Refonder mais aussi réguler ! - Avant Propos du VEN 571

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Dans le paysage des contenus médiatiques, il y a tout ce qui est lié au numérique, mais il y a aussi l’audiovisuel et le bon vieux média « linéaire »qu’est la télévision. Or s’annonce une énième réforme de l’audiovisuel public. Les Ceméa à travers le collectif Enjeux e-médias, ont engagé un travail de réflexion pour se positionner dans le débat qui doit être public et arbitré par les citoyens. De ces premières réflexions ressortent plusieurs points.
La mission de service public est essentielle en ce qui concerne les publics de l’enfance et de la jeunesse. Des programmes de qualité, diversifiés alternant animations, documentaires, fictions et magazines, des contenus favorisant une ouverture au monde, une éducation aux médias et à l’information, un décryptage de l’actualité, doivent permettre notamment aux enfants de trouver des espaces protégés de la publicité et des stratégies marketing. Une offre de télévision publique pour les enfants est ainsi à privilégier n’excluant pas internet.
L’importance démocratique d’une priorité à l’information des citoyens et le pluralisme doivent être réaffirmés et inscrits dans les cahiers des charges des chaînes, une information de qualité, décryptant l’actualité proposant analyse et prise de recul, prenant appui sur des investigations journalistiques permanentes, éclairant le flux d’infos déversé chaque jour par les médias numériques, est une revendication réaffirmée du collectif Enjeux e-médias.
La présence des médias publics sur les territoires doit renforcer la cohésion sociale, donner à découvrir non seulement le patrimoine mais aussi ce qui s’y vit, s’y développe, partager les initiatives des habitants dans le domaine économique, culturel, de solidarité citoyenne. L’offre régionale doit également apporter du service aux régions.
La gouvernance de l’audiovisuel public doit à travers cette réforme, donner toute sa place aux téléspectateurs, aux internautes ; des espaces de dialogue, publics-journalistes-responsables éditoriaux, doivent exister dans les grilles de programmes et se prolonger aussi sur les plateformes.
Les canaux de diffusion, les plateformes numériques, c’est bien, encore faut-il qu’une politique ambitieuse de création de contenus les irrigue. La refondation de l’audiovisuel public doit intégrer un soutien public renforcé à la création.
Le débat public que nous porterons, ne doit pas faire l’impasse sur les dérives actuelles constatées sur les chaînes publiques : starisation des présentateurs, mainmise de certains budgets de production par quelques sociétés, mélange des genres entre divertissement et information.
Enfin, peut-on simplement poser une réforme de l’audiovisuel public, sans engager en « même temps » un travail concernant l’audiovisuel privé et les articulations avec les industriels du numérique ? Refonder là où le pouvoir politique a « barre » certes, mais rappeler à l’État, son rôle de régulation vis-à-vis d’industries qui affaiblissent notre république et notre démocratie, au quotidien.

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