||novembre 2003
DOSSIER
Présentation du dossier Violence et éducation
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Au cours des dix dernières années, la délinquance des jeunes est devenue un objet central du débat public, au point même d’avoir supplanté lors des dernières élections nationales la question du chômage. Les années quatre vingt-dix ont été marquées par le durcissement régulier des discours sur la sécurité. Actuellement qu’en est-il ?

Stigmatisation dangereuse des jeunes de banlieues
La présentation chaque année, et maintenant chaque mois, des statistiques de la délinquance en France ou bien la médiatisation d’un acte de violence grave sont des événements qui amènent des responsables politiques à dramatiser les phénomènes de violence des jeunes des quartiers disqualifiés. Ainsi les jeunes de banlieues, principalement ceux issus de l’immigration, font peur ; ils seraient « de plus en plus violents » et deviendraient délinquants « de plus en plus tôt » ; il leur est imputé la responsabilité de « l’insécurité » dans laquelle la France sombrerait.
Si danger il y a, c’est plutôt celui d’une stigmatisation injuste de l’ensemble de la jeunesse des quartiers populaires à partir des agissements d’une partie de celle-ci, et celui d’une ignorance de la majorité des jeunes de leurs aspirations, de leurs désirs et de leurs réalisations. Si danger il y a encore c’est celui de la surenchère électoraliste et médiatique du thème de l’insécurité et les risques de dérapages consécutifs des peurs suscitées.
Pourtant, l’analyse rigoureuse des faits invalide ces logiques sécuritaires. La première partie de ce dossier s’attache à montrer qu’il n’existe pas une montée des crimes commis par les jeunes mais que ce sont les violences d’attitudes qui augmentent le plus dans la société comme dans les institutions éducatives. Ces violences d’attitudes ne sont pas la conséquence d’une absence de repères, d’une déviance ou d’une contestation des normes sociétales mais bien la réponse réactive, identitaire et conformiste des jeunes des cités reléguées à l’humiliation vécue. La recherche du respect, la défense de leur honneur et de leur réputation conduisent certains jeunes de cités à recourir à des rapports de domination et d’apparence.
André Sirota analyse dans ce numéro les comporterments et attitudes d’enfants et de jeunes, entrés en guerre dans l’école et contre l’école et le savoir.

Oser l’éducatif
Le développement de ces micros-violences relève prioritairement d’une action éducative et nécessite une meilleure protection et considération à l’égard des jeunes de cités reléguées qui en sont les principaux auteurs mais aussi les principales victimes. Le discours sécuritaire nourrit un sentiment de peur à l’encontre de la jeunesse.
Il nous ferait oublier qu’il s’agit d’enfants, d’adolescents, pour lesquels nous devons avoir une ambition éducative *. Et l’éducatif ça marche ! Agir et favoriser l’agir en se tenant à égale distance du catastrophisme (hors de la répression et de l’autorité imposée, point de salut !) et de l’angélisme (« tout va bien ») qui sont deux prétextes à l’inaction... Actifs dans l’éducatif c’est-à-dire des situations que les adultes pensent, construisent, aménagent et dans lesquelles ils « permettent » aux jeunes d’agir pour se construire et construire leur rapport au monde... C’est éduquer au vivre ensemble. La deuxième partie du dossier invite à partager ce parti-pris éducatif.

Soutenir les acteurs éducatifs
Les situations de violence articulent des histoires individuelles avec des environnements socio-économiques en pleine mutation. Une telle complexité nécessite une action globale sur les structures sociales et auprès des personnes ; l’acquisition d’outils permettant l’élucidation et la compréhension des situations. Cette recherche est déjà engagée à l’échelle européenne comme en témoignent les récents travaux de l’association Euro-jeunesse 2000. Les personnels éducatifs ont donc besoin d’être particulièrement soutenus dans leur mission éducative difficile. Mais plusieurs freins viennent empêcher ou réduire l’action des professionnels et des populations. Le premier frein ou plutôt le premier ressort manquant se situe au niveau politique ; il faut un discours politique fort auquel pourraient s’adosser les réponses des professionnels et l’action des populations. Ce discours doit affirmer une volonté de combattre les inégalités et le racisme, lutter contre l’échec scolaire, ouvrir de réelles perspectives d’avenir pour tous les jeunes.

André Falcucci et Philippe Lebailly



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  • 31/10/2003
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