Retour au collège
Riad Settouf- Hachette Littératures, 2005

Riad Settouf garde de très mauvais souvenirs de ses années passées au collège.
Il décide donc, dix ans plus tard, d’y retourner, pour faire un reportage, regarder les évolutions et comparer ses années collège à celles d’aujourd’hui ; il utilise son écriture favorite, la bande dessinée.
La démarche est sympathique mais se révèle difficile. Il réussit à se faire accepter dans un collège par l’entremise de l’Education nationale, pour passer quelques semaines dans une classe. Il est enfin accepté, en centre ville, au collège Charles-Henri, qui accueille une population privilégiée. Il est dommage que ce choix donne une tonalité particulière aux espaces pédagogiques, aux relations éducatives, renvoie une image traditionnelle, dans le sens le plus conservateur du terme, des adultes (enseignants et direction) d’un établissement si peu à l’écoute du monde actuel.
Le tableau qu’il dresse des personnels, ressemble presque à une caricature mais, dans le genre, celle de Claude Lapointe était beaucoup plus convaincante. La vision des adolescents touche davantage des adolescents préoccupés par leur image, qui passent des heures devant la glace, qui vivent au gré des modes, des marques, des nouveautés pour obtenir une reconnaissance des autres. Car il faut être affilié à un groupe, faire partie d’une bande, d’un clan, pour développer ce sentiment d’appartenance tellement indispensable. Il décline avec bonheur, les différents groupes de la classe de 3°C : celui de « de Bouvier », de « Pierre », des « filles molles », de « Romain ».
La sexualité est omniprésente, dans les mots, les échanges, les attitudes, les comportements. L’agressivité, l’injure sont les tonalités les plus courantes utilisées entre les ados, indication, s’il en était besoin, que l’éducation affective et à la sexualité n’est pas prise en charge.
Au fil des pages, l’auteur se remémore son collège, des constantes, des changements qui l’étonnent, le surprennent.
Mi-adulte, mi-grand frère confident, Riad Settouf nous livre une chronique sensible et juste de jeunes qui se construisent plus ou moins difficilement, dans un établissement malheureusement peu représentatif de l’école actuelle.

Maurice Mazalto


© Site officiel des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active)