16/06/2010
Individu, loi, norme, éthique Du collectif, du général, et du singulier


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Le transsexualisme n’est plus une maladie : les « troubles précoces de l’identité de genre » viennent d’être supprimés du Code de la Sécurité sociale relatif aux « affections psychiatriques de longue durée » par décret du ministère de la Santé.
Les militants de la cause remportent là un succès, cette dépsychiatrisation rendant moins complexe leur parcours de réassignation physique. Un lobbying fort appuyé sur l’affirmation du droit à être ce que l’on veut l’a emporté. Est-ce alors qu’il devient impossible, interdit, de penser que chez certains- certaines il y a une dimension pathologique sous-jacente au questionnement de leur identité de genre ?
Et ici, ce n’est même pas la loi qui est intervenue au terme d’un débat public et politique contradictoire, c’est le pouvoir exécutif qui prend la responsabilité de dire ce qui est psy, ce qui ne l’est pas, et ceci pour tous. Curieux.
Des débats approfondis dans la phase de préparation d’une loi contribuent à garantir sa légitimité lorsqu’elle est promulguée. On se souvient des débats éthiques qui ont accompagné le vote de la loi abolissant la peine de mort, et celui de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse. Mais quand le débat est bâclé, opportuniste, voire inexistant... ?
Aujourd’hui, une loi interdit la présentation et le développement des théories négationnistes, cette aberration historique. Une autre affirme les effets positifs de la colonisation. Pourquoi ne pas avoir laissé les historiens faire leur travail ? Pourquoi installer une écriture politique de l’histoire ? De la supposée bonne cause d’un jour à une toujours possible moins bonne cause du lendemain, tout devient possible et c’est dangereux.
Une loi votée sans débat national public, éthique, va peut-être demain officialiser les adoptions par des couples homosexuels. Ce sera une grande victoire pour ces couples. Une autre loi va peut-être interdire le port public de certains vêtements liés à une pratique extrême d’une religion. Les femmes visées par ce futur texte diront, disent déjà qu’il s’agit de leur choix. De leur libre arbitre. Et qui a le droit de dire que ce n’est pas vrai, pour aucune d’elles, jamais ?
La loi et ses applications, les décrets, arrêtés, circulaires, règlements, disent ce que doit être la règle pour tous en établissant et en garantissant un intérêt public profitable à tous, supérieur aux intérêts personnels. La loi protège et garantit le Contrat social en ce qu’il est supérieur aux libertés individuelles. Cela ampute parfois une partie de la libre action de chacun, certes. Quand il s’agit de savoir à qui appartient la pomme tombée dans la rue, ou de punir l’auteur d’un acte mettant en cause la vie collective faite de confiance traduite en code, il n’y a pas beaucoup de discussions. Mais sur des sujets qui touchent à des choix personnels ne semblant pas fragiliser les bases de la République, faut-il réglementer, dé-réglementer, légiférer ? À « société des individus », lois portant sur les seuls intérêts des individus ? Mais que devient alors le contrat social ?
Prendre en compte la relation individu-collectif ne suffit cependant pas. Il faut également interroger, toujours, ce qui est avancé par le sujet comme étant l’acte de son libre arbitre, fût-il sujet collectif, encore plus quand il est sujet collectif, dans son irréductibilité, parfois dans son irrationalité, parfois dans son aliénation qui lui fait appeler libre choix ce qui n’est que reproduction inconsciente et enfermement. Ne laissons toutefois pas le sujet seul face à lui-même ou face à son psy. Les questions de société abordées ici pourraient également, avantageusement, échapper aux seuls arguments de la légitimité des choix individuels en étant éclairées par des débats publics honnêtes, et par des réflexions éthiques initiées et conduites par le comité national ad hoc. Sinon la porte est ouverte aux lobbys moraux, antimoraux, alternatifs, au détriment à la fois de l’intérêt collectif et du sujet dans sa singularité. Et au passage, la morale, toujours sujette à discussion, en devient abolie au profit de la loi présentée comme indiscutable. Est-ce un grand progrès ?
En 1929, Freud écrivait dans Malaise dans la civilisation : « Quand une communauté humaine sent s’agiter en elle une poussée de liberté [individuelle], cela peut répondre à un mouvement de révolte contre une injustice patente, devenir ainsi favorable à un nouveau progrès culturel et demeurer compatible avec lui. Mais cela peut être aussi l’effet de la persistance d’un reste de l’individualisme indompté et former alors la base de tendances hostiles à la civilisation. La poussée de liberté se dirige de ce fait contre certaines formes ou certaines exigences culturelles, ou bien même contre la civilisation. »

FRANÇOIS CHOBEAUX




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