26/02/2013
Un projet pour l’école et bien au-delà - Vers l’Education Nouvelle n°549

Bruno Chichignoud Responsable du secteur Ecole des Ceméa


Dans le contexte d’une refondation annoncée pour l’école, les Ceméa publient un document de référence : Projet pour l’Ecole. Ce travail, s’il tombe à pic, n’est pas pour autant un exercice de communication de plus dans un débat public assez mal engagé. Il veut, de façon distanciée, traduire les propositions des Ceméa pour une autre l’école, à partir des apports de plusieurs générations de militants. Le lecteur trouvera dans le document complet téléchargeable sur le site www.cemea.asso.fr, un historique de l’engagement des Ceméa dans ce secteur. Celui-ci fut, en bonne partie, constitutif de la création d’une association aujourd’hui davantage connue dans le champ de l’animation.

En effet, c’est avec de nombreux enseignants et avec l’appui formalisé du ministère de l’Instruction publique de l’époque que les Ceméa ont été créés en 1937. Un lieu défini comme complémentaire et potentiellement riche pour oeuvrer à une éducation émancipatrice.
Ce travail d’éducation globale, de mise en lien des différents champs éducatifs, est aujourd’hui non seulement necessaire, mais constitue une des clefs de la refondation d’un système éducatif trop morcelé et incohérent comme peut le relèver le débat sur les rythmes. L’approche développée en plusieurs chapitres thématiques, rappelle et met en perspective les différents travaux abondamment illustrés de publications qui concerne le champ de l’école. La revue Vers l’Education nouvelle en reproduit ici des extraits. Ce travail n’est pas une fin en soi, mais bien davantage un support d’échange, d’invitation à la rencontre et à la mise en débat. Y sont d’ailleurs mentionnées quelques questions vives qui sont autant de thèmes concrets pour des journées d’études et des expérimentations à venir.
Dans toutes les régions, des militants, des espaces de réflexion, des actions peuvent accueillir ceux qui veulent avancer dans cette voie. Ce projet pour l’Ecole est aussi une invitation à nous rejoindre.

Nous vous proposons donc trois extraits de ce projet pour l’Ecole, l’un sur Ecole et handicap, l’autre sur l’Ecole maternelle et enfin un troisième sur la formation des personnels. Tous sont le fruit d’un travail collectif terminé lors du regroupement du secteur Ecole des Ceméa, fin octobre 2012. Ils s’articulent en deux parties : « du projet politique... aux pratiques concrètes ».

Garantir une inclusion réelle des enfants en situation de handicap, Anne Sabatini Chargée de mission secteur Ecole des Ceméa

Du projet politique...

Accompagner la scolarisation des enfants en situation de handicap implique un accompagnement dans et autour de l’école qui mobilise l’ensemble des acteurs d’une communauté éducative : les personnels des écoles, mais aussi les autres enfants de la classe ou de l’école et l’ensemble des parents, animateurs périscolaires, responsables et élus locaux. L’inclusion scolaire se déroule dans le temps, les projets sont initiés et évoluent. Il est nécessaire de les accompagner sur la durée. Si les formations initiales et les premières sensibilisation sont nécessaires et utiles, elles doivent être complétées par un suivi et un accompagnement au long cours. La mise en oeuvre de l’inclusion peut générer toutes sortes de difficultés, de problèmes, passsibles d’alimenter des situations conflictuelles entre les différents acteurs. Celles-ci peuvent fragiliser le processus. Des opportunités peuvent, au contraire le renforcer et doivent pouvoir être encouragées et soutenues. Un accompagnement mobilisant l’ensemble des acteurs, les reconnaissant et leur permettant d’échanger et de collaborer autour des projets, des situations et des pratiques d’inclusion scolaire apparaît nécessaire.

… aux pratiques concrètes.

Les Ceméa proposent de : – Traduire les politiques d’inclusion dans les projets de circonscription, d’établissement, d’école, de classe, en accompagnant les projets dans leur élaboration, leur mise en oeuvre et leur évaluation.
- Accompagner les groupes classes directement concernés par l’accueil d’un enfant en situation de handicap et au-delà de tous les enfants impliqués de près ou de loin par l’accueil de ces « camarades » différents dans leur école. – Sensibiliser l’ensemble des parents concernés, directement ou indirectement, notamment via les associations de parents d’élèves. – Permettre aux différents acteurs de l’établissement (enseignant, personnel de restauration, surveillant, CPE, infirmière, AS, documentaliste, conseiller d’orientation psychologue, psychologue scolaire, ATSEM, AVS, EVS) et de la communauté éducative (animateurs périscolaire, élus locaux) de se rencontrer dans une démarche de concertation et de collaboration favorisant la cohérence et la réussite de l’inclusion. – Contribuer à maintenir une réflexion permanente sur l’école inclusive avec les différents acteurs, indépendamment de la réalité des accueils et décisions CDAPH. – Sensibiliser les différents acteurs aux dimensions humaines, symboliques et sociales, de l’inclusion, au care – accueillir et prendre soin des personnes en acceptant et assumant leur singularité et leur différence.

