La Psychiatrie est une nouvelle fois en danger

Les Ceméa sont inscrits dans le champ de la santé mentale depuis 1949, en agissant notamment dans la formation des professionnel.le.s du secteur de la Psychiatrie, du médico-social et du travail social.

Face à la crise structurelle vécue par le champ de la Psychiatrie (baisse des moyens, destructuration de la sectorisation, fragilisation de la pédopsychiatrie, etc.), la Ministre de la santé a souhaité proposer un plan de soutien en 12 points.

La lecture de cette proposition nous laisse sans voix ! Comment considérer que la
mise en place d’un stage obligatoire, la mise en place d’indicateurs de la qualité, ou encore la « sur spécialisation » des infirmier.e.s régleront à eux seuls les problèmes constatés et dénoncés depuis longtemps déjà par les professionnel.le.s, les patient.e.s et leurs familles.

Le constat est aujourd’hui plus qu’alarmant. Les orientations proposées depuis plusieurs années répondent avant tout à une recherche d’économie, mais aussi à une manière technique de concevoir le soin. Les propositions de la ministre ne changent rien à cela !

Il est aujourd’hui indispensable de regarder la réalité en face et d’agir réellement et concrètement :
- en décidant rapidement d’une augmentation des moyens alloués au secteur
psychiatrique pour permettre aux professionnel.le.s de prendre en charge les
patient.e.s dès le plus jeune âge. Cela veut dire rehausser de manière conséquente le nombre de place en structures de soin, notamment en renforçant la psychiatrie dans la ville et en s’appuyant si besoin sur des lits en hôpital . Cela veut dire redonner du temps à la relation soignant.e.s-soigné.e.s ;
- en reconnaissant l’importance de la pédopsychiatrie, pour donner aux futurs médecins l’envie de rejoindre ce secteur sinistré ;
- en soutenant la spécialisation d’infirmier.e psychiatrique, abandonnée dans les années 90 . Spécialisation qui permet de dépasser la question de la technicité,
en réintroduisant de la clinique du sujet ;
- en accompagnant et en soutenant les soignant.e.s dans leur pratique
quotidienne (analyse de la pratique, formation continue, etc.).

Il s’agit aujourd’hui de mettre en place un plan d’urgence, afin de redonner confiance aux professionnel.le.s, aux patient.e.s et à leurs familles. Il est important que le l’État dise à la société quel projet il porte pour la santé mentale, des citoyen.ne.s et de tous les publics les plus fragilisés : la poursuite de la dégradation dangereuse des conditions d’exercice de la psychiatrie publique, ou la volonté de reconstruire une psychiatrie humaine, ouverte et en phase avec les espaces de vie et de socialisation des individus.

Contact : David Ryboloviecz, Responsable national travail social et santé mentale
(david.ryboloviecz(at)cemea.asso.fr)


© Site officiel des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active)