"Fonder une nouvelle politique de la jeunesse dans les médias"

Avant Propos du VEN n° 546.

Bertrand Chavaroche , rédacteur en chef - Chritian Gautellier, directeur de la publication.

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Fonder une nouvelle politique de la jeunesse dans les médias, alliant prévention des risques et éducation aux médias, tel est l’appel lancé, sur le site Le Monde.fr, le 24 février 2012, par les Ceméa, la Ligue de l’enseignement, les Francas et la Fcpe avec le soutien de chercheurs et d’acteurs de la société civile.
En 2002, la grande majorité des associations éducatives, familiales, parentales et les syndicats enseignants, des chercheurs constataient déjà cette urgence. Ensemble, ils mettaient l’accent sur la nécessité de généraliser la maîtrise critique de l’image comme pédagogie moderne de la citoyenneté et d’y inclure un enseignement sur le fonctionnement économique, iconique et dramaturgique des médias. Ils pointaient la pauvreté de l’offre télévisuelle en direction des enfants et des adolescents en France et préconisaient la création de chaînes publiques pour la jeunesse. Ils dénonçaient l’incohérence des dispositifs de protection des mineurs dans les médias, entre ceux qui régissent le cinéma, les jeux vidéo, la télé¬vision, la radio et l’Internet, qui attirait déjà les adolescents avec les blogs et les messageries instantanées. Dix ans après, qu’est-ce qui a changé ? Les réponses frappent par leur insuffisance ou leur incohérence. Le projet de la gouvernance européenne de construire un nouvel espace politique de corégulation tripartite avec les acteurs du marché, la société civile défendant les intérêts éducatifs n’a pas été soutenu par le gouvernement.
Les politiques de prévention de l’internet ont été soutenues de façon privilégiée via des associations créées pour recevoir les subsides de la Commission européenne, sans aucun relais de terrain ; les associations d’éducation populaire, de parents d’élèves ont vu leurs moyens " rabotés " ; l’organisme qui incarnait la corégulation pour l’internet a été remplacé par un Conseil national du numérique permettant au gouvernement un face-à-face avec les seuls opérateurs économiques. Pour internet, c’est la voie de l’autorégulation, sans contrôle public, sans contrepoids de la société civile organisée pour assurer le suivi de cette autorégulation.
En 2009, un rapport d’Agnès Vincent-Deray à la ministre de la Famille proposait à nouveau une batterie d’actions à vocation générale, éducative, distractive, citoyenne et préventive. Aucune n’a été mise en œuvre. Il est urgent de faire prévaloir dans les médias les enjeux éducatifs et les valeurs qui peuvent conforter le lien
social, au lieu de creuser par la dérégulation les inégalités cognitives qui sont le vrai visage de la fracture sociale numérique. Afin de soutenir cet appel *, il sera nécessaire de constituer une association regroupant l’ensemble des acteurs sociaux défendant une éducation aux médias large, laïque et citoyenne, disposant d’un droit d’action auprès du CSA et des tribunaux. .
. Voir les objectifs sur le site des Cemea : www.cemea.asso.fr


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