Tous les articles de :
  • Alain Mila

  • 23/10/2013
    Les Sentinelles de la Paix. Une pierre posée n’est pas jetée


    Alain Mila, artiste plasticien et ancien instituteur a lancé les "sentinelles de la paix". Il propose à tout un chacun, et notamment aux enfants, un geste artistique : monter quelques pierres les unes sur les autres en des équilibres plus ou moins stables, comme autant d’œuvres provisoires et éphémères, comme autant de "sentinelles de la paix".

    L’auteur est invité à photographier cette colonne branlante et à l’envoyer à l’association qui l’ajoutera à toutes les autres "sentinelles" sur son site, en espérant qu’elles viennent bientôt du monde entier. Cette initiative peut intéresser des enseignants comme des animateurs. Alain Mila propose d’ailleurs une "fiche pédagogique" qui explique la démarche, et l’association a rédigé une charte pour en définir le cadre éthique. Pascal Bouchard, journaliste, directeur de l’agence ToutEduc en est le parrain.

    Fiche pédagogique : « Les Sentinelles de la Paix. Une pierre posée n’est pas jetée. »

    I- Préambule

    Toutes organisations participent à l’élaboration de la pensée. L’organisation des chiffres, des nombres conduit à la mathématique, celle des lettres, des mots, des phrases, à l’étude de la langue… Et quand on organise des pierres ? Construire une « Sentinelle », relève bien d’une organisation de la matière, on peut dire qu’elle relève donc de la transformation de l’aspect dionysiaque en un aspect apollinien. C’est à dire à un travail architectural, à une « élévation » de la matière inerte en une construction. On retrouve là une image, et certainement un peu plus, du développement de la conscience (apollinienne) à partir de l’état plus pulsionnel de l’inconscient (dionysiaque). On touche à la fois à la dimension cognitive et à celle éducative.

    II- Que met on en œuvre quand on construit des « Sentinelles » ?

    La pertinence du choix

    • On doit choisir les pierres… et tout choix implique un deuil symbolique, ce qu’on retrouve dans tout apprentissage… on aborde là la possibilité du dépassement de l’obstacle épistémologique nécessaire à l’apprentissage, au progrès.
    • Ce choix implique également une anticipation… on aborde alors la notion de projet, notion tellement utile à la pertinence de l’acte pédagogique.
    • Ici le choix des pierres est facilement interchangeable, on essaie, la pierre ne convient pas, on en prend une autre… l’erreur n’entraine pas de culpabilisation, au contraire, ce statut de l’erreur formatrice se met en place naturellement.
    • Quand on choisit, on prend une responsabilité, on tend à l’autonomie…
    • La nécessité du « bon » choix de la pierre développe la pertinence du choix, de la pensée critique et créative, de l’observation, (compétences transversales utiles à tout âge…)

    Une construction

    • On a abordé la construction apollinienne… Une « Sentinelle » est une élévation de la matière. Toute élévation est symboliquement une élévation de l’esprit. Souvent « récupéré » par des ambitions spirituelle ou religieuse (cf. , la hauteur des clochers, des cathédrales…) ici, proche des cairns qui jalonnent depuis bien longtemps des chemins, ces colonnes de pierres s’inscrivent dans une sorte d’universalité (peut on dire laïcité ?) sans parti pris confessionnel.
    • Mais dans la construction, il y a surtout, on l’a vu, la notion d’organisation. Des capacités transférables, de rangements, de sériations, de classements (même informel) sont développées. Prendre le chemin qui passe par ces capacités kinesthésiques en diversifie l’approche.
    • La pédagogie différenciée prend également en compte le rythme de chaque élève. Ici le gestion du temps se fait naturellement, la sentinelles sera plus ou moins haute, plus ou moins solide, chacun terminera « forcément » sa réalisation à son rythme.
    • Cette notion du temps qui passe peut également prendre un aspect philosophique… ces constructions sont éphémères… mais l’intensité liée précisément à cet état de « fragilité » peut amener à une réflexion sur des valeurs essentielles (et existentielles) : le bonheur est fragile, la vie, l’amour, la paix…

    La notion de temps, d’Einstein aux recherches quantiques ou à la théorie du chaos, ouvre à bien des réflexions…

    • Construire une sentinelle nécessite de la concentration, de l’application, de la patience, du calme… en posant des pierres, l’élève se « pose » lui même et installe ainsi en lui des capacités, là encore, transversales.
    • C’est une construction en équilibre, équilibre fragile, mais équilibre fécond d’émotions, de ressentis, de satisfactions.

