||29 octobre 2008
ACTUALITE
Des combats éducatifs pour une Europe sociale
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Pour une Europe de l’Education sans langue de bois !

Interview de Babette Nieder directrice de la Maison de l’Europe à Paris, auteur de L’Europe par l’école ...éditions Eska coll vie pratique 2006.
et de Nathalie Guégnard responsable du secteur Europe au sein du département des relations européennes et internationales des Cemea.

La Maison de l’Europe de Paris est une association créée en 1956, à l’initiative d’André François Poncet, célèbre Ambassadeur de France à Berlin à l’entre deux guerres.
L’idée au départ était de créer un lieu de rencontres entre quelques experts engagés autour de questions européennes. Puis la mission de la Maison de l’Europe a évolué avec le changement de projet européen. Depuis 2004, la maison de l’Europe , dirigée par Catherine Lalumière (également présidente des ME en France), a désormais pour vocation de s’adresser à tous les citoyens ; elle joue un rôle catalyseur de réflexion, pour faciliter l’accès de tous aux informations sur les multiples questions qui concernent l’Europe, au delà des seuls initiés.
La ME intervient à 3 niveaux : informations et formations, débats et actions.
Elle veut être aujourd’hui un lieu de débat et d’information qui permet la rencontre entre les « initiés » et les citoyens. La Maison de l’Europe abrite un « Relais Europe direct » soutenu par la Commission européenne qui s’adresse en priorité aux jeunes, aux animateurs et aux enseignants. Les informations concernent donc pas seulement les programmes de la Commission européenne, mais aussi les programmes de mobilité de l’OFAJ, des Collectivités locales etc. Elle informe également sur les événements européens en région parisienne. Le Relais est également partenaire du Conseil de l’Europe sur les droits des minorités et la diversité culturelle.
Les actions de la ME s’adressent à des nouveaux publics, il s’agit de transmettre par des formations aux enseignants, aux animateurs, travailleurs sociaux, syndicalistes, un socle de connaissances nécessaire pour leur permettre de prendre part aux enjeux européens, trop souvent investi par la seule économie privée . S’ajoutent à ces actions des manifestations grand public telles que notre présence au Salon de l’éducation , à la journée de l’Europe le 9 mai sur le parvis de l’hôtel de ville, un partenariat avec la chaine Arte sur la nuit Blanche et avec le Mouvement européen pour les Journées du patrimoine ; pour rendre toujours plus accessible l’Europe aux citoyens.
Ces actions ont une double fonction : rendre service à la population de l’Ile de France et développer des prototypes, applicables ailleurs en Europe – à commencer par les autres Maisons de l’Europe.
Une ME existe dans 28 villes françaises et il y en a dans 60 autres villes européennes, chacune avec son originalité. Ainsi il va s’en créer une prochainement à Sarajevo.
C’est un concept souple d’association qui fonctionne grâce au soutien des collectivités et des institutions européennes.

VEN : En quoi le fait que la France assure actuellement la présidence de l’union européenne constitue-il une opportunité pour faire entendre des valeurs d’éducabilité, et avancer des préoccupations éducatives ?

Nathalie Guégnard :
Un enjeu important, aujourd’hui pour notre mouvement d’éducation nouvelle est, avec d’autres partenaires, de promouvoir le débat européen et d’influencer sur des orientations et des avancées éducatives et sociales. Les Ceméa ont à réaffirmer avant, pendant cette présidence française et après, leurs positionnements pour une Europe sociale. Il est de leur rôle de proposer des alternatives à des enjeux de société, tel que promouvoir une mobilité émancipatrice pour un projet de société basé sur des valeurs humanistes. Le quotidien des citoyens se trouve de plus en plus influencé par l’environnement européen et à tous les niveaux institutionnels. Il y a aussi l’influence médiatique de la société civile, qui fait que l’Europe n’est plus dehors, ne nous est plus extérieure, nous sommes complètement dedans. Il nous faut donc donner les moyens aux jeunes et adultes avec qui nous travaillons, de connaître cet environnement et de pouvoir agir dessus. Il est primordial de s’allier avec d’autres acteurs éducatifs et sociaux, de proposer des orientations, des alternatives, pour que cet espace géo-politique européen, qui n’exclut en rien la mondialisation, soit un vrai projet politique porté par les citoyens et non une Europe des programmes et de la technicité !

