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  • Jacques Ladsous

  • 06/10/2014
    Chercheur et praticien praticien chercheur - VST n°123 Sexualité, quand l’institution s’en mêle -

    Jacque Ladsous


    J’ai participé dernièrement à une journée de travail proposée par la chaire sociale du Centre national des arts et métiers (CNAM) sur la recherche. Il s’agissait d’approfondir et de prolonger les idées qu’un travail précédent de consensus sur la recherche avait fait émerger. Cette invitation avait suscité un grand intérêt, si l’on en juge par la participation qui remplissait largement l’amphithéâtre Paul-Painlevé.

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    Comme l’a dit Yannick Moreau dans l’introduction au débat, il était important que chercheurs et praticiens se rencontrent pour échanger sur ce thème, et profiter des expériences de chacun pour élaborer une stratégie pour le travail social. Et faire avancer les connaissances sur les évolutions sociétales au-delà des préjugés qui continuent à persister sur des modèles… aujourd’hui dépassés.

    Et je me souvenais de mes débuts auprès d’Henri Wallon, psychologue connu, professeur au Collège de France, quand il me confortait dans ma profession, préconisant une collaboration étroite entre chercheur et praticien, et accueillant avec intérêt les résultats des observations que me permettait ma pratique. À l’époque, elles enrichissaient la psychologie qui était sa spécialité. Plus tard, elles ont aussi enrichi d’autres disciplines des sciences humaines. Mais, parce qu’il existe aujourd’hui au CNAM une chaire de travail social, elles devraient également servir cette chaire, qui pourrait ainsi diffuser les problématiques du travail social sur une plus grande échelle, et avec une autorité plus reconnue.

    Encore faudrait-il qu’une méthodologie soit apportée aux professionnels, dans leur formation, d’une manière qui pourrait peut-être donner plus d’importance et de relief aux mémoires demandés. Les centres de formation pourraient alors avoir une fonction de laboratoire, collaborant aux recherches ou même les suscitant.

    En allant plus loin, on pourrait envisager que les institutions sociales et médicosociales soient aussi des laboratoires. Une analyse des pratiques bien conduite peut fournir de précieuses informations, qu’un chercheur associé peut contribuer à traduire, pour enrichir les connaissances utiles. Nous associons ainsi aux recherches non seulement les divers professionnels, mais encore les usagers des institutions, ce qui rendrait de plus en plus légitimes les savoirs liés au travail social.

    Il suffirait d’une volonté politique qui permette de dégager du temps pour cette démarche, et d’une mobilisation institutionnelle capable de redynamiser ces professionnels qui sont parfois usés par la routine, pour qu’un tel projet puisse se réaliser.

    Cela se fait parfois, dans certains cas, et je pense avoir vécu une expérience proche. Mais au lieu de travailler à côté des chercheurs et les chercheurs à côté des praticiens, nous en viendrions à travailler les uns avec les autres. Et cela fortifierait la valeur de notre travail bien plus que ces évaluations officielles que l’administration nous impose.

    Il est parfois de bon ton actuellement de laisser se dénigrer le travail social, dont les résultats (au sens où l’entendent les pouvoirs publics) laisseraient à désirer. Certains disent que nous passons notre temps à cultiver nos mythes. Certes, nous ne devons pas nous prendre trop au sérieux, mais si un certain humour peut entourer nos pratiques, ne le laissons pas se transformer en dérision. Je lis dans un ouvrage de Michel Lebonnois, qui fut éducateur puis directeur d’une maison d’enfants avant, retraité, de devenir l’animateur de Cahiers du Cotentin : « On mesure en quelques mots : conscience, droits, devoirs, respect, structures, normes, modèle, être libre, l’extrême complexité du travail éducatif, dont il est évident pour tous ceux qui le pratiquent qu’il ne consiste pas seulement à servir la soupe et donner un lit. C’est en parlant de la pratique quotidienne que nous allons, petit à petit, lui donner cohérence [1] »

    C’est cette cohérence que la collaboration des praticiens et des chercheurs va apporter, permettant de dépasser les images que certains se font de nos professions. Au moment où l’on parle de refonder le travail social, où à travers les états généraux on tente de le faire, une telle réflexion peut y contribuer.

    JACQUES LADSOUS

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    Notes :

    [1] M. Lebonnois, Sème, semeur, Cherbourg, Les Cahiers du Cotentin, 2004.




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