Paru dans le Quotidien Mayotte Hebdo du 29 Novembre 2013
« L’enfant ne naît pas violent » Impressions de Archimède Said Ravoay

Propos de Archimède Said Ravoay recueilli par Denise Harnurid Pour Mayotte Hebdo


Les Ceméa, sont les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’éducation Active. A Mayotte, ils existent depuis une vingtaine d’années Durant toutes ces années, son directeur n’a jamais change il se nomme Archimede Said Ravoay et à l’heure ou l’on parle de la perdition de la jeunesse, il accepte de nous livrer ses impressions.

Mayotte Hebdo Monsieur Ravoay pouvez vous nous dire le râle exact que jouent les Ceméa a Mayotte ?
Les Ceméa sont une association loi 1901 c’ est un mouvement d’ éducation populaire. Dans son rôle c’ est la diffusion des idées d’ éducation active dans un domaine national et international.A Mayotte l’outil privilégié par rapport à nos actions c’ est la formation des cadres, formation en animation volontaire, et formation professionnelle. Tout ce qui est volontaire tels le Bafa (Brevet d’ apti tude aux fonctions d animateur) ou le BAFD (Brevet d aptitude aux fonctions de directeur) et l’ encadrement des accueils collectifs de mineurs et formation professionnelle

MH : Peut-on qualifier votre parcours de succès sachant que de nombreuses associations évoluant dans votre domaine se sont éteintes au bout de quelques années de fonctionnements ?
Archimède Said Ravoay :Je pense que c’ est un succès et que c’ est même un bien pour le territoire de Mayotte. C’ est de !a persévérance, de l’ engagement moi en tant que directeur mais c’ est aussi le travail d’ une équipe de bénévoles dirigeant l’ association. Ca ne peut être qu’ une bonne chose. Une association qui a vingt ans d’ existence avec beaucoup d actions depuis sa création, je pense que c’ est important. Important surtout parce qu il faut savoir qu a l’origine nous étions mal vus. Organiser des stages d animateurs faisant jouer les enfants, les adultes ou encore des hommes et des femmes, était regardé d’ un mauvais œil. Si je ne m’ abuse dans les années 95 nous avions été suspendus de subventions. Mais nous avons su persévérer et montrer l’ utilité de notre structure.

MH : Face aux difficultés que rencontre la jeunesse actuellement et notamment le rapport a l’éducation et à la délinquance De manière générale quel diagnostic pouvez-vous livrer ?
Archimède Said Ravoay : Archimède Said Ravoay : On a pu montrer que cette délinquance ou cette incivilité des jeunes découle de l’ absence sur la place publique des adultes. Ça c’ est vérifiable et puis ça saute aux yeux de tout le monde. Mais on a pu aussi montrer que le manque de structures adéquates pour accueillir ces jeunes jouait un rôle important. Sans oublier l’ absence de ressources humaines qualifiées pour accompagner les jeunes dans les structures. Toutes ces choses la sont a prendre en compte si on veut réussir l’ action en direction des jeunes. Bien entendu les parents sont les premiers responsables dans l’ action d’ éducation. Ça commence au niveau de la famille. Puis c’ est l’ école aussi qui participe et puis les structures a développer dans les collectivités territoriales. Dans les communes quand on construit des MJC. II faut penser mettre des gens » compétents pour pouvoir encadrer les jeunes de façon pérenne et non occasionnelle ce qu on vit actuellement.

MH : Peut on considérer aujourd’hui qu’il y a une catégorie déjeunes plus fragilisée qu une autre ?
Archimède Said Ravoay : Oui bien sur je pense a ceux qui ne vivent pas avec leurs deux parents. Certains vivent avec seulement un parent. Et d autres vivent seuls ou avec des tantes des ondes etc. Des enfants qu’ ont été abandonnes. Je pense qu ils sont plus vulnérables. Alors il faudrait que tout le monde se mobilise. La population les acteurs de I’ éducation, les bénévoles, mais aussi Les élus doivent prendre conscience de l’ intérêt de developper des structures de formations et d’ accueils de ces jeunes en difficulté.

MH : On sait que le Cémea intervient beaucoup dans le cadre de l’éducation a la parentalité qu’ est ce que cela donne comme résultat
C’ est très positif parce que nous avons pu récolter. l’opinion du grand public. Certaines personnes disent que les parents sont démissionnaires qu’ ils abandonnent leurs missions. Mais ce n est pas vraiment vrai. Ces parents sont surtout démunis. Donc ces parents avaient besoin de formations d espace de rencontre par rapport a leurs problèmes. Et nous constatons de plus en plus que la population mahoraise s’ intéresse à ces espaces d échanges aux problèmes liés a l’ éducation de leurs enfants et y participent de plus en plus dans ce que nous appelons I animation a la parentalité.