Les Ceméa jugent aussi fondamental de : – Penser en amont l’organisation des examens avec les candidat-e-s concerné-e-s. – Proposer à l’ensemble des acteur-trice-s de l’établissement scolaire et de la communauté éducative, aux différent-e-s partenaires (collectivités territoriales) des formations autour du Projet personnalisé de scolarisation (PPS) pour être en capacité de l’analyser, pour en connaître les modalités d’évaluation et d’évolution. – Proposer un accompagnement spécifique auprès des parents afin qu’ils soient mieux outillés pour prendre toute leur place dans l’élaboration, l’analyse et l’évaluation des PPS et développent ainsi leur capacité d’agir.

 Affirmer l’école maternelle pas (encore) obligatoire mais vraiment fondamentale

Du projet politique...

L’école maternelle est à la fois un lieu d’accueil, d’apprentissage, d’éducation et de co-éducation permettant une ouverture culturelle riche dès le plus jeune âge. L’école maternelle doit rester une composante essentielle d’un grand service d’accueil des jeunes enfants de 0 à 6 ans. Les Ceméa défendent une école maternelle qui reste inscrite pleinement dans le système éducatif laïque gratuit. Ils souhaitent ancrer l’école maternelle dans une continuité éducative avec les autres modes d’accueil au sein des territoires.

… aux projets pédagogiques qui mettent en oeuvre :

– Un protocole d’accueil pour chaque enfant à l’école (classe, CLAE) élaboré en collaboration avec la famille qui aidera à la séparation ou à la transition et respectera au mieux le rythme de l’enfant ; – des lieux d’accueil intermédiaires en partenariat avec les acteurs locaux tels que les classes passerelles ; – des conditions d’accueil satisfaisantes garanties par des effectifs protégés : pas plus de 25 enfants par classe et 15 pour les toutes petites sections ; – un environnement favorable à la réussite éducative, garanti par une architecture réfléchie et un espace pensé ; – des fonctionnements différents, alternatifs au groupe classe permettant des démarches pédagogiques pertinentes, nécessitant des locaux adaptés et sécurisés ; – un projet d’école qui prenne en compte les besoins des enfants tant dans leur vie quotidienne que dans les apprentissages ; – une évalution exclusivement formative, outil au service de l’élève et de sa réussite, de ses parents et des enseignants. Elle fera partie intégrante de l’acte pédagogique et devra prendre en compte le rythme et les processus d’apprentissage des jeunes enfants. – des formations, initiales et continues, spécifiques aux professeurs de l’école maternelle s’appuyant sur une connaissance du développement du jeune enfant et de ses besoins : le jeu, le rythme de vie, la motricité, le langage, la sécurité affective ainsi qu’une approche pédagogique favorisant la manipulation et l’expérimentation ; – le travail en coopération avec les parents (séparation, adaptation) ; – l’observation des enfants pour une action éducative plus pertinente ; – la rencontre avec les acteurs partenaires de l’école maternelle (EJE, AVS, Atsem, animateurs) pour favoriser l’émergence d’une culture professionnelle commune ; – La formation devra permettre, sur les territoires de réunir tous les acteurs scolaires et périscolaires pour faire émerger une dynamique dans l’école maternelle, inscrire celle-ci dans un réseau local et accompagner la mise en place de projets pour améliorer la qualité de l’accueil et la continuité de l’action éducative en évitant la confusion entre temps scolaire et périscolaire. Les Ceméa veulent que les missions de l’école maternelle soient reconnues à la fois par l’institution, les familles et l’ensemble du corps enseignant comme fondamentales dans l’acquisition des premiers savoirs. Le lien et la confiance partagée avec toutes les familles sont des enjeux majeurs pour reconstruire des représentations positives de l’école.

 Changer les cultures professionnelles par la formation

Enseigner est un métier de relation qui implique toute la personne, dans une recherche de cohérence entre valeurs et pratiques.

Du projet politique...

La France cultive une singularité qu’il faut questionner : la segmentation des métiers de l’éducation, de l’animation et de l’action sociale. Les Ceméa, dont la formation est le coeur de métier, ont une expérience massive et ancienne dans la formation et l’accompagnement des enseignants, des éducateurs, des animateurs, des intervenants éducatifs et même des parents.

Fort naturellement, nous voyons les indispensables passerelles à construire pour répondre aux enjeux d’avenir et donner une cohérence aux politiques publiques d’éducation. Sans rejeter le modèle universitaire des formations professionnelles aujourd’hui, nous le trouvons incomplet. Il ne doit pas conduire à une uniformité des pratiques, selon le principe de similitude : « Nos expériences influencent nos pratiques. »

Les méthodes de formation sont déterminantes  : elles doivent faire place au travail d’équipe, à la coopération, à l’évaluation autocritique, favoriser la participation et la conduite de projets. En cela, l’enseignant (et tous les autres éducateurs avec lui) ne peut accomplir ses missions sans être porteur de valeurs qui fondent les gestes professionnels questionnés et analysés en permanence.