    Exploitations pluridisciplinaires

    • Arts visuels, (création, expositions, communications, …)
    • Et biens d’autres disciplines possibles à partir des photographies (langue orale, écrite, etc.). de quoi alimenter le livret de compétences des élèves…

    Un acte positif

    • Seul ou en groupe : En alternant des constructions individuelles et en groupes, on diversifie le développement des capacités travaillées. (Par exemple : prendre des responsabilités seul ou à plusieurs implique des capacités complémentaires)
    • L’aspect très ludique n’en prive pas moins de la profondeur de l’acte et de la « positivation » pédagogique.
    • Construire des « Sentinelles » dans le but de participer à un acte de paix et d’équilibre développe une pédagogie coopérative tournée vers les autres dans un esprit de tolérance et d’attachement à des valeurs humanistes , de solidarité, d’entraide, de responsabilités sociales et civiques.
    • La construction de « Sentinelles » implique un acte qui développe le sens civique du respect.
    • La construction de « Sentinelles » demande concentration et un « auto centrage », capacités transversales utiles en bien des domaines.

    III- Mise en œuvre

    Principe

    • Les pierres sont empilées en colonnes (non en cairns, mais des exceptions et des variantes sont toujours acceptées).
    • Le nombre de pierres utilisées n’est pas la priorité, l’impression d’équilibre fragile est un critère intéressant…
    • Les photos en contre plongée donnent des effets valorisants, mais il est conseillé de prendre plusieurs points de vue.
    • La réalisation d’une sentinelle peut être individuelle ou collective (G.I.A. : Groupe d’Intervention Artistique), ne pas dépasser quatre élèves par groupe… (le travail à deux s’est révélé être très riche tant d’un point de vue éducatif, qu’artistique).
    • Présentation des photos à l’ensemble de la classe et sélection de celles qui seront imprimées et/ou envoyées aux « Sentinelles de la Paix ».

    Les besoins

    • Des pierres (ou/et galets, cailloux…) : le land art voudrait qu’on les trouve in situ… et il n’y en pas forcément à proximité de l’école. Ce qui demande donc un repérage, un déplacement… Mais il est également possible de demander aux élèves de ramener chacun quelques pierres… ou d’organiser une mise à disposition de pierres. (prévoir alors transport et déchargement des pierres en un lieu approprié). Dimensions des pierres : diamètres de deux à une douzaine de centimètres… mais les pierres de bases peuvent être plus grandes. (à adapter à l’âge des élèves)
    • Un lieu pour la réalisation : au cours de « sorties », dans l’enceinte de l’école, du collège ou à proximité, le bon sens pratique vous guidera…
    • Les photos : Au moins un appareil photo ; mais en fonction de votre projet et des moyens trouvés, chaque élève ou groupe d’élèves disposent d’un appareil. Les photographies peuvent être exploitées sur l’ordinateur ou en tirages. Mais n’oubliez pas de les transmettre par e mail à : mila.alain@gmail si vous désirez qu’elles figurent sur le site des « Sentinelles de la Paix » : http://www.lessentinellesdelapaix.org.

    IV- Evaluation

    • Celle qui conviendrait ici serait peut-être celle de la réussite pour tous prônée par Albert Jacquard et qui évite l’esprit de compétition entre les élèves (mais pas celle de la confrontation avec soi-même). Mais chaque professeur adaptera ses choix en fonction de sa pédagogie et des demandes institutionnelles…
    • La sélection des photographies par les élèves (et le professeur) constitue une auto évaluation du résultat.
    PDF - 99.8 ko
    Charte des « Sentinelles de la Paix

    Voir le site.

    Contact : Alain Mila




    La présentation des Ceméa et de leur projet
    Qui sommes-nous ?
    Historique des Ceméa
    Le manifeste (Version 2016) - 12 thématiques
    Contactez-nous
    Les Ceméa en action
    Rapports d’activité annuels
    Agenda et évènements
    Collectifs - Agir - Soutenir
    Congrés 2015 - Grenoble
    Prises de position des Ceméa
    Textes et actualités militants
    Groupes d’activités
    Répertoire de ressources (Archives)
    Textes de références
    Les grands pédagogues
    Sélection de sites partenaires
    Textes du journal officiel
    Liens
    Vers l’Education Nouvelle
    Cahiers de l’Animation
    Vie Sociale et Traitements
    Les Nouveautés
    Télécharger
    le catalogue
    Nos archives en téléchargement
    gratuit
    Commander en ligne
    [()] [()] [()] [()] [()]
    BAFA - BAFD - ANIMATION VOLONTAIRE
    FORMATION ANIMATION Professionnelle
    Desjeps
    Dejeps
    Bpjeps
    Bapaat
    Formation courte
    FORMATION PROFESSIONNELLE DU CHAMPS SOCIAL
    Éducation spécialisée
    Moniteur éducateur
    Caferius
    Formateur Professionnel d'Adulte - Conseiller en insertion
    Préparation au DEAVS, au CAFERUIS, au CAFDES
    CURSUS UNIVERSITAIRE
    SANTE MENTALE 2017
    Dans et autour de l’école
    Europe et International
    Les vacances et les loisirs
    Médias, éducation critique et engagement citoyen
    Politiques sociales
    Pratiques culturelles