Article paru dans le quotidien Paris-Normandie du 06 décembre 2012
Festival du film d’éducation d’Evreux : L’éducation sur grand écran


FESTIVAL. Les collégiens de Pablo-Neruda et Georges-Politzer ont assisté à la projection
du documentaire « Enfants forçats » de Hubert Dubois. La défenseure des enfants était présente.


Le festival du film d’éducation
d’Evreux s’est ouvert sur un
documentaire poignant d’Hubert
Dubois
, Enfants forçats, sur
l’esclavage d’enfants en Inde, en
Afrique, en République Dominicaine
et aux Etats-Unis. Pour
cette première séance, la salle du
cinéma Pathé était remplie de collégiens
des établissements de
Pabo-Neruda et Georges-Politzer.
Pour faire ce film, le réalisateur
est retourné sur les lieux de L’enfance
enchaînée, un documentaire
réalisé vingt ans plus tôt, afin
de retrouver la trace d’anciens enfants
esclaves et de rendre compte
de la situation actuelle du travail
des enfants dans ces pays.

 Des enfants exploités

Les images choc défilent dans ce
film. Des enfants las, aux yeux
cernés, portant sur leur visage
une tristesse infinie. Des enfants
qui vivent dans des conditions effroyables
sur des sites dangereux.
Leurs regards interpellent. On y
décèle la crainte de l’Homme.
Les réseaux mafieux puisent leur
matière première dans le terreau
de la pauvreté, l’inculture, les catastrophes
naturelles. Ils font miroiter
aux familles une situation
meilleure, une éducation. Ici, « la
valeur d’un enfant se mesure à sa
force de travail », dit le commentaire.
Tous les secteurs d’activités
sont concernés : culture, bâtiment,
bijouterie, tissage, verrerie,
peausserie, minerais, etc. L’enquête
signale que « 215 M d’enfants
de 5 à 17 ans sont exploités
dans le monde, dont 115 M sounds
aux pires formes de travail
 ».
Heureusement, une organisation
militante des droits de l’enfant
existe. Présidée par Kailash Satyarthi,
elle n’hésite pas à prendre
des risques pour accumuler
des preuves de cet esclavage, libérer
ces enfants et les réinsérer.« La justice ne se décrète pas, elle
se gagne
 », plaide le film.

 Faire bouger les choses

Le 20 novembre, le défenseur
des droits, Dominique Baudis,
et la défenseure des enfants,
Marie Derain, ont remis
un rapport intitulé « Enfants
et écrans : grandir dans le
monde numérique » au président
de la République et au
Premier ministre, à l’occasion
de la Journée internationale
des droits de l’enfant.
« C’est un sujet d’importance »,
estime Marie Derain. Sujet
qui a été choisi en réponse
aux interrogations des parents,
pour sensibiliser aux
risques, dans l’intérêt de l’enfant
ou encore pour les enjeux
pédagogiques.
Ce rapport formule dix propositions.
Il dresse un « état
de la consommation des écrans
par les enfants
 » et « un état du
droit et des systèmes de protection

 » à deux volets, l’un sur
« la protection des données personnelles
et du droit à l’oubli et
de l’exploitation commerciale des
données
 », l’autre sur « celle des
tout-petits
 » (incidence des
écrans sur le développement
moteur).
La mise en place d’un « système
de coordination de tous les
acteurs du contrôle et de la protection

 » débouchera sur une
plateforme où tous les professionnels
se rencontreront
y compris net-entrepreneurs,
politiques, etc.

Une ministre au Festival

Elle n’a que le mot « plaisir » à la
bouche. George Pau-Langevin, ministre
déléguée chargée de la
Réussite éducative, n’a pas caché
son « plaisir » d’être présente,
mardi soir, pour linauguration du
huitième Festival du film d’éducation
qui se tient jusqu’à samedi
au cinéma Pathé.
Le « plaisir » aussi de découvrir
Evreux, ville administrée par Michel
Champredon qu’elle connaît
bien pour avoir travaillé à ses côtés
au cabinet de Bertrand Delanoë.
Le « plaisir » également de venir à
l’invitation des Cemea (Centres
d’entraînement aux méthodes
d’éducation active). « Je connaissais
cette association et son travail
important pour développer
une conscience citoyenne et son
rôle éducatif au côté des enseignants

 ». « Nous devons entrer le
poids des images, des films et
même des réseaux sociaux et Internet,
déclare la ministre. Lin festival
comme celui-là incite à la réflexion
notamment sur des sujets
graves.
 »
George Pau-Langevin, qui est le
premier ministre du gouvernement
Ayrault à venir à Evreux, a
par ailleurs fait le parallèle entre le
« projet ambitieux » des Cemea et
la « démarche ambitieuse » du
Gouvernement dans la « refondation
de l’école » : « l’école ne peut
plus tout faire toute seule. On a
besoin d’une cohérence entre les
différents acteurs ».

 Paroles de collégiens

C’est par une salve d’applaudissements
que les collégiens ont
salué la fin du film « Enfants forçats
 » et le courage des enfants.

Quèlques élèves nous ont fait
part de leurs impressions.
Pour Léa et Elisabeth, du collège
Georges-Politzer, le film leur a
ouvert les yeux : « On jette l’argent
par les fenêtres alors qu ’ils
en ont tant besoin
 ». Elisabeth
ajoute : « Je n’avais pas conscience
de la gravité des choses
 ».
Si Julia et Maxime avaient entendu
parler de cette forme d’esclavagisme,
Julia estime que « c’est
bien d’en parler
 », tandis que
Maxime avoue qu’il pensait
« que ça n’existait plus ».
Pierre Junior ne pensait pas qu’il
existait de pareilles atrocités.
 » Ca va changer ma vision du
monde
 », déclare-t-il.
Majda a été choquée par les images
 : « Je ne savais pas qu’en
achetant des articles, je contribuais
à ça. Ca va changer ma manière
de voir
 ».
Sofia se méfiera des étiquettes
sur les vêtements ou des mentions
trompeuses sur les sites qui
prétendent ne pas faire travailler
d’enfants.
Thomas a vécu ce film comme
une ouverture sur le monde. Il
dit que l’« accès à l’éducation
est une chance
 ».
Elise a apprécié de pouvoir débattre
avec le réalisateur et la
défenseure des enfants.
Peut-on lutter contre ça ? « Oui,
répond Elisabeth. En limitant le
gaspillage et en travaillant pour
aider les autres.
 »
Pour Maxime, c’est non. « Quand
mes parents achètent, ils ne font
pas attention à ça
 », dit-il.
En étant désormais informée,
Julia estime qu’elle saura «  adapter
le bon comportement
 ».



2012-12-06 1620@PARIS_NORMANDIE
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