, son histoire nous éclaire quant à ses préoccupations sur l’image d’elle même. Mila est une jeune orpheline de 18 ans de nationalité angolaise. En France depuis quelques mois, elle bénéficie d’une mesure « jeune majeure », ce qui lui permet d’être suivie au C.A.E.I. de Paris. Sans papiers, sans logement quand elle a commencé à travailler avec moi il y a un an, Mila a perçu l’atelier Masques peints comme un lieu idéal, magnifique. Plusieurs fois en entrant dans l’espace, elle s’est écriée : « C’est comme une maison ici, c’est là que tu habites ? » Lors de la première séance de travail sur l’Amérique du Sud, elle a créé
un masque à partir d’une représentation des indiens du Xingu d’Amazonie. Sur son cahier elle a écrit : « Masque d’Angola, je vais vous plaire, c’est magnifique, Mila est une fille fidèle, elle a besoin d’amour ». Lors de la deuxième séance de travail sur l’Afrique, elle s’est inspirée d’un masque du Gabon mais a surtout improvisé ; elle a nommé son masque : « le masque angolais qui fait peur aux gens ». La semaine
suivante, en collant sur son cahier sa photographie, elle a rajouté : « Masque angolais qui est belle et magnifique ».
Je ne suis pas intervenue sur ces écrits où Mila ne mentionnait pas le pays étudié…
Par la suite, elle a recopié comme il était écrit au tableau, le continent, le thème de la séance. Depuis maintenant plus d’un an, elle investit l’atelier en multipliant les séances de travail dès que son emploi du temps le lui permet. Elle n’a toujours pas de papiers mais elle vient d’obtenir une solution provisoire de logement.
Confrontée très tôt à des situations extrêmes, Mila ne peut compter que sur elle-même et se doit d’avoir une solide confiance en elle pour affronter la vie.

Dans l’atelier, le travail dans le miroir l’a d’emblée renvoyée à ses propres racines : l’Angola, son pays d’origine. On peut supposer que le fait de le nommer lui a permis d’affirmer son identité et d’ancrer sa nouvelle position dans la vie. Sans beaucoup d’autres repères stables que celui de savoir d’où elle vient, Mila s’est emparée du masque peint pour dire sa seule certitude du moment et ainsi relier le proche et le lointain, l’ici et l’ailleurs, le passé et le présent.

La peau : au plus profond de soi, entre deux appartenances
La peau est une limite où vient s’incarner sa propre histoire et la relation que l’on entretient avec soi. Lors des premières séances avec les groupes, je suis quelquefois confrontée à un refus massif de la part de certains jeunes opposant un « non » sans espace de négociation possible. Il s’agit pratiquement toujours, dans ces cas, de jeunes
victimes de violences corporelles graves pour lesquels la peau ne fait plus barrage, ne représente plus une frontière de protection, mais pour qui l’effraction dans la réalité de leur corps a détruit la séparation entre le profond et le superficiel, l’intime et le public. La priorité est alors pour le jeune de reconstruire un espace privé inviolable et une identité assumée. Dans ces conditions-là, j’invite le jeune à travailler sur un support extérieur à lui : carton, papiers... afin d’instaurer une distance.
Plus tard, il décidera de lui-même s’il veut poursuivre le travail dans l’atelier Masques peints.

En dehors de ces situations extrêmes, par le fait concret qu’elle est appliquée directement sur la peau, la peinture sur visage, comme le maquillage, vient généralement renforcer une frontière entre l’intérieur et l’extérieur, entre soi et l’apparence de soi. Le maquillage relie au social tout en distinguant la personne dans son unicité.

Dans l’étymologie grecque, on retrouve un seul terme, le prosopon, pour désigner le masque et le visage. A même la peau, le maquillage (beauté traditionnelle pour les filles ou personnages de théâtre classique pour les garçons), renforce une image de soi, qui nous représente auprès de nous-mêmes et d’autrui. « Avoir une image
de soi », c’est le « masque », nécessaire à l’existence, qui protège et permet la bonne distance dans la relation à l’autre. Entre être et avoir, il n’est pas question de choisir ; il s’agit de posséder une image de soi qui ne soit pas rigidifiée et qui ouvre un passage vers l’être. La personne est toujours un être en devenir.

