Périscolaire, parent pauvre et méprisé du monde éducatif

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L'actualité récente a montré du doigt des dysfonctionnements graves commis au sein de structures périscolaires. Des affaires de violences ont touché des enfants dans plusieurs localités dont Paris. Ces agressions intolérables, insupportables révèlent aussi au grand jour un milieu dans lequel la  précarité a été rendue systémique au détriment de la qualité de l'accueil des enfants. Dans un article de L'Humanité paru le 1er avril, qui prend le temps de l'analyse et interroge plusieurs acteurs, Jean Baptiste Clerico, directeur général des Ceméa, apporte des éléments de compréhension.

L'objectif : une vraie professionnalisation

C'est autour de ce point particulier de l'article de l'Humanité, que Jean Baptiste Clerico, directeur général des Ceméa, apporte sa contribution. Les Ceméa, faut-il le préciser, sont une des organisations d'éducation populaire formant le plus d'animateurs et d'animatrices (plus de 4000 personnes formées à un diplôme de l'animation professionnelle en 2024 et plus de 17000 jeunes formé•es au Bafa, cette même année).

Précarité des conditions de travail et fragilité dans les recrutements

Ce qui prédomine dans ce secteur d'activité, c'est la précarité qui y est systémique. Les conditions de travail sont souvent désastreuses (effectifs trop bas, horaires fractionnés, salaires insuffisants), ce qui impacte forcément les qualités d'accueil des enfants. Quand on sait que certains enfants y passent entre 40 et 50% de leur temps, on peut s'étonner que si peu d'intérêt soit porté en ce qui concerne la formation de ceux et celles qui en ont la charge: seulement 10 à 15% d'entre eux et elles ont un diplôme d'état ; plus de 50% ont un Bafa (Brevet d'aptitude au fonction d'animation) sensé concerner uniquement les personnes pour un travail temporaire, notamment l'été. 

La comparaison faite dans l'article, avec les enseignant•es est révélatrice!  Imaginons les mêmes pourcentages parmi les profs recruté•es! Inacceptable pour l'opinion publique!  

L'accès ou non à des loisirs de qualité est un facteur terrible d'inégalités sociales

Jean-Baptiste Clerico

De plus, le périscolaire a un vrai rôle à jouer dans la réussite des élèves. Il permet un renforcement de la continuité éducative entre les temps d'école à proprement parler et les temps éducatifs lors des accueils du matin, de la pause méridienne ou encore  des activités en fin d'après midi.  L'accès ou pas à des activités périscolaires de qualité est déterminant dans la réussite éducative et scolaire des enfants.