Paru dans le Quotidien La République du Centre du 19 mai 2014
Réparation pénale : Une alternative aux poursuites
Mylène Jourdan

Le service de réparation pénale, animé par l’Aidaphi, a testé, l’année dernière, la prise en charge collective de la réparation pénale, via des ateliers. Retours positifs.

Le monde est un théâtre », disait Shakespeare. C’est en partant de ce principe que Bastien Genest, juriste spécialiste en droit social, s’est investi dans l’un des trois ateliers collectifs, expérimentés dans le cadre de la mesure de réparation pénale(lire ci-contre), destinée aux mineurs ayant commis une infraction. Un travail mené, jusqu’à présent, au cas par cas.

« S’interroger sur les conséquences de ses actes »

Réparation, violence, choix. Ces trois vocables, l’équipe de trois comédiennes, accompagnées du juriste, a demandé à une trentaine de jeunes ayant commis des vols, rackets, dégradations, de les définir. Avec des approches différentes. Le but étant qu’ils « s’interrogent sur les conséquences de leurs actes ». Responsabiliser sans faire la morale. Les comédiennes « les laissaient acteurs, libres de faire leurs propres choix ». « Au théâtre, on peut se permettre par le jeu, on peut se tromper, recommencer, faire autrement », développe Élisabeth Médina responsable du Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Cemea), en charge de l’atelier. Les jeunes, ont, par exemple, joué le jeu du passage de la guerre à la paix. En renfort, Bastien Genest glissait des notions juridiques. L’exercice semblait délicat.

Au final, « même s’ils ne faisaient pas preuve d’un grand enthousiasme en début de journée », indique Sophine Chavanne, assistante sociale, les jeunes sont ressortis changés. « L’un d’entre eux, qui subissait des discriminations, a compris que la loi pouvait être de son côté, aussi », poursuit Bastien Genest. Cette loi, il a fini par l’accepter dans son ensemble.


Pas de récidive

Deux autres types d’ateliers ont été programmés, pour sensibiliser les jeunes en matière de sécurité routière et de stupéfiants.

Les résultats sont encourageants. « Le taux de récidive est résiduel », constate Anne - Valérie Lablanche, susbtitut au parquet des mineurs. L’Aidaphi espère que l’initiative sera reconduite, si les finances suivent, de la part de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la préfecture.


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