Nadia est une jeune d’origine algérienne qui, lorsqu’elle est arrivée dans mon atelier il y a trois ans, refusait toute rencontre avec le masque peint et n’acceptait face au miroir que de se maquiller suivant les canons actuels de beauté. Suite à un grave accident de mobylette qui l’a obligée entre autre à se raser la tête, il était important pour elle de rétablir un narcissisme blessé en travaillant une image de soi positive
et socialement valorisante. Après plusieurs mois, elle a exprimé le désir de faire des masques « comme les autres », d’abord en rencontrant les « Beautés étrangères » : Princesse indienne, Cléopâtre, jeune première de l’Opéra de Pékin, puis en abordant volontairement des masques couvrant tout son visage : indien d’Amazonie, visage
peint… La beauté reste toujours sa quête, mais elle accepte dorénavant de créer une image différente de ce qu’elle connaît d’elle, au risque de se lancer dans une création alors qu’elle ne contrôle ni le rendu final, ni ses propres réactions. Dans un premier temps, le maquillage lui a sûrement permis de conjurer une angoisse en réinstallant une maîtrise des apparences et un lien avec autrui. Dans un deuxième temps, à partir de masques, Nadia a pu décoller de son image pour engager un travail à la rencontre d’une intériorité.

Contrairement à l’aspect visible, immédiat, superficiel et éphémère du maquillage, le masque, objet fabriqué, renvoie à un espace différent et engage dans une autre temporalité. L’atelier Masques peints conjugue sur la peau ces deux facettes qui touchent aussi bien l’image de la personne que la personne elle-même (ce que les psychanalystes
nomment successivement le Moi et le Sujet). Ainsi les modèles proposés
aux jeunes pour travailler sont des reproductions issues des traditions maquillées du monde, mais aussi des représentations fidèles de masques créés à toutes les époques, considérés souvent comme des oeuvres d’arts, parfois sacrées. Le masque provoque des réactions diverses. Le parti pris d’enraciner l’activité dans un lien avec l’art et d’aller dans les musées voir les masques en direct, est primordial dans la démarche pédagogique. L’art permet de se décentrer de soi pour mieux y revenir.

A travers l’art : approcher l’essentiel de l’Homme
Acteur d’un voyage dans un monde souvent secret, le masque surprend lors de ses multiples apparitions. Comme l’art en général, il ouvre une porte sur l’invisible, le mystère, sur ce qui n’est pas représentable. En le confrontant à un au-delà, il permet à l’homme de penser sa place dans le monde.

L’art est de tous les temps, de toutes les civilisations, il nous concerne tous. A l’origine, les mythes et les croyances sont apparus pour créer du sens, un lien entre les hommes, et donner une explication du monde. L’art n’était pas dégagé des rites, des légendes, des religions, il en était l’expression : expression sacrée d’une parole des Hommes face
au mystère de la vie. Aujourd’hui encore l’artiste travaille dans un espace à la rencontre de l’inconnu, mais face à un « au-delà » qui n’est pas supposé, nommé et désigné d’avance comme dans la religion. L’art vient prendre place en écho aux grandes questions que se pose tout être humain. Ces questions sont en partie liées à deux thèmes qui sont
des axes constitutifs de la personnalité, auxquels nous nous confrontons sans cesse.
Le premier est l’axe lié au temps de la vie et à la finitude de l’existence humaine. Un jour il y aura la mort, mais avant ? Mais après ? Pourquoi la mort ? Cet axe introduit l’Homme dans une lignée générationnelle. Le second est l’axe de l’incomplétude liée à la différence des sexes. Nous sommes fondamentalement chargés d’un manque, homme ou femme et nous ne pouvons être les deux à la fois – hormis dans l’exception hermaphrodite. Le tout nous échappe. C’est comment l’autre ?

L’humain doit ainsi vivre avec des questions qui restent à tout jamais sans réponse, liées entre autre à la mort, au manque absolu. Cela peut introduire une faille et générer de l’angoisse. Mais la brèche peut aussi se révéler un moteur fabuleux, source de vie, de désir, de création. L’art viendrait donc proposer une représentation de ce qui ne pourra
jamais se nommer. C’est une recherche infinie. En prise avec l’inconfort de notre situation d’être humain, l’art et la pratique artistique nous aident à composer avec nos angoisses, nos parts d’ombre. Loin d’un espace de divertissement, l’art nous permet de transcender notre condition, d’accéder à une intégrité, à la conscience de notre être
profond. Il nous convoque et nous provoque, nous dérange parfois, nous questionne ou résonne de façon étrange en nous. On peut détester une oeuvre, l’ignorer ou s’emballer, rester perplexe ou se mettre en colère. L’art, en s’attaquant à ce qui nous échappe,
aide l’humain à se positionner dans le monde, à penser et à se forger une compréhension.
Il renforce le sentiment d’être, libère de toute aliénation. Ancré dans une civilisation, dans une culture, l’art ouvre à l’échange ; des liens symboliques pourront alors s’établir entre soi, autrui et le monde.

Florence Chantriaux
Membre du réseau Pratiques Culturelles et responsable nationale du groupe Danse contemporaine des Ceméa

* Cf. Masques peints sur le visage, in Dossier pratiques culturelles ;
quel accompagnement
 ? Ven 502, nov. 2001.



31/12/2005
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