Et si nous parlions des Terrains d'Aventures?
À l’initiative du collectif universitaire et de recherche TAPLA et des Ceméa Île-de-France, cette rencontre a rassemblé 80 participant·es pour explorer la diversité des terrains d’aventures, questionner leurs pratiques éducatives et réfléchir aux conditions nécessaires à leur développement et à leur pérennisation.
Journée d'étude du 17 mars 2026
Les terrains d’aventures constituent des espaces éducatifs où les enfants et les jeunes expérimentent, construisent, inventent et apprennent dans un cadre favorisant l’autonomie et l’expression.
Le 17 mars, au Campus Condorcet, une journée d’étude a permis de croiser les regards entre praticien·nes, chercheur·euses et militant·es de l’éducation populaire.
Organisée par le collectif TAPLA et les Ceméa Île-de-France, cette rencontre a été l’occasion de mettre en lumière la richesse de ces expériences, mais aussi les défis qu’elles rencontrent aujourd’hui.
Des terrains pluriels, des pratiques diverses
La journée a débuté par la découverte de plusieurs terrains d’aventures implantés à Annecy, Carcassonne, Nantes et en Île-de-France (dont Tous les Maquis ou encore La Petite Plage). Ces présentations ont permis d’identifier la grande diversité des propositions pédagogiques et éducatives.
Chaque terrain développe des approches singulières, adaptées à son territoire, à son public et à son histoire. Cette pluralité constitue une richesse, témoignant de la vitalité et de la capacité d’innovation de ces espaces.
Des pédagogies de l’autonomie et du “côte à côte”
Les échanges ont ensuite porté sur les fondements pédagogiques des terrains d’aventures. Plusieurs approches ont été discutées : pédagogies du « laisser faire », pédagogies institutionnelles, inspirations libertaires, ou encore apprentissage de pratiques démocratiques.
Un point commun se dégage : la volonté de privilégier une relation éducative basée sur le « côte à côte » plutôt que sur le « face à face ». Il s’agit de reconnaître les enfants et les jeunes comme acteurs et actrices de leurs expériences, capables de faire, de décider, de coopérer.
Des conditions de mise en œuvre à consolider
Les participant·es ont également souligné les conditions nécessaires au fonctionnement de ces terrains. La question du partenariat apparaît centrale, tout comme celle de l’appropriation collective des projets par les acteur·rices locaux.
Le besoin de formation des équipes – qu’elles soient appelées animateur·rices ou accueillant·es – a été fortement affirmé. À cela s’ajoutent des enjeux de financement, dans un contexte marqué par des incertitudes, notamment en période électorale.
Pérenniser sans uniformiser : un enjeu politique
Enfin, les discussions ont mis en avant un défi majeur : assurer la pérennité des terrains d’aventures sans en altérer l’esprit. Comment accepter une forme d’institutionnalisation nécessaire à leur stabilité, sans perdre la liberté pédagogique qui les caractérise ?
Ce travail est aujourd’hui engagé avec plusieurs partenaires institutionnels, notamment la CNAF et la DJEPVA, afin de construire des perspectives durables.
L’objectif est clair : sortir d’une logique de précarité permanente et permettre aux équipes de se consacrer pleinement à leur mission éducative, sans céder à une standardisation des pratiques.