09/12/2010
L’accompagnement des personnes en difficulté sociale et/ou en souffrance psychique ne se décrète pas

Conclusion du dossier "contenir ou enfermer" du VST n° 108.


L’accompagnement des personnes en difficulté sociale et/ou en souffrance psychique ne se décrète pas, ni par un quelconque dispositif règlementaire quel qu’il soit ni par une vision dogmatique appuyée sur des courants de pensée en vogue...Pour un mouvement comme les ceméa et une revue comme vst, ancrés dans le courant de l’éducation nouvelle et de l’éducation populaire, agissant depuis des dizaines d’années dans le champ du travail social et de la psychiatrie, le pari c’est travailler sur «  Contenir  » et non sur «  Enfermer  ».

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Lutter et résister sont nécessité, se mobiliser est vigilance, construire est pari sur le devenir des pratiques et des représentations. Car le prix à payer pour enrayer et empêcher les dérives dénoncées, mais sans se cantonner à cette dénonciation, se conjugue au présent des initiatives, modestes pour beaucoup d’entre elles, mais bien réelles. L’accompagnement des personnes en difficulté sociale et/ou en souffrance psychique ne se décrète pas, ni par un quelconque dispositif règlementaire quel qu’il soit ni par une vision dogmatique appuyée sur des courants de pensée en vogue. Cet accompagnement, dans l’ici et maintenant de la rencontre entre le professionnel et celui qui souffre, qui demande ou non de l’aide, s’élabore dans la moindre des choses de l’entre-deux de cette rencontre, qui pose comme postulat que tout cela est affaire d’homme  ; au sens d’un humain qui s’occupe, qui prend attention d’un autre humain. Éthique, clinique et droits de l’homme vont ensemble  ! Y déroger, c’est introduire que des hommes seraient moins hommes que d’autres au nom de leurs pathologies, au nom de leurs difficultés sociales, au nom de leurs façons de s’intégrer. Le pari dans le choix des approches, des références et des pratiques pour un mouvement comme les ceméa et une revue comme vst, ancrés dans le courant de l’éducation nouvelle et de l’éducation populaire, agissant depuis des dizaines d’années dans le champ du travail social et de la psychiatrie, le pari c’est travailler sur «  Contenir  » et non sur «  Enfermer  ». Contenir ne va pas de soi, c’est parfois isoler d’un groupe, d’un lien, dans des limites physiques et matérielles, mais jamais dans l’abandon d’une présence psychique aidante et soignante. Enfermer c’est en fait punir, par une mise à distance physique et une signification parlée qui isole et qui interroge la place d’homme. Quand on enferme, on avilit, on oublie et on écarte  ; en fait, on se protège mais on ne protège pas celui qui est enfermé. Quand on contient, on isole parfois, on le fait parce que plus rien d’autre ne semble possible pour continuer à travailler et à avancer avec la personne. Isoler, enfermer n’est jamais acte dont les professionnels devraient penser que c’est pour le bien de l’autre. Le choix de contenir réfère à l’hypothèse d’une transformation possible chez celui que l’on contient. Transformation qui peut s’opérer, qui va s’opérer par cet échange de l’engagement du travailleur social et du soignant  : «  Il faut rester dans l’inquiétude, pas une inquiétude passive, bien au contraire une inquiétude qui engage l’acte du côté de l’implication des soignants et non pas du côté de l’effectivité du droit ou d’un bien faire préétabli (Extrait d’un entretien avec Roger Ferreri, Libération des 25-26 septembre 2010, à l’occasion du meeting des 39 «  La Nuit sécuritaire  »).  » Faire le pari que contenir devrait pouvoir aider celui qui souffre ou qui est en difficulté à se transformer est aussi le signal fort que cet engagement, cette implication du professionnel renvoient à une construction de réponses collectives d’une équipe au travail pour parer à l’isolement aussi du professionnel. Le travail collectif, de l’équipe, c’est une mise en tension de cette inquiétude active qui maintient la parole, la discussion, la dispute. Sans toujours aboutir à des réponses immédiates, mais par emboîtement à de possibles issues. Quand on souffre, quand on est en difficulté, savoir que d’autres s’en préoccupent, au sens d’y penser et d’agir dans le respect de cette souffrance, participe de cette hypothèse de transformation. «  Aussi, l’important aujourd’hui n’est pas de parfaire le modèle de la contrainte, mais de mettre en place les conditions politiques et pratiques du dépérissement de son utilisationIbidem, Roger Ferreri.  »

Dominique Besnard Responsable du département Politiques et pratiques sociales des ceméa.




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