paru dans le Quotidien " la marseillaise"- Hérault du 10 FEV 12
Dossier de presse : Des toiles contre les discriminations.(Quatrième édition régionale des Echos Festival du film d’éducation à Montpellier.)

RECUEILLI PAR REMY COUGNENC


La quatrième édition régionale du Festival du film d’éducation se tient jusqu’à demain
à Montpellier. Lilian Thuram en était hier un des premiers invités de marque.


« C’est un prétexte à l’échange
 », avance Catherine Rochètte,
formatrice dans les Céméa
du Languedoc-Roussillon et
Coordinatrice du Festival du film
d’éducation qui se tient à Montpellier
depuis hier et jusqu’à demain.
Lorsqu’on lui demande
pourquoi avoir créé un tel événement,
elle parle de « lâcher les
mofs » et de rassembler les acteurs
du monde éducatif : enseignants,
animateurs, éducateurs
mais aussi parents et enfants.
« Dans ce festival, on doit pouvoir
remettre en jeu les questions cruciales
de notre société, explique la
coordinatrice. Quand l’éducation
s’occupe de cinéma, elle participe a
la construction de la citoyenneté.
Quand le cinéma s’occupe d’éducation,
il participe à la construction
d’une société humaine plus intelligente
et solidaire. »

Pour sa quatrième édition languedocienne
(septième nationale),
le festival a, une fois de plus,
investi la salle Rabelais, pour
ses animations destinées au public.
Thème clef de la mouture
2012, le concept de discrimination
sera sur tous les écrans.
« Dans un monde de précarité, où
les jeunes sont baignés par les
écrans et les médias, il est important
de savoir décrypter les
images et de les utiliser comme
un vecteur de lien social et un outil
pédagogique », commente Catherine
Rochette.
La force de proposition cinématographique
naît de la version
nationale du festival, à Evreux. 25
films y sont en compétitions, cinq
d’entre eux seront primés, par
deux jurys. L’un composé de professionnels
de l’éducation et du
cinéma, l’autre, le Jury jeune, par
des étudiants dans ces deux domaines.
« Ils posent sur les films
projetés un regard croisé permettant
déprimer des films à la fois
sur leur qualité cinématographique
et sur les messages transmis
 », explique la coordinatrice.
En région, chaque festival décentralisé peut choisir ses films
dans ce « catalogue », mais aussi
dans celui des années précédentes.
Tous sont engagés, militants,
« porteurs des valeurs
chères aux Céméa et qui, sans le
festival, ne seraient jamais diffusés,
ou seulement sur Arte entre
une et trois heures du matin »,
plaisante-t-elle.
Les Céméa du Languedoc-Roussillon
sont les plus importants du
pays, avec quelque 90 salariés. Et
Catherine Rochette d’ajouter :
« Nous sommes les seuls fous furieux
à proposer trois jours de festival,
plus l’itinérance ! »

AXELLE CHEVALIER-PÊRIER

 Sexe, genre, homosexualité, racisme... sur grand écran

Après la très médiatique visite
de Lilian Thuram, venu hier parler
de lutte contre le racisme avec
les jeunes, le festival continue aujourd’hui
et demain.
Ce soir, salle Rabelais, à 18h, Marie-Elisabeth Handman, anthropologue,
donnera une conférence sur
le thème Ne pas confondre le sexe et
le genre. Cette intervention sera suivie
de la projection du « discrimétrage »
L’autre rive, en présence de
l’équipe du film et en partenariat
avec la Ligue de l’enseignement -
A 20h30, le documentaire autour
de la parentalité et de l’homosexualité
Les carpes remontent
le fleuve avec courage, sera projeté
en présence de Florence Mary la
réalisatrice.
En parallèle, les détenus de la
maison d’arrêt de Villeneuve assisteront
à la projection de Broadway,
en présence de la réalisatrice
Judith Jossô. Toujours salle
Rabelais, demain ,14h30, des spécialistes
animeront des échanges
autour du film "Les porteurs d’espoir",
en présence de Dominique
Leduc, enseignant canadien et
- protagoniste du film. Les séances
en itinérance dans la région débuteront
au mois de mars dans les
villes partenaires.

