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  • Anne Sabatini

  • 26/11/2013
    Refonder l’école : on s’engage !


    C’est le slogan que les militants et militantes du Collectif des Associations Partenaires de l’Ecole arboraient à la boutonnière de leurs manteaux, en ce 21 novembre 2013.

    Cette année, le salon de l’éducation venait à point ! Au lendemain de déclarations du secrétaire général du SNUIPP, premier syndicat des enseignant(e)s du 1er degré qui appelle à la grève le 5 décembre prochain pour que « la réforme soit suspendue et des discussions s’ouvrent immédiatement pour une autre réforme réellement concertée des rythmes scolaires », le Collectif des Associations Partenaires de l’Ecole a pu trouver un espace idéal pour s’exprimer.

    Dans un amphi bondé par des militant(e)s venu(e)s de la France entière et issu(e)s de l’ensemble des associations qui le composent, les représentant(e)s du CAPE ont rappelé aux Ministres présents qu’ ils continuaient à soutenir la réforme en cours dont la question des rythmes est une infime partie, rappelons-nous de la remise en place de la formation des enseignant(e)s et autres personnels de l’éducation nationale, de la re-scolarisation des 2 ans, du « plus de maîtres que de classes », de la professionnalisation des Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS)...

    Certes, des interrogations, des hésitations, des questions de mise en œuvre se posent mais une marche arrière est inconcevable. Il faut prolonger la réflexion pour une application intelligente mais certainement pas s’arrêter en chemin sous la pression de « ceux qui sont revenus de tout sans jamais y être allés », comme l’a dit Jean Marc Roirant, secrétaire général de la Ligue de l’enseignement en guise d’ouverture à ce temps de déclarations.

    Des prises de parole courtes mais intenses, fortes, argumentées, pleines de dynamisme et d’humanisme. Parce que, comme nous le savons tous et toutes déjà et comme Nathalie Mons, sociologue, l’a si bien démontré : si nous voulons une véritable transformation sociale pour plus d’égalité entre tous et toutes, le statu quo est inacceptable ! L’école ne fonctionne mal que pour une certaine catégorie d’élèves, le système est inégalitaire parce qu’il ne profite qu’à certaines catégories socio-professionnelles.

    • Jean-Luc Cazaillon, le Directeur général des Ceméa, qui s’exprimait en tant que président du CAPE, a rappelé que la Refondation peut s’appuyer sur les partenariats et que beaucoup reste à construire en ce sens notamment par la formation, à travers les ESPE en particulier.
    • Françoise Cartron, rapporteure de la Loi, au Sénat, mais aussi ancienne enseignante et directrice d’école maternelle, s’est émue que l’on considère que pas assez ou si peu soit fait pour l’école ! Depuis 6 mois, une partie des 60.000 postes ont été créés, la scolarisation des 2 ans est effective, le développement du numérique est en cours, les cycles sont repensés, la réflexion sur les programmes est au travail, etc.
    • Eric Favey, secrétaire adjoint de la Ligue de l’enseignement, a élargi le problème en sortant de l’immédiateté et en le renvoyant à un futur pas si lointain que ça : le futur de ces enfants qui, cette année, sont entrés à l’école. Comment en ressortiront-ils ? Et c’est bien là notre combat ! Préparer leur avenir et voir plus loin que le bout de notre nez, de nos intérêts personnels à court terme ! C’est bien leur donner les moyens d’être de futurs citoyens et citoyennes capables d’esprit critique, de discernement, d’en faire des jeunes émancipés et maîtres de leurs choix. Pour participer à la construction de la société, en 2027, lorsqu’ils voteront pour la première fois… et auront à relever de vestes défis…

    Les réponses des trois ministres présents étaient à la hauteur des discours précédents.

    • Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, a cité un proverbe « Quand on fait quelque chose, on a toujours contre soi, ceux qui voulaient faire le contraire, ceux qui voulaient le faire à votre place, et ceux qui voulaient qu’on ne fasse rien du tout. » Cette détermination a été reprise par George Pau Langevin, pour qui les « débats subalternes » sont à dépasser alors que la lutte contre la prédestination des rôles doit être poursuivie.
    • Enfin, Vincent Peillon a eu le mot de la fin en faisant référence à la crise que le pays traverse. Pour lui, la Refondation de l’école doit permettre aussi de « refonder la République » qui est chahutée par les individualismes et les replis sur soi. Et tel Sisyphe, qui a été condamné à remonter éternellement son rocher en haut de la montagne, il est apparu décidé à persévérer malgré les difficultés et les résistances.

    Anne Sabatini, responsable du secteur Ecole des Ceméa




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