L'éducation, une arme pour combattre la violence
Philippe Meirieu, vice-président des Ceméa, s'exprime dans une tribune publiée dans Le Monde de l'Education du 10 mars 2026, à propos de la violence qui prédomine dans le débat public.
Agir par l'acte éducatif, à tous les instants
Face aux actualités de ce début d'année 2026, qu'elles soient nationales ou internationales où la violence est omniprésente et revêt des formes très variées, faut-il se contenter de constater, d'espérer des jours meilleurs? Philippe Meirieu propose mieux: l'acte éducatif!
« Le déficit d’expression orale laisse libre cours au passage à l’acte irréfléchi »
Deux formes de violences s’imposent aujourd’hui dans le débat public : la violence politique et la violence viriliste.
Dans sa tribune, Philippe Meirieu rappelle que "beaucoup de choses se jouent dans les premières années de la vie de l’enfant". En effet, le rapport au monde d'un petit enfant évolue au fil des jours, des semaines, des mois, et passe d'un besoin de contact physique pour éprouver l'existence de son environnement et de lui-même, à l'expérience du langage qui va être le commencement d'un long processus d'apprentissage.
Des inégalités genrées en matière d'activité langagière
Or, on sait aussi que le rapport à l'activité langagière est genré; que suite à des constructions et des injonctions sociales, les petites filles et les petits garçons ne vont s'engager dans les activités langagières de la même façon. Les travaux de sociologues de l'éducation depuis le milieu des années 80 l'ont démontré. Cela génère donc une meilleure maîtrise du langage oral et écrit des filles alors que les garçons surinvestissent les activités physiques. Les études soulignent que cette distinction s'opère en fin de cycle 2. Et comme le précise Philippe Meirieu dans sa tribune, "Il n’y a rien là, évidemment, de « naturel » et cela renvoie à la persistance de stéréotypes qui conditionnent largement leur comportement".
Des conséquences parfois délétères
Les conséquences se retrouvent à plusieurs niveaux ; notamment "la plupart des filles sont, dit-on, plus « adaptées » à la culture scolaire, tandis que beaucoup de garçons vivent encore cette dernière comme contraire à leur identité virile". D'où la sureprésentation de ces derniers dans les registres de punitions des établissements scolaires, dans les structures de relégation et les établissements pénitentiaires.
Pour échapper à ces déterminismes sociaux qui peuvent aboutir à des actes de violence (verbale, physique, guerrière...) Philippe Meirieu donne plusieurs pistes qui toutes, renvoient à la question de l'éducation.