Article paru le samedi 18 août 2012 Site Internet Ouest France
Au Bafa, une autre image de la Palestine

Dans le cadre d’un échange avec le Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active), trois jeunes Palestiniens viennent se former à la vidéo et partager leur quotidien auprès des animateurs français.

Dans la salle multimédia du lycée Briacé d’Ancenis (Loire-Atlantique), un dictionnaire franco-anglais est retourné sur une revue de photographies. Autour, des caméras, appareils photos et ordinateurs. Abu Baden, 26 ans, Abu Eyad, 27 ans et Mohammed, 22 ans y suivent une formation vidéo encadrée par Thomas, formateur du Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active). « Nous venons apprendre et transmettre, insiste l’un d’eux dans un très bon anglais. Il est important de donner une autre image de notre pays à travers nos témoignages, mais également des vidéos ou reportages que nous pourrons faire sur place. »

Arrivés à Ancenis (Loire-Atlantique) il y a quelques jours, les trois Palestiniens commencent leur séjour par une semaine de formation, en parallèle d’un stage d’animation Bafa. Ensuite, ils visiteront des centres de loisirs français, avant de devenir à leur tour formateur, fin août, dans le cadre d’un stage de perfectionnement Bafa.

Tous trois sont volontaires au centre Naseej, qui propose avant tout des activités culturelles aux jeunes des camps de réfugiés. C’est au sein de l’école et de cette organisation de Naplouse, en Cisjordanie, qu’ils ont appris l’anglais auprès de volontaires internationaux. Aller au-delà de l’image médiatique de la Palestine en France, c’est ce que tentent de véhiculer ces trois jeunes volontaires. « Il y a des mots que nous avons en Palestine et qui ne trouvent pas leur équivalent en français, insiste Abu Eyad. Comme le check point qui symbolise l’absence de liberté davantage que le simple contrôle policier. »

Aller voir la mer

Mohammed est déjà venu plusieurs fois en France. D’abord lors d’un échange de jeunes à Saint-Nazaire, puis dans le cadre d’un service volontaire européen à Nantes. « Nous avons obtenu le visa seulement trois jours avant le début du séjour », précise-t-il. Et Clémentine, chargée des échanges franco-palestiniens au sein du Ceméa de préciser : « Auparavant, nous devions envoyer une lettre d’invitation deux semaines avant le séjour. Maintenant, il faut le faire deux mois avant. Le prix des billets de dernière minute est beaucoup plus cher. »

Autre obstacle, aller chercher le visa à Jérusalem, où ils ne peuvent pas se rendre. « Nous avons demandé à une volontaire française de faire le lien pour les documents », mentionne Mohammed en rappelant que la première fois qu’il a vu la mer, c’était à Saint-Nazaire. « Quand les jeunes viennent ici, ils veulent tout de suite aller à la mer, se baigner... Ils se sentent libres. »

Abu Baden insiste : « Nous expliquons aux jeunes qu’ils ne doivent pas se faire une image idyllique de la France. Il y a également des gens à la rue. En Palestine, les volontaires apprécient souvent l’accueil et la facilité à rencontrer du monde. Ce qui n’est pas toujours le cas en France. Il y a du positif dans chaque pays. »

Une quarantaine de jeunes Ligériens partiront à leur tour cette année en Palestine dans le cadre des échanges avec le Ceméa.

L’article sur www.jactiv.ouest-france.fr/


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