…aux projets pédagogiques qui mettent en oeuvre. Concernant les contenus : non seulement sur la pédagogie des disciplines par une approche transversale mais aussi sur :
- Les valeurs de l’école de la République et sur ses missions ;
- la relation adultes-jeunes et enseignantsenseignés  ;
- la connaissance des publics et des réalités des terrains d’exercice,
- l’entraînement à l’élaboration et à la mise en oeuvre de projets pédagogiques d’équipe et d’école ou d’établissement ;
- l’analyse, la concertation et le travail en équipe ;
- la connaissance des partenaires de l’école, l’entraînement et l’analyse aux actions conduites en commun avec eux ;
- la mise en cohérence de tous les moments de vie scolaire : repas, récréations… ;
- l’expression de chacun : la place de la parole, en confiance ;
- les dynamiques de groupes ;
- la communauté éducative.

Concernant les méthodes :
- Par une recherche de similitude entre le vécu de formation et les pratiques professionnelles préconisées ; c’est le principe d’homologie  : on enseigne comme on a été formé ;
- une valorisation des parcours antérieurs, comme témoin d’engagement éducatif. Chacun aborde le métier avec une histoire parfois déjà très riche : direction de séjours d’enfants, responsabilité associative, parents, reconversion professionnelle ;
- la Recherche-Action comme dynamique de formation en encourageant la participation à des groupes de recherche et formation continue ;
- l’inscription individuelle et/ou collective (établissements) dans des réseaux éducatifs.
- Une formation avec et par ses pairs ;
- une pratique du travail en équipe ;
- une valorisation des pratiques innovantes, l’écriture professionnelle par la publication de travaux ;
- des terrains d’alternance diversifiés et à valeur pédagogique ajoutée : équipes ou établissements pilotes et terrain de stages hors école, établissements médico-sociaux, centres de vacances, service éducation jeunesse, expérience à l’étranger ;
- une alternance entre théorie, pratiques et l’analyse en petits groupes des situations vécues, contribuant à une réflexion concrète sur les gestes professionnels ;
- des réflexions et des mises en situation en projets d’actions, intégrant des enjeux de société : parité, laïcité, citoyenneté ;
- des séquences (sessions, modules) transcatégorielles voire des formations communes éducateurs, animateurs, enseignants, intervenants scolaires, comprenant une préparation au travail avec les différents intervenants éducatifs (AVS, moniteurs sportifs, artistes) ;
- L’ouverture culturelle de l’école et des enseignants et l’intégration de l’éducation aux et par « les écrans » ;
- Une vision large des questions et des pratiques éducatives par des échanges internationaux pour enseigner la mobilité et ouvrir à l’Europe et au monde ;
- Une pratique de la coéducation sous toutes ses formes. La preuve par l’exemple : des propositions pour la formation continue des enseignants ; Les Ceméa organisent de nombreux stages de formation continue sur les thèmes de la gestions de conflit, la mixité, le projet d’établissement, les activités scolaires, la relation éducative, la vie citoyenne, l’aide et accompagnement

Les Ceméa, leur projet (Présentation - Plaquettes - Manifeste - Projet Associatif - Champs d’actions)

Le champs d’action l’école




La présentation des Ceméa et de leur projet
Qui sommes-nous ?
Historique des Ceméa
Le manifeste (Version 2016) - 12 thématiques
Contactez-nous
Les Ceméa en action
Rapports d’activité annuels
Agenda et évènements
Collectifs - Agir - Soutenir
Congrés 2015 - Grenoble
Prises de position des Ceméa
Textes et actualités militants
Groupes d’activités
Fiches d’activités
Répertoire de ressources (Archives)
Textes de références
Les grands pédagogues
Sélection de sites partenaires
Textes du journal officiel
Liens
Vers l’Education Nouvelle
Cahiers de l’Animation
Vie Sociale et Traitements
Les Nouveautés
Télécharger
le catalogue
Nos archives en téléchargement
gratuit
Commander en ligne
[()] [()] [()] [()] [()]
BAFA - BAFD - ANIMATION VOLONTAIRE
FORMATION ANIMATION Professionnelle
Desjeps
Dejeps
Bpjeps
Bapaat
Formation courte
FORMATION PROFESSIONNELLE DU CHAMPS SOCIAL
Éducation spécialisée
Moniteur éducateur
Caferius
Formateur Professionnel d'Adulte - Conseiller en insertion
Préparation au DEAVS, au CAFERUIS, au CAFDES
CURSUS UNIVERSITAIRE
SANTE MENTALE 2017
Dans et autour de l’école
Europe et International
Les vacances et les loisirs
Médias, éducation critique et engagement citoyen
Politiques sociales
Pratiques culturelles