Ceci n'est pas un poisson d'avril concernant les jeunes majeur•es!
Le collectif Cause Majeur ! dont les Ceméa sont membres, travaille depuis plusieurs années déjà la question du"Pécule" , cette somme d'argent à laquelle ont droit à leur majorité, certain⋅es jeunes relevant de la protection de l'enfance. Dans un communiqué de presse publié le 1er avril, il dénonce une proposition de loi portée par le parti Horizons, dont les effets seraient dévastateurs pour les personnes concernées.
Suppression du pécule des jeunes majeur.es : non, ce n'est pas une mauvaise blague !
Le parti Horizons a inscrit à l’ordre du jour de sa niche parlementaire du 9 avril une proposition de loi visant à détourner le maigre trousseau des jeunes majeurs appelé pécule pour contribuer au soutien financier des départements. Motif avancé : il est injuste que les départements « assument » seuls les dépenses scolaires des enfants qu’ils protègent.
Petit Rappel : le pécule, c’est l’épargne des enfants protégés
À l’approche de la rentrée scolaire, certaines familles, sous conditions de ressources, bénéficient d’une allocation de rentrée scolaire. Depuis 2016, pour une partie des enfants accueilli·es en protection de l’enfance, cette allocation est versée sur un compte bloqué en vue de leur constituer une épargne récupérable à leur majorité. Cela représente un pécule de 400 à 5 000 euros maximum, 700 euros en moyenne par enfant concerné selon une estimation faite en 2022 par les équipes d’Élisabeth Borne, alors Première ministre. La Caisse des dépôts et consignations en assure la gestion le temps que les enfants récupèrent leur épargne à leur majorité. Cet argent, qui représente au total 50 millions d’euros par an1 fait aujourd’hui l’objet de convoitise.
Les enfants, les jeunes ne doivent pas faire les frais de la situation financière précaire des départements
Cause Majeur ! prend la parole pour dénoncer ce projet dont les effets seraient dévastateurs et demande, bien au contraire, une réforme du pécule pour permettre à tous les jeunes protégés, sans exception, d’en bénéficier automatiquement.
Il est vrai que de nombreux départements se trouvent en difficulté pour financer leurs dépenses sociales. D'ailleurs, un rapport conjoint de l’Inspection Générale des Finances, de l’Inspection Générale de l’Administration et de l’Inspection Générale des Affaires Sociales paru en novembre 2025 tire la sonnette d’alarme et demande l’ouverture de discussions entre les pouvoirs publics nationaux et les départements pour faire évoluer leur panier de recettes. Mais les jeunes n(ont pas à en payer les conséquences !
Loin de remettre en question cette difficulté, le collectif Cause Majeur ! est même le premier à demander des solutions et à ce que l’Etat participe davantage aux dépenses nécessaires pour améliorer la qualité de l’accueil en protection de l’enfance et notamment l’accompagnement des jeunes majeur·es.
A cet égard, nous continuons de demander la création d’un fonds dédié et fléché de 800 millions d’euros pour mettre enfin un terme définitif aux sorties sèches des enfants de la protection de l’enfance et accompagner et soutenir les jeunes dans la durée.
Au lieu de proposer des lois impactant les publics les plus fragilisés, Cause Majeur ! demande que le pécule des jeunes majeurs leur soit garanti et invite les parlementaires à repenser le financement de la protection de l’enfance en dotant les départements de moyens suffisants et fléchés.
Cause Majeur ! rappelle ses propositions
A court terme :
- Mettre en place un versement automatique directement sur le compte bancaire du jeune, à sa majorité ;
- S’assurer que chaque jeune l’ait perçu ;
- Renforcer les actions de communication sur ce dispositif et sensibiliser les professionnel·les à l’existence et aux modalités d’obtention de ce pécule à la majorité ;
- En l’attente de l’automatisation du versement, faire évoluer la loi afin que la Caisse des dépôts et des consignations puisse transmettre à chaque département la liste nominative des jeunes sortant·es de protection de l’enfance qui n’ont pas réclamé leur pécule, afin de faciliter le décaissement à la majorité.
A moyen terme :
- Repenser le dispositif complet du pécule afin qu’il puisse bénéficier de manière équitable à tous les jeunes ayant été accompagnés par la protection de l’enfance.