20/04/2016
Animateur périscolaire, un métier - Cahiers de l’Animation N°94

Laurent Denoeu


La réforme des rythmes scolaires a eu pour conséquence de provoquer la généralisation de la prise en charge des temps des enfants avant et après la classe. Elle a également mis à jour la nécessité de former et qualifier le personnel d’encadrement des temps périscolaires.

Le CQP représente, aujourd’hui pour les animateurs en poste, une solution de formation mieux adaptée que le Bafa qui ne saurait être le diplôme de référence pour des emplois permanents.



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Les besoins d’accueil et de garde avant et après l’école se sont considérablement développés depuis quelques années. La réforme des rythmes scolaires et la mise en oeuvre des PEDT (Projets éducatif territoriaux) ont accéléré la prise en charge de ces besoins par les communes. Ils ont aussi généralisé la reconnaissance des temps avant et après l’école comme des temps éducatifs essentiels pour l’enfant et sa famille.
Même si cette réforme a connu des difficultés de mise en oeuvre, les besoins en personnel ont fortement augmenté et de nombreuses collectivités locales ou associations organisatrices d’accueil de loisirs périscolaire se sont « naturellement » tournées vers le vivier d’animateurs diplômés Bafa. Mais comme nous l’avons toujours affirmé celui-ci, s’il prépare aux fonctions d’animateur en accueil collectif de mineurs, est par définition un diplôme non professionnel et ne saurait être le diplôme de référence pour ces emplois. Le CQP (Certificat de qualification professionnelle premier degré d’animateur périscolaire) représente, aujourd’hui pour les animateurs en poste, une solution de formation mieux adaptée.

Mis en place par les partenaires sociaux de la branche animation pour répondre aux besoins de formation des salariés occupant l’emploi d’animateur, souvent à temps partiel, il permet de développer leurs compétences et d’entamer un processus de qualification professionnelle.

UN ACTE PROFESSIONNEL

L’animateur périscolaire exerce sous la responsabilité d’un directeur ou d’une directrice ou d’un cadre administratif, au sein d’une équipe ou parfois seul. Il est lié à trois grands actes professionnels : accueillir des enfants et leurs familles dans des temps périscolaires, concevoir un projet d’activités, conduire des temps d’animation périscolaires en direction des publics enfants. Il est présent auprès d’enfants de 3 à 12 ans, dans des espacestemps contigus à l’école, le matin, le soir et lors de la pause méridienne. Il met en oeuvre des animations et des démarches pédagogiques adaptées au cadre de l’accueil périscolaire, aux espaces disponibles, aux rythmes des enfants. Et il est en relation avec deux acteurs éducatifs privilégiés qui sont les parents et les enseignants.

ENTRE TERRAIN ET FORMATION

La formation qui vise à la promotion sociale des animateurs s’appuie sur une logique d’alternance. Les participants doivent occuper des fonctions d’animation dans le cadre périscolaire. La formation fait appel à l’activité et à l’expérience professionnelle. Les périodes de formation en centre de formation, le plus souvent, sous forme de sessions de quatre jours, s’appuient sur l’exploitation de la pratique et font l’objet de réinvestissements sur le temps d’alternance. Les mises en situation et les séances de travail alternées en petits et grands groupes ponctuées par des apports sur certains contenus sont privilégiées. La valorisation des compétences individuelles et collectives ainsi que l’analyse de situations professionnelles vécues sont prises en compte tout au long de la formation. Cela permet une mise à distance nécessaire entre la pratique et le terrain.

Les journées du mercredi et les périodes de vacances scolaires sont réservées à l’activité sur le terrain avec les publics. Le stagiaire est accompagné par un tuteur ; souvent, il s’agit du directeur de la structure employeuse. Celui-ci a pour fonction d’accompagner progressivement le stagiaire vers une réalisation autonome des activités. Les apprentissages sont ainsi individualisés et le tuteur organise l’activité de travail afin de faciliter, voire d’accélérer l’acquisition de nouvelles compétences pour le stagiaire. L’évaluation des connaissances et des aptitudes professionnelles s’articule sur trois modules de formation*. Elle s’appuie sur des critères d’évaluation définis dans le référentiel de formation. Les modalités des épreuves d’évaluation certificative sont la soutenance à l’oral d’un compte-rendu d’animation, la production d’un document d’une dizaine de pages accompagnée d’un entretien oral et une mise en situation d’animation. La validation du CQP ou d’un des modules de formation est accessible également via la validation des acquis d’expérience (VAE).

Comme on peut le constater – et l’encourager – le CQP peut constituer une première étape dans la professionnalisation en accédant à d’autres diplômes comme le BPJEPS. En effet le certificat délivré par la branche professionnelle, permet d’obtenir l’équivalence de certaines unités capitalisables (UC) du BPJEPS Loisirs tout public. Au regard de la réforme en cours des brevets professionnels de la filière Jeunesse et Sports, des évolutions concernant ces équivalences sont envisagées.

UNE PRÉCARITÉ PRÉOCCUPANTE

Pour autant, si le CQP semble apte à promouvoir un processus de qualification professionnelle, il ne règle pas toutes les questions que pose l’émergence du métier d’animateur périscolaire. La majorité des postes proposés dans les structures périscolaires sont à temps partiel ; l’animateur périscolaire travaillant de 15 à 25 heures par « semaine scolaire ». Dans ces conditions, difficile de se projeter professionnellement, difficile d’assurer ses besoins quotidiens avec un revenu partiel. De plus, si dans les grandes villes les animateurs ont un poste fixe, en milieu rural la réalité est toute autre. Les animateurs « naviguent » d’un lieu d’accueil à un autre au fil de la semaine sur des créneaux horaires différents selon les journées. Cette précarité entraîne un fort turn over dans les structures d’animation, ne garantissant pas à terme que les temps d’avant et après l’école soient de vrais temps éducatifs comme le voulaient les porteurs de la réforme des rythmes éducatifs. La réforme a également entraîné une « municipalisation » des structures d’accueil. Les communes ont, de ce fait, dû dans un temps très court recruter des « animateurs de proximité  » pour assurer ce service aux familles. On peut encore constater aujourd’hui à la lecture des offres de postes que le principal diplôme attendu est le Bafa. Quant aux formations proposées aux animateurs en poste, elles se limitent aux offres du CNFPT qui, si elles répondent à certains besoins de formation, ne répondent pas aux besoins de qualification et de reconnaissance professionnelle des animateurs. On peut espérer qu’avec le développement des offres de formation en CQP, la situation s’inverse dans les années à venir.

Cependant dans le contexte économique actuel, ces choix sont influencés par les capacités financières limitées des collectivités territoriales. Quelques territoires tentent des expériences pour donner l’accès au CQP à leurs salariés, des partenariats locaux avec le CNFPT organisme de formation voient le jour permettant de faire baisser les coûts de formation. Il nous paraît souhaitable que ce type de projets se généralise à l’échelle du territoire national afin de répondre à la fois aux objectifs de qualité d’accueil des enfants dans les structures et de permettre aux animateurs d’accéder à une qualification gage de reconnaissance professionnelle.

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