||juin 2003
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La retraite, c’est le problème des vieux. La jeunesse, c’est le problème des jeunes. L’école, c’est l’affaire de ceux qui savent. Les mineurs en dérive, c’est une affaire intérieure. Passez, passants attardés dans les rues de Paris, l’économie pas sociale pour un sou, ce n’est pas pour vous. Et la société, qui voudrait bien s’en occuper ?
Soyons sérieux ! Quand il s’agit de vivre ensemble, dignes, responsables et solidaires du monde et des autres, nous sommes tous concernés.
N’en déplaise à ceux qui choisissent les impasses sécuritaires, les discriminations sociales, le dialogue social en trompe l’œil, celles et ceux qui sont dans la rue aujourd’hui sont ceux qui ont osé aller dans la rue dans un entre-deux-tours aux couleurs de matins bruns. Ceux-ci n’ont jamais rêvé cet élan comme un marché de dupes. Il n’y a pas de grands boulevards pour une certaine école de la bonne
cause et de mauvaises rues pour l’école publique et laïque.
Si la rue gronde, c’est aussi que les discriminations sociales exacerbent les souffrances des plus précaires en particulier. La rue gronde aussi quand on attaque le temps de vivre pour soi et avec les autres au travail mais aussi dans le quartier, dans le centre social, dans la maison des associations.
Bien sûr, tout le monde ne gronde pas. La tendance est aussi aux replis, replis sur son âge, sur son sexe, sur sa religion, sur son territoire, sur toutes ses dépendances.
Or la vie est ailleurs, le changement aussi. Tous deux requièrent des citoyens actifs capables de réfléchir sur leurs conditions de vie, capables de s’associer, capables de solidarités intergénérationnelles durables.
Des citoyens capables de réflexion et de solidarité grandissent et se forment dans l’école de tous, qui reste encore à inventer, une école-force laïque tournée vers l’émancipation et non l’exclusion. Qui peut affirmer que plus rien n’est à faire ?
Des citoyens capables de participer et de contribuer à un vivre ensemble ont besoin pour un temps encore d’un État qui assure les justes régulations des forces destructrices à l’œuvre dans un monde de compétition et de productivité toujours poussées. Qui peut affirmer que les garanties ont été données sur les enjeux de la décentralisation ?
Des citoyens capables de demeurer solidaires et libres ont besoin d’organisations collectives aptes à dépasser l’intérêt particulier pour l’intérêt général et l’utilité publique. Qui peut affirmer que la marchandisation des services publics ne renforce pas l’intérêt particulier ?
Les citoyens, jeunes et adultes, ont besoin d’espaces sociaux où d’autres apprentissages sont possibles, où des savoirs acquis ailleurs trouvent un sens et une nouvelle utilité sociale. La vie associative est l’un de ces espaces privilégiés par tous, jeunes et adultes. Qui peut affirmer que celle-ci est reconnue, respectée et valorisée quand quelques-uns s’emploient à l’assassiner dans la presse et ailleurs.

À l’heure d’une décentralisation en marche, l’État a des responsabilités à assumer quant à l’égalité de traitement sur les grandes politiques comme celles de la jeunesse et l’éducation.

À l’heure où se repense la loi sur la délinquance des mineurs, où va s’ouvrir le débat sur cette école qui ne gagnera rien à la querelle entre ceux qui l’aiment et ceux qui ne la détestent pas, où se cherche un nouveau souffle pour une vraie politique de jeunesse en France et en Europe, où la conférence sur l’adolescence sera installée, le monde associatif organisé est prêt à assumer ses responsabilités. Il est prêt à agir. Sera-t-il largement et ouvertement invité ? Sera-t-il entendu ?
Depuis quelques mois, ce sont d’intolérables incertitudes politiques et pratiques qui pèsent sur le monde associatif. Elles le menacent dans son existence. Sa capacité d’agir et de contribuer à la réflexion collective sur les problèmes qui nous concernent tous commence à être entravée.
Quand on agit pour l’éducation de tous, il ne s’agit pas de bloquer la société, il s’agit de la mettre en marche mais pas sans savoir vers où elle va et vers où nous choisissons ensemble de la faire aller.
Le fatalisme ne saurait être notre horizon. Si l’éducation demeure notre moyen d’action, notre visée est une transformation sociale. Elle requiert d’autres forces vives avec lesquelles se mobiliser. Il faut continuer dans ce sens.
Il nous reste aussi à rêver un nouveau militantisme éducatif. Nous ne le ferons pas seuls. Nous l’inventerons avec tous ceux qui ne veulent et ne peuvent pas considérer que tout cela, c’est-à-dire leur vie au quotidien, ne les concerne plus.

C’est sur ces bases claires que notre mouvement d’éducation doit participer au grand débat de société.

C’est sur ces bases claires que notre mouvement d’éducation doit agir et lancer un appel pour que le plus grand nombre nous rejoignent.

Jacques Demeulier, directeur général des Ceméa



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  • Jacques Demeulier

  • 31/05/2003
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