 « Je suis devenu noir dans le regard de l’autre »

L’ancien footballeur était hier l’invité du Festival du film d’éducation à Montpellier.
Il explique que le racisme est lié à l’Histoire des peuples et aux constructions politiques.

Champion du monde 1998
avec l’équipe de France de
football, Lilian Thuram préside
aujourd’hui la Fondation éponyme
qui milite contre le racisme auprès
des jeunes. Il était hier à
Montpellier dans le cadre du 7e
Festival du film d’éducation.

-  Qn’est-ce qui vous amène
à Montpellier ?

J’ai été invité par le T Festival du
film d’éducation. A cette occasion,
je suis venu présenter un
double DVD qui parle d’éducation
contre le racisme pour les classes
de CM1-CM2 et les professeurs. E
a été tiré à 50 000 exemplaires et
vise à terme à sensibiliser 1,5 million
d’enfants.

- Vous vous battez depuis
plusieurs années contre le
racisme. En avez-vous souffert
personnellement ?

Non, pas vraiment. Je suis arrivé
des Antilles dans la région parisienne
à 9 ans. Et c’est vrai que
j’ai constaté que la couleur de ma
peau interpellait certaines personnes.
Je me suis senti devenir
noir dans le regard de l’autre.
Mais j’ai très vite compris que
c’était une construction intellectuelle
liée à notre histoire et à
notre culture que d’avoir des préjugés
par rapport à la couleur de
peau. Il faut passer par l’Histoire
pour comprendre notre présent et
dépasser ces préjugés.
Quand vous entendez Claude
Guéant dire que toutes les
civilisations ne se valent pas,
ne vous dites-vous pas qu’il y a
beaucoup de chemin à faire
et qu’il vaut mieux se tourner
vers les enfants ?
On ne naît pas raciste. Je crois
qu’on peut éduquer les adultes.
Mais il est préférable de passer par
les enfants parce qu’ils sont moins
conditionnés. Les adultes ont plus
de difficultés à changer d’habitude.
L’histoire du racisme reste très
proche de nous. Notre propre pays a
longtemps soutenu l’apartheid, il
cultivait des relations avec l’Afrique
du Sud qui paraissaient normales.
On parlait encore de races supérieures
pendant la Seconde Guerre
mondiale C’était encore gravé dans
les manuels scolaires dans les années
70. On continue d’ailleurs. Dire
que Christophe Colomb a découvert
l’Amérique, c’est nier l’existence
même des Amérindiens.

-  Ce n’est donc pas si étonnant
qu’au XXI* siècle l’on n’en ait
pas encore fini avec les
comportements racistes ?

Il est normal qu’il y ait des séquelles.
Le racisme est une construction
intellectuelle mais avant
tout une construction politique.
Nous y sommes en plein cœur avec
certains politiques qui construisent
l’ altérité de l’autre d’une façon inférieure.
L’histoire du racisme est
celle des gouvernants qui ont toujours
cherché à mettre en place une
idéologie dans le but d’exploiter
certaines personnes.

-  Considérez-vous que la couleur
de peau soit la seule forme de
racisme ?
Pas du tout. La plus grande discrimination
s’exerce contre les
pauvres. Toutes les inégalités
sont liées même si l’on a tendance
à ne défendre que celle(s) qui
nous touche(nt). Le sexisme est
aussi un racisme puisque c’est la
construction de l’infériorité d’une
personne (la femme) par rapport
à une autre (l’homme). Si l’on parle
de parité c’est bien qu’il y a un
problème quelque part. Ce qu’il
faut demander avant tout, c’est la
justice sociale. Le racisme est une
injustice sociale.

