Concilier travail social et ordre public

Article paru dans La gazette Santé Social février 2013


Outre les craintes qu’ils peuvent susciter, les chiens constituent un obstacle à un hébergement d’urgence.

Pour intervenir auprès des sans-abri tout en assurant la tranquillité publique, plusieurs villes ont instauré une démarche partenariale. Malgré ce volontarisme des villes et de leurs partenaires, ainsi qu’une approche pluridisciplinaire, l’expèrience montre des situations révélatrice de fragilités nouvelles pour un public hétérogène difficile à cerner. Voci l’Analyse Hélène Delmotte pour La gazette Santé Social


Chaque année, le festival Macadam and Co, organise par la Ville de Rouen et L’Autobus Samu social, met à l’ honneur les personnes qui vivent dans la rue. Pour sa 5e édition, les 22 et 23 novembre les participants se sont notamment intéressés à la jeunesse en errance.

Le constat est sans surprise les relations sont souvent tendues entre les sans abris et la police. A Lorient par exemple, ce fut longtemps le cas, jusqu’à ce que Pascal Poisot, responsable d’ un accueil de jour géré par le centre communal d action sociale (CCAS) demande en 2008 aux policiers municipaux de venir a la rencontre dont ces personnes « J ai posé une exigence qu’ ils ne viennent pas en uniforme. Ils ont joué le jeu. Les relations se sont normalisées pour aboutir à un apaisement. La répression existe toujours un peu mais elle est marginale ». La démarche à nécessité beaucoup de pédagogie, «  d’une part pour faire reconnaitre le droit à l’existence de chacun dans l ’espace public et, d’autre part, pour rappeler le devoir de se conformer à la loi, en ce qui concerne la consommation d’alcool ou la présence de chiens »

Brigade canine
Les chiens. Le sujet est récurrent dans le discours des représentants des forces de I ‘ordre ou celui des riverains qui se sentent souvent agressés. Sans compter que la présence d’animaux constitue un obstacle majeur à un accueil en hébergement d’ urgence. A La Rochelle, Danielle Chenfi, coordonnatrice de la prévention de la délinquance, travaille à la création d un espace canin qui permettrait d’ accueillir les chiens des sans-abri, par exemple pendant, les heures de repas « Nous nous efforçons depuis deux ans, de récupérer un espace, propriété de I’ Etat, accolé au restaurant social I’ Auberge le projet est en bonne voie. Nous collaborons également avec I’ association. L’ Escale et un agent de la brigade animalière pour sensibiliser les sans-abri à ce que doivent être les relations entre le maitre et l’ animal ». Une démarche engagée à Lorient ou depuis 2010 une éducatrice canine comportementaliste est delà des deux heures par semaine par le service intègre d’ accueil et d’ orientation (SIAO) « Son rôle consiste à corriger certains comportements témoigne Pascal Poisot La relation, souvent fusionnelle, peut conduire l’animal à développer de l ‘agressivité. L éducatrice travaille donc, par exemple sur la séparation même de courte durée.

L’ accueil des personnes avec leur chien reste ensuite à la libre approbation des centres d’hébergement mais l’ initiative facilite les choses certains animaux sont valides ». par le service ce qui signifie qu’ ils ne présentent pas de problème de comportement. Trois box sont réservés aux chiens pendant les horaires d ouverture de l’ accueil de jour et des vétérinaires interviennent en cas de besoin

