Reconsidérer la culture comme essentielle à la vie sociale, rempart contre les obscurantismes et dimension fondamentale de la démocratie

Les CEMEA s’inquiètent des conséquences de la fermeture prolongée des musées, des théâtres, des salles de concert, des cinémas, et en tant que mouvement d’éducation populaire, les CEMEA sont solidaires avec la lutte des artistes, des intermittents, des lieux de création et de diffusion et des festivals.

Les CEMEA affirment que la création artistique est une nécessité dans un pays comme la France qui revendique la promotion de la démocratie et des droits humains fondamentaux. Et c’est aujourd’hui un besoin urgent, de reconsidérer la culture comme essentielle à la vie sociale, rempart contre les obscurantismes et dimension fondamentale de la vie démocratique.

Dans le contexte de crise que rencontre le monde de la culture, les CEMEA tiennent à rappeler entre autres :
• Le caractère fondamental de l’expérience artistique dans le développement de toute personne, la relation aux autres et la possibilité de contribuer à la construction d’une culture commune ;
• L’importance politique de chaque évènement culturel, de chaque représentation d’une forme artistique, en ce qu’ils permettent la constitution d’un collectif, de toucher des spectateurs en s’adressant à chacun en tant que sujet, d’éveiller son imaginaire, de réveiller son esprit critique, sa conscience politique, son sens esthétique ;
• L’importance de garantir une vitalité culturelle dans les environnements de vie pour continuer de faire vivre, d’incarner des principes politiques pour une société plus juste, plus égalitaire, plus humaniste.

Dans un contexte de crise de sens et de perspectives communes dans notre pays, en Europe et dans le monde, les CEMEA proclament l’urgence de maintenir et développer du lien social.
La fermeture des lieux culturels, des espaces sociaux où peuvent avoir lieu des pratiques artistiques et culturelles met en péril la cohérence et la cohésion de notre société parce qu’elle est vécue comme une asphyxie de la parole des artistes, mais aussi comme un arrêt de l’activité de spectateurs pour les habitants. Elle ôte cette possibilité de rencontres et de confrontation entre citoyens.

Les choix politiques de lutte contre la propagation du virus ont conduit à l’impossibilité de vivre des expériences vivantes et collectives. Autour de la création, de la diffusion, ce sont des actes de prises de parole, d’adresse, de partage et de possibilité de rencontres qui disparaissent. Le risque est grand de voir les fractures identitaires, sociales, culturelles s’ouvrir en empêchant la rencontre et ce qu’elle peut générer, à savoir la possibilité de voir le monde autrement, d’envisager et d’imaginer un avenir où chacun peut agir et contribuer.

Pour assurer une continuité éducative culturelle avec le milieu scolaire, avec les temps de loisirs, pour retisser du lien social et sortir de l’isolement et prendre en compte les risques psychologiques, pour continuer à soutenir la création artistique, les lieux de création, de diffusion, les festivals…

Les CEMEA appellent en urgence à :
• Trouver et inventer des formes d’ouvertures des lieux culturels et sociaux en cette période de crise pour donner des possibilités même minimes de rencontres avec des spectacles, mais aussi et surtout, pour permettre des rencontres entre des personnes autour de ces propositions artistiques ;
• Remettre en route un minimum d’activités pour que se maintiennent des rencontres de proximité, des rencontres intergénérationnelles, des rencontres découvertes ;

Les CEMEA demandent aussi que soient réfléchies au plus vite des mesures :
• Qui permettent d’inventer des espaces et des temps pour répondre aux besoins humains fondamentaux d’expression sur ce que nous traversons, de symbolisation, de représentation du monde ;
• Qui préparent la relance des activités culturelles et artistiques, dès que cela sera possible, avec les moyens techniques et financiers pour que les propositions artistiques puissent être présentées dans le maximum d’espaces et lieux des villes et campagnes ;
• Qui soutiennent les équipes artistiques et les équipes du secteur social pour mettre en place des projets ambitieux au niveau des pratiques culturelles et pratiques artistiques dès que s’amorcera un retour vers une vie normale ;
• Qui tirent profit de cette expérience de crise pour organiser un débat national sur la place de la création artistique en France, le sens de l’art dans notre société.

Les CEMEA, mouvement pédagogique référencé à l’éducation nouvelle, se sont construits et ont développé leur action éducative depuis plus de 80 ans en lien étroit avec les courants culturels et sociaux les plus émancipateurs de notre société. Ainsi, la création artistique, le pro-grès scientifique et les luttes sociales constituent les trois grandes sources qui ont nourri et forgé l’identité des CEMEA et inscrivent son action dans le projet politique d’une éducation populaire.

Contacts : Benjamin DUBREUIL – Jean-Baptiste CLERICO
secretariat.general cemea.asso.fr


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