Tous les articles de :
  • François Chobeaux

  • 02/01/2014
    État social, solidarité nationale, impôt - Editorial Vie Social et traitement n°120

    FRANÇOIS CHOBEAUX


    Vive l’impôt ! Et vive les cotisations sociales ! Parce que vive l’État social. Cette proclamation n’est pas vraiment dans l’air du temps, le « moins d’impôts » réunissant l’ultralibéralisme et les grands et petits profiteurs des tricheries fiscales et sociales. Peut-être est-ce alors le moment de rappeler quelques repères et principes fondamentaux de ce qui constitue une société.

    Voir le sommaire et commander le VSt n°120

    L’État est l’organisation collective de la République, le moyen de sa mise en œuvre. Je dis « État » pour faire vite car chez nous les responsabilités sont réparties dans un système complexe : niveau national, collectivités territoriales, Sécurité sociale... L’État, c’est la prise en compte et la protection de tous, avec une responsabilité accrue envers les plus faibles : « Fraternité »...

    L’État est le garant d’un intérêt général qui n’est pas l’addition des inté-rêts particuliers ou la simple attention aux besoins de chacun comme le voudraient les logiques entrepreneuriales et consuméristes, et comme le pervertissent parfois les logiques clientélistes. Un intérêt général qui peut quelquefois aller à rencontre d’intérêts particuliers. Au cœur de cet intérêt général, il y a la gestion raisonnée de la force et de la contrainte, la gestion de la justice, les finances ; ce qui est appelé les compétences « régaliennes ». N’en parlons pas ici. Il y a aussi la responsabilité de la mise en acte de la solidarité nationale envers ceux qui souffrent, qui manquent. Cela a un coût. Nos impôts, nos cotisations sociales (pas nos « charges » ; mais bien nos « cotisations ») sont là pour cela. Alors aux grandes fonctions régaliennes classiques de l’État que sont la guerre, la monnaie et la justice, j’ajouterais bien le social afin de clairement marquer que nous ne sommes plus aux temps de la royauté mais dans une république fraternelle et solidaire.

    Mon enchaînement apparemment simple État-Intérêt général-Solidarité-Impôt n’est pas si simple que cela. On peut discuter du rôle de l’État. Les ultralibéraux ont la solution : aller vers le moins possible d’État, resserré sur ses fonctions régaliennes historiques. Une logique du chacun pour soi, et à chacun d’être plus fort que l’autre. On peut, on doit aussi discuter des limites à fixer aux attentions et aux compétences de l’État. Quelle place laissée à la société civile ? Quelle place à l’initiative individuelle ? On peut aussi oublier de relire quelques textes fondateurs du temps des Lumières, qui parlent du contrat social, des fondements de la démocratie...

    On peut également s’interroger, et interroger l’État, sur la mise en œuvre de la notion d’intérêt général. Jusqu’où l’État doit-il dire et faire ce qui est bon pour tous ? Avec quelle légitimité ? Les errements actuels du « Plan autisme » sont une belle étude de cas, avec un « intérêt général » efficacement lobbyisé par quelques groupes réactionnaires hyper-actifs. Autre question sur la mise en acte de l’intérêt général, un prochain VST questionnera la légitimité des institutions du social à s’occuper de la sexualité de leurs usagers.

    Solidarité nationale : l’État doit-il être une mère parfaite ? Il paraît qu’il n’en a plus les moyens, et de nouveaux acteurs sont là pour y suppléer : voir dans le social et la santé mentale les associations et les fondations humanitaires et caritatives, les vraies-fausses solutions telles que les Groupes d’entraide mutuelle en psychiatrie, et les divers appels bruyants et culpabilisants à la charité publique, Téléthon, mucoviscidose, Restos du cœur... Je n’ai rien contre, sauf quand cela se substitue à la responsabilité de l’État car à ce moment-là, je me dis que nous régressons vers notre égoïsme primitif et notre sauvagerie initiale. Impôt. Ah, impôt ! Et si la question n’était pas plus ou moins d’impôt, mais mieux d’impôt ? Un impôt proportionnel pour tous, pas dissimulé de façon inégalitaire sous des taxes à la consommation, un impôt compréhensible de tous, appuyé sur tous les revenus de tous. Une grande réforme fiscale était promise. « Égalité »...

    La période est aux vœux. Alors souhaitons-nous collectivement un État social fort, reconnu et soutenu. Un État social partagé, discuté. Un État social financé par un impôt accepté et légitimé. Et souhaitons-nous un VST toujours porteur critique de la notion d’intérêt général.

    Bonne année à venir 2014.

    FRANÇOIS CHOBEAUX

    Voir le sommaire et commander le VSt n°120




    La présentation des Ceméa et de leur projet
    Qui sommes-nous ?
    Historique des Ceméa
    Le manifeste (Version 2016) - 12 thématiques
    Contactez-nous
    Les Ceméa en action
    Rapports d’activité annuels
    Agenda et évènements
    Collectifs - Agir - Soutenir
    Congrés 2015 - Grenoble
    Prises de position des Ceméa
    Textes et actualités militants
    Groupes d’activités
    Répertoire de ressources (Archives)
    Textes de références
    Les grands pédagogues
    Sélection de sites partenaires
    Textes du journal officiel
    Liens
    Vers l’Education Nouvelle
    Cahiers de l’Animation
    Vie Sociale et Traitements
    Les Nouveautés
    Télécharger
    le catalogue
    Nos archives en téléchargement
    gratuit
    Commander en ligne
    [()] [()] [()] [()] [()]
    BAFA - BAFD - ANIMATION VOLONTAIRE
    FORMATION ANIMATION Professionnelle
    Desjeps
    Dejeps
    Bpjeps
    Bapaat
    Formation courte
    FORMATION PROFESSIONNELLE DU CHAMPS SOCIAL
    Éducation spécialisée
    Moniteur éducateur
    Caferius
    Formateur Professionnel d'Adulte - Conseiller en insertion
    Préparation au DEAVS, au CAFERUIS, au CAFDES
    CURSUS UNIVERSITAIRE
    SANTE MENTALE 2017
    Dans et autour de l’école
    Europe et International
    Les vacances et les loisirs
    Médias, éducation critique et engagement citoyen
    Politiques sociales
    Pratiques culturelles