-  Comment arrivez-vous à
intéresser les enfants
sur un sujet aussi lourd ?
Je joue sur mon ancien métier.
Les enfants ont plus tendance à
écouter les joueurs de foot. Si cela
peut permettre de sensibiliser à
un sujet comme le racisme... Je
pense par ailleurs que les adultes
ont davantage peur d’évoquer ce
genre de sujets. Les enfants acceptent
plus facilement de discuter
de leurs propres préjugés.
Un journaliste vous a demandé
si l’on avait le droit d’être
raciste. Qu’en pensez-vous ?
Il est évident qu’on n’a pas le
droit. Il existe des situations où
des comportements racistes peuvent
être compréhensibles. C’est
l’Histoire qui en est à l’origine.
C’est vrai que nous sommes conditionnés
par le passé. Mais il ne
faut pas transformer les choses.
Cela n’excuse rien en aucun cas.
14 ans après la France « black,
blanc, beur », on ne parle que
d’identité nationale. N’a-t-on
pas refait un pas en arrière ?
Je ne pense pas. La Coupe du monde
1998 a donné une autre image
de la France. Je suis convaincu
que les jeunes qui ont grandi avec
cette histoire ont moins de
chances d’avoir des préjugés aussi
forts autour de la couleur de
peau, de la religion. Il faut avoir
l’intelligence de détecter les discours
politiques et de dénoncer
les dérives. Sinon on a tendance à
intégrer ces discours et à croire
que tout est naturel.

-  Comment expliquer qu’un
Français sur cinq se dise prêt
à voter FN ?

Parce qu’il y a un racisme latent
en France. Culturellement, il existe
un racisme inconscient dans
notre société. On aborde aussi des
débats qui n’existaient pas avant.
Parler de l’esclavage, de la colonisation,
cela crée des tensions, perturbe
la réflexion des personnes
qui n’en ont pas l’habitude.

-  Vous pensez qu’il y avait
autant de racisme il y 20 ans
mais qu’on le voyait moins ?

Oui. n y avait même plus de préjugés
parce qu’on abordait pas
certaines questions taboues. La
société française a du mal à accepter
le changement. Et les politiques
jouent avec cela.

-  Pensez-vous que la culture
paisse être un moyen de faire
changer les mentalités ?

La culture, dirigée de façon intelligente,
est une arme fondamentale.

-  Allez-vous vous engager dans
la campagne présidentielle ?
Si on me pose des questions, je répondrai.
Mais je ne pense pas que
ce soit mon rôle de dire pour qui
il faut voter.

-  Vous reconnaissez-vous plus
dans le programme d’un
candidat que dans les autres ?

Ce qui est sûr c’est qu’il y a des
candidats au travers desquels je ne
me reconnais pas du tout. L’important
c’est de se projeter dans l’avenir,
de comprendre que notre société
est en train de changer. Pour
comprendre un problème, il faut
dépasser ce problème. Pendant
plusieurs siècles, le réfèrent était
l’homme blanc (pas la femme).
Jules Ferry expliquait qu’il y avait
une race supérieure à l’époque où
toute la société le pensait.

RECUEILLI PAR REMY COUGNENC




(Poids : 803.2 ko - Format : PDF)


10/02/2012
La présentation des Ceméa et de leur projet
Qui sommes-nous ?
Historique des Ceméa
Le manifeste (Version 2016) - 12 thématiques
Contactez-nous
Les Ceméa en action
Rapports d’activité annuels
Agenda et évènements
Collectifs - Agir - Soutenir
Congrés 2015 - Grenoble
Prises de position des Ceméa
Textes et actualités militants
Groupes d’activités
Fiches d’activités
Répertoire de ressources (Archives)
Textes de références
Les grands pédagogues
Sélection de sites partenaires
Textes du journal officiel
Liens
Vers l’Education Nouvelle
Cahiers de l’Animation
Vie Sociale et Traitements
Les Nouveautés
Télécharger
le catalogue
Nos archives en téléchargement
gratuit
Commander en ligne
BAFA - BAFD - ANIMATION VOLONTAIRE
FORMATION ANIMATION Professionnelle
Desjeps
Dejeps
Bpjeps
Bapaat
Formation courte
FORMATION PROFESSIONNELLE DU CHAMPS SOCIAL
Éducation spécialisée
Moniteur éducateur
Caferius
Formateur Professionnel d'Adulte - Conseiller en insertion
Préparation au DEAVS, au CAFERUIS, au CAFDES
CURSUS UNIVERSITAIRE
SANTE MENTALE 2017
Dans et autour de l’école
Europe et International
Les vacances et les loisirs
Politiques sociales
Pratiques culturelles
MÉDIAS, ÉDUCATION CRITIQUE et ENGAGEMENT CITOYEN