MH : Alors ou est le problème aujourd’hui, puisque les principaux intéressés semblent s’ y investir sérieusement selon vous ?
Archimède Said Ravoay : On ne résoudra pas Le problème avec un coup de baguette magique. II faut du temps il faut de l’ énergie pour qu on arrive a optimiser la mobilisation de la population pour qu’ on puisse voir concrètement, les résultats. Aujourd’hui un des résultats nets que je peux vous dire c’ est qu il y a de moins en moins de parents qui parlent des enfants de juges. Ils comprennent aujourd’hui que c’est bien leurs enfants et qu ils sont responsables de l’ autorité parentale. Et même dans les médias à la radio à la télévision, on parle de moins en moins des enfants. déjuges parce qu il y a une réelle prise de conscience. Et je pense que si on continue a développer des actions et si on multiplie les acteurs de terrain on aboutira a des résultats satisfaisants

MH : Y aurait-il conflit entre tradition et modernisme ? Cela ne vous fait pas peur ?
Archimède Said Ravoay : Je n ai pas du tout peur parce que c’ est l’ evolution de la population rnahoraise même si elle a été brutale.

On partait d une famille élargie avec le père, la mère, les frères, les sœurs, les ainés, l’ oncle, les tantes etc. Tout le monde était assez solidaire. Parce qu il y avait cet esprit collectif. On se rencontrait on échangeait. Alors que maintenant on arrive dans une société individuelle ou c’ est chacun pour soi. Mais là encore, ça ne me fait pas peur du tout parce que je suis persuadé que quand on vit une situation de crise elle doit rendre les gens plus fort. Et cette crise nous enseigne que nous devons aller de l’ avant. Nous devons accepter le changement si on a envie de bien vivre. Les gens pourraient prendre confiance si chacun de nous s’y met. Si chacun se dit qu’ il a des responsabilités vis a vis de ces jeunes de ses enfants et cela dés leur jeune age. En grandissant ils auront acquis des bagages pour réussir leur vie. Qu’ on ne se cache plus derrière, l’ idée qu’ ils sont violents, car l’ enfant ne naît pas violent. C’ est ce qu’ il faut que toute la population reconnaisse. Cette violence ça s apprend dans la famille et puis ça va dehors et ca peut aller loin.



2013-12-11 1327@MAYOTTE_HEBDO
(Poids : 278.7 ko - Format : PDF)


Tous les articles de :
  • Archimède Said Ravoay

  • 29/11/2013
    La présentation des Ceméa et de leur projet
    Qui sommes-nous ?
    Historique des Ceméa
    Le manifeste (Version 2016) - 12 thématiques
    Contactez-nous
    Les Ceméa en action
    Rapports d’activité annuels
    Agenda et évènements
    Collectifs - Agir - Soutenir
    Congrés 2015 - Grenoble
    Prises de position des Ceméa
    Textes et actualités militants
    Groupes d’activités
    Répertoire de ressources (Archives)
    Textes de références
    Les grands pédagogues
    Sélection de sites partenaires
    Textes du journal officiel
    Liens
    Vers l’Education Nouvelle
    Cahiers de l’Animation
    Vie Sociale et Traitements
    Les Nouveautés
    Télécharger
    le catalogue
    Nos archives en téléchargement
    gratuit
    Commander en ligne
    [()] [()] [()] [()] [()]
    BAFA - BAFD - ANIMATION VOLONTAIRE
    FORMATION ANIMATION Professionnelle
    Desjeps
    Dejeps
    Bpjeps
    Bapaat
    Formation courte
    FORMATION PROFESSIONNELLE DU CHAMPS SOCIAL
    Éducation spécialisée
    Moniteur éducateur
    Caferius
    Formateur Professionnel d'Adulte - Conseiller en insertion
    Préparation au DEAVS, au CAFERUIS, au CAFDES
    CURSUS UNIVERSITAIRE
    SANTE MENTALE 2017
    Dans et autour de l’école
    Europe et International
    Les vacances et les loisirs
    Médias, éducation critique et engagement citoyen
    Politiques sociales
    Pratiques culturelles