28/05/2014
Au lendemain des élections – Les gagnants, les perdants

Communniqué élections européennes Solidar Conny reuter


Comme Solidar, Les Ceméa pensent qu’il est urgent de réagir, d’agir et de peser de tout son poids pour le changement et pour stopper la montée de l’extrême et au final du fascisme ! et souscrivent la proposition d’une réinterprétation du slogan promu par le Parlement européen lors de ces dernières élections : « react, act, impact »

Les élections européennes qui viennent de s’achever n’ont pas fait clairement apparaître de vainqueur, mais sont d’ores et déjà riches d’enseignements dont nous devons tirer les leçons :

1. La campagne s’est « personnalisée » en mettant en avant les candidats têtes de liste, plus que leur parti ou mouvance politiques et c’est tant mieux. La dimension européenne des élections s’en est vue renforcée et, à maints égards, les candidats ont ainsi pu profiter d’un regain d’attention de la part des médias et de l’opinion publique. Le taux de participation a augmenté dans certains pays, mais demeure malheureusement bien loin des scores réalisés lors les élections nationales. Le message « votre voix compte » semble surtout être passé chez les électeurs des camps extrémiste, fasciste et populiste. Les résultats de ces derniers sont en nette progression ce qui est pour le moins préoccupant.

2. Cependant, ce serait une erreur de se concentrer uniquement sur un point : il faut bien aller de l’avant et réfléchir aux moyens d’obtenir une majorité au Parlement européen qui sera à même de présenter un candidat au poste de Président de la Commission Européenne. Cette percée de l’extrémisme aux élections européennes appelle une réaction qui ne peut se résumer à constituer des majorités viables. Bien plus, les décideurs politiques – tant nationaux qu’européens – se doivent de restaurer la confiance dans la capacité de la démocratie à trouver des solutions pour répondre aux attentes sociales les plus pressantes des citoyens en Europe.

3. Par le passé, le vote d’extrême droite ou fasciste était utilisé comme vote d’opposition. A présent, les idées d’extrême droite paraissent établies dans la sphère politique et ont atteint le cœur de nos sociétés. Lorsque les partis de centre-droit, et parfois aussi ceux de centre gauche, pense que la meilleure manière d’absorber le potentiel électoral de l’extrême droite passe par le ralliement partiel à leurs positions xénophobes et populistes, force est de constater que les électeurs finissent par apporter leur voix à l’original plutôt qu’à la copie.

4. Les médias jouent un rôle prépondérant dans les campagnes électorales et, dans le cas présent, il est impossible de faire fi de leur part de responsabilité dans l’augmentation du vote d’extrême droite. A trop courir après l’audimat et des parts de marché, le journalisme a souvent perdu en qualité et en capacité d’analyse. A la télévision, on ne peut nier que les reporters ou animateurs d’émissions se prennent souvent pour les relais politiques : ils présentent, influencent, orientent les opinions par leurs émissions et leurs choix éditoriaux – que ce soit par les thèmes abordés ou leurs invités. Malheureusement, ils invitent bien trop souvent des extrémistes provocateurs, garant de bonnes parts d’audience, et leur donnent ainsi un accès trop privilégié aux débats publics, là où ils seraient passés inaperçus. Par ailleurs, beaucoup trop de journalistes qui ont couvert les élections européennes n’étaient pas tout à fait familier du fonctionnement de l’Europe et des dossiers européens, ce qui, naturellement, amène de l’eau aux moulins des « Europhobes » dans toute l’Europe.

5. Mais revenons au véritable danger : le discours d’extrême droite a fait son entrée dans l’establishment et le consensus démocratique s’en trouve ainsi affaibli. La France fait la preuve du processus de banalisation qui a permis à l’extrême droite d’occuper peu à peu l’espace politique, d’abord aux niveaux local et régional, et à présent au niveau européen. Dans une Union comprenant 28 Etats-membres, il y a un espace politique pour l’extrême droite, en raison des disparités sociales mais aussi de l’incapacité des majorités en place à apporter de véritables réponses aux problèmes sociaux les plus urgents affectant les citoyens en temps de crise. Si les politiques continuent à se concentrer sur le seul sauvetage des banques et à laminer les acquis sociaux, la montée de l’extrémisme ne pourra être stoppée. A contrario, Martin Schulz a mis en avant des priorités justes et devrait à ce titre être capable de rassembler une majorité autour des préoccupations des citoyens et d’initier un véritable changement politique au niveau européen !

6. Gagner des élections ne se résume pas à avoir fait campagne pour recueillir le plus de votes possibles. La stabilité du vote en faveur des partis européens écologiques par exemple est due au fait qu’ils restent attachés à leurs valeurs fondamentales : ils se concentrent sur leurs domaines de compétence et leurs positions-clefs, leur électorat est pro-européen et au général au rendez-vous aux élections. La social-démocratie et les socialistes gagneraient à se rappeler au bon souvenir de ce qui faisait sa force : leur proximité avec le mouvement syndical, mais aussi avec la société civile et les associations.

7. SOLIDAR, en tant que réseau européen regroupant 61 organisations nationales s’engageant pour la justice sociale et pour plus de démocratie participative, appelle les citoyens et associations à se mobiliser et à mener une action commune en faveur d’une société ouverte et dans laquelle chacun puisse trouver sa place. A cette fin, nous pouvons nous appuyer sur les recommandations de l’Alliance constituée dans la cadre de l’Année européenne des citoyens 2013 qui présentent un programme en faveur de la liberté, de la démocratie ainsi que des droits économiques, sociaux, culturels et civiques. Durant les élections, nous avons fait campagne pour un changement politique et proposerons au nouveau Parlement et à la Commission une feuille de route pour la justice sociale en Europe. Continuer sur le mode opératoire du statut quo n’est pas seulement inefficace, mais surtout dangereux !

8. Dans les réactions à chaud aux résultats des élections, on peut lire çà et là qu’il n’y a pas de place pour plus d’Europe. Nous pensons au contraire que nous n’avons pas besoin de moins d’Europe, mais de plus de bon sens et d’une réelle prise de responsabilité au niveau social ce qui permettra de couper court au développement des extrémismes et du fascisme : nous avons besoin d’une Europe plus sociale !

9. Il est bon de rappeler au lendemain des élections européennes que les fondements du projet européen reposent sur les leçons tirées de ce qui s’est passé dans les années 30 du siècle dernier et ce qui conduit à la 2ème Guerre Mondiale. Le projet européen est construit sur les valeurs et basé sur la Charte des droits fondamentaux. Nous appelons de nos vœux la liberté d’expression, mais pas en faveur de la haine, de la xénophobie et du racisme !

http://www.solidar.org/The-day-after-Winners-and-losers.html




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