Enseignement et Education au Développement Durable
À partir d’une enquête menée en 2023 et 2025 par l’observatoire d’Ecolhuma, des enseignant·es témoignent d’un recul de leur engagement en Éducation au Développement Durable. Moins qu’un désintérêt, c’est le manque de soutien, de temps et de reconnaissance, ainsi que le contexte politique, qui freinent les pratiques, malgré des besoins clairement identifiés en ressources et en accompagnement.
Deux ans après un premier baromètre (2023) encourageant, l’école française décroche de la transition écologique. Fatigue, manque de soutien, peur de politiser le sujet : les enseignants ne manquent pas de convictions, mais se sentent souvent seuls face au défi climatique.
Mise en oeuvre d'une étude
L’observatoire associatif d’Ecolhuma porte l’ambition de faire progresser le débat public face aux nouveaux défis posés à l’École, en interrogeant les enseignants, premiers témoins. En 2023 puis 2025, alors que les enjeux écologiques apparaissent comme de nouveaux savoirs fondamentaux, des enseignants volontaires ont été questionnés sur leurs pratiques, via ÊtrePROF.
L’adhésion des enseignants à l’Education au Développement Durable (EDD) est passée de 84 % à 54 % entre 2023 et 2025, comme un reflet exacerbé du désengagement des Français, pour qui d’autres priorités, notamment sécuritaires, semblent avoir pris le pas sur les questions environnementales et climatiques.
C’est aussi la conséquence d’une polarisation politique de ces enjeux : Considéré auparavant comme un nécessaire apprentissage scientifique, cela apparaît désormais davantage comme un parti pris politique.
Le contexte qui apparaît déterminant
Plus que les convictions, c’est donc le contexte qui apparaît déterminant. Les enseignants qui perçoivent leurs collègues, leur hiérarchie ou les parents d’élèves comme favorables à l’EDD s’impliquent davantage. L’EDD peut apparaître comme «le défi en trop», face à d’autres urgences éducatives et sociales. Face au manque d’accompagnement institutionnel, c’est donc le soutien et la confiance en soi font la différence. Les pratiques d'EDD apparaissent plutôt régie par le sentiment d’auto-efficacité (”j’en suis capable, j’ai les outils”) et les normes (”mes collègues le font, les parents d’élèves sont favorables, l’éducation au développement durable est dans les programmes, etc”) que par les attitudes ou les motivations.
Identification des besoins
En terme de besoins, les enseignants ont besoin de temps, de reconnaissance institutionnelle, et donc de ressources concrètes et prêtes à l’emploi, d’ idées d’activités adaptables. A noter les types de démarches pédagogiques évoquées : éco-gestes, débats, projets de groupe, classe dehors, jeux de rôle et analyse documentaires.