Arts de la rue
La ville de Bordeaux est allée plus loin, en ouvrant en centre ville un lieu d accueil spécifique pour dix sans abri accompagnes de leur chien Surtout, la collectivité a mené un travail préalable sur les parcours proposes aux personnes en errance.
« Trois profils se sont dégagés des anciens marginaux post/consommateurs de drogues et d’alcool âges de 40 ans ou plus et vivant en groupe, des 30 35 ans présentant une forte consommation d’alcool mais acceptant l’accueil en hébergement d’urgence la nuit, enfin, des jeunes d’ une vingtaine d’années accompagnés de leur chien », détaille Christophe Darasse, directeur général de la vie sociale et de la citoyenneté et directeur général du CCAS. La première action, mise en place des 2001, a consiste à apprendre aux personnes les arts de la rue, comme le jonglage et la musique, en lien avec le Comité d’étude et d’information sur la drogue, afin de recréer du bien social. Deuxième volet la création d’une équipe de rue, composée d’ une intervenante en toxicomane, d’un éducateur spécialisé et de quatre agents de la police municipale. Ces professionnels partent régulièrement à la rencontre des jeunes pour leur demander de faire moins de bruit ou les inciter à se séparer, des lors qu’ un groupe atteint quarante ou cinquante personnes « Cela commence par le dialogue, puis l’ admonestation, l’injonction et, en l’absence de résultat, la contravention », témoigne Christophe Darasse. Enfin, un groupe permanent d échanges a été instauré entre le CCAS, la direction du développement social urbain la police municipale et le service « hygiène et santé ». Chaque mois, après une visite des squats, un examen des problématiques est réalisé. Avec un maitre mot la pluridisciplinarité « II faut éviter ‘l’inintelligence’ de l’action. Par exemple, nous avons été confrontés récemment à la situation d’un couple de toxicomanes, qui vivait dans un squat avec leur fille de 5 ans. ll y avait des seringues partout.
Le maire a pris un arrêté d’insalubrité sans lequel la police n’aurait pas pu agir. Parallèlement, nous leur avons trouvé un logement. L’intérêt de l’enfant doit primer », conclut Christophe Darasse.
Rouen à également opté pour une approche pluridisciplinaire après avoir constate la dangerosité des branchements électriques dans un squat, la police municipale, sollicitée à de nombreuses reprises pour des troubles du voisinage, a interpellé le cabinet du maire afin de réunir les services susceptibles d’ agir. Avec l’ accord des occupants, les travailleurs sociaux ont accepté de lever le secret professionnel et participe à une réunion à l’hôtel de ville, pilotée par le chef de cabinet du maire et l’adjointe chargée des affaires sociales, en présence des intéressés, des travailleurs sociaux, d’agents du service « logement » et de policiers municipaux. La réunion a permis de contractualiser la sortie des lieux : la ville a assuré ne pas lancer de procédure d’expulsion tant que des logements adaptés ne seraient pas proposés.

Question de regard
Quant aux personnes, « elles se sont engagées a accepter un accompagnement social et à s’ impliquer dans la recherche de solutions », témoigne Marie-Claude Vaudandame, chef du service « action et insertion sociales » Si deux d’entre elles ont quitté la ville, une autre a pu être admise dans un appartement thérapeutique géré par l’ association "La Boussole" et un couple avec deux chiens a été admis a l’unité d insertion par le logement du CCAS. Une démarche parfaitement résumée par Jean Laversanne, directeur général adjoint « Nous avons adopté un regard qui envisage plus qu’ il ne dévisage »

Hélène Delmotte

TEMOIGNAGE
Sociologue, animateur du réseau professionnel national Jeunes en errance Céméa
« Le profil des jeunes en errance a évolué » « Le réseau national Jeunes en errance a pour buts d’ accompagner les structures associatives et municipales, de mutualiser les bonnes pratiques et de produire du savoir. Prés de 250 structures locales interviennent. Le profil de ces jeunes a évolue, avec un afflux des 16-17 ans et davantage de femmes. Au public classique - a savoir des adolescents au parcours institutionnel chaotique – s’ ajoutent de jeunes adultes a la vie sociale assez banale, mais confrontes a un coup dur : un licenciement, une séparation, un surendettement, etc. La situation de ces personnes qui craquent lorsque la vie devient trop difficile révèle d importantes fragilités et doit alimenter notre réflexion sur les nouveaux pauvres » [(*) L’initiative est présentée comme un projet a haut seuil de tolérance c’ est à dire limitant les exigences vis a vis des bénéficiaires] Auteur d’ Intervenir auprès des jeunes en errance La Découverte aout 2009

Sommaire OPERATEURS

Les villes de Bordeaux (avec le CCAS] La Rochelle (avec l’association L’Escale] Lorient (avec le CCAS et l’association Sauvegarde 56l Rouen (avec les Ceméa et (Autobus Samu social de Rouen pour l’ organisation de Macadam and Co).

Sommaire CONTACTS

  • Bordeaux Christophe Paresse, tel 0556102740
  • La Rochelle Danielle Cherifi, tel 0684549301
  • Lorient Pascal Poisot tel 0297022367,
     Rouen Marie Claude Vaudandaine. tel 0235079810.



11/03/2013
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