B Nieder :
Cette présidence est une opportunité médiatisée pour permettre aux gens de prendre conscience de l’existence de l’Europe. Nous constatons une demande accrue d’informations.
Plus spécifiquement , par rapport au programme de la présidence française, la ME essaie d’intervenir sur quelques points . Il y a d’abord l’axe des programmes d’éducation et de mobilité qui sont loin d’être tranchés ; il faut renforcer les formules, augmenter les crédits et équilibrer leur accès pour permettre à plus de jeunes de participer non seulement à Erasmus - réservé aux étudiants - mais aussi au Service volontaire européen accessible à tous.
D’autre part, sur les avis du comité économique et social européen, la ME suit en particulier les projets sur les politiques sociales et sur la communication de l’Europe. A ce sujet il y a besoin d’organiser les connaissances de base, et de préciser un projet d’éducation à communiquer. Le Comité économique et social européen discute en ce moment un avis sur la communication à la demande de la présidence francaise : Le thème fort de cet avis est la demande d’un socle commun de connaissances sur l’Europe.

Autre point concernant le projet de l’Union pour la Méditerranée, la ME mène des débats avec les associations engagées dans des projets euroméditerranéens, les acteurs de Bruxelles, les ONG autour du bilan du Processus de Barcelone et du projet de l’Union pour la Méditerranée. Un partenariat a été conclu entre la maison de l’Europe et Coordination Sud, plate forme d’Ong-s oeuvrant pour la solidarité internationale et l’éducation au développement. Les Ceméa en font d’ailleurs partie comme représentants du CNAJEP au sein de Coordination Sud.
Parmi les autres enjeux traités lors de cette présidence, on peut gagner une visibilité plus grande et un peu plus d’influence sur les questions d’énergie, de développement durable, de solidarité qui sont aussi des enjeux de société.

VEN:L’analyse de leur implication en Europe a conduit les cemea à définir trois niveaux d’enjeux complémentaires, l’éducation à l’europe, l’éducation en europe, l’éducation européenne, c’est-à-dire ?

Mettant au cœur de leurs actions et réflexions la citoyenneté européenne active, les Ceméa souhaitent par les formations et les outils pédagogiques qu’ils conçoivent, renforcer plus spécifiquement leur travail sur trois enjeux d’aujourd’hui pour la jeunesse et la société civile en Europe :

_. Education à l’Europe : Connaissance du projet politique de l’Europe en tant que citoyen, connaissance mutuelle des différentes socialisations des jeunes, découverte des histoires et des langues d’Europe, etc.

_. Education en Europe : Travail sur la reconnaissance de l’éducation non formelle, l’accès et le droit à la mobilité, etc.
_. Education Européenne. : Actions individuelles et collectives communes entre jeunes et acteurs éducatifs de différents pays européens.

N Guégnard :
Nous mesurons la nécessité en effet de définir ce que recouvrent ces trois niveaux d’enjeux.
Eduquer à l’Europe. Tout d’abord, précisons de quelle Europe parlons nous ? Une Europe de l’Union Européenne, une Europe comme espace géo politique, ou bien une Europe dans le monde, avec un projet de société basé sur le dialogue civil européen ? Vers quelle Europe souhaitons nous tendre et éduquer, en tant que mouvement d’éducation ? Eduquer à l’Europe, c’est éduquer à une « Europe sociale dans le monde »et pour un projet de société où « l’humanisme du divers » prime !
Le travail qui se fait dans chaque système éducatif de chaque pays n’implique pas les autres pays. La diversité des histoires, des langues et des différents fonctionnements sociaux ne sont pas assez pris en compte.
Il est important aujourd’hui de connaître cet environnement qui n’est plus seulement local ni national mais aussi européen et mondial. L’ici et l’ailleurs s’entrecroisent continuellement. Apprendre à connaître, à appréhender le milieu qui nous entoure pour mieux y agir et le transformer est un principe d’éducation nouvelle que nous devons continuer à réaffirmer et mettre en pratique à l’école et dans les structures extra-scolaires. Sensibiliser les enfants et les jeunes à une connaissance de l’Europe, basée sur de la connaissance mutuelle et sur les histoires, les langues, les littératures, etc. des différents pays en Europe et au-delà : c’est favoriser l’éveil à la curiosité de l’autre, à la construction d’un projet de socièté et permettre d’éviter le raccourci sur une Europe technique. En ce sens la BD « Hanna et Cloé » a été un des projets qui a permis de renforcer cette dimension d’échange et de connaissance mutuelle sur les différents parcours et espaces de socialisation entre la France et l’Allemagne.

L’Education en Europe :il s’agit d’une lutte commune avec d’autres partenaires européens autour d’enjeux éducatifs. Pour exemple, l’engagement des Cemea, avec d’autres partenaires éducatifs européens, pour faire avancer la reconnaissance institutionnelle de l’éducation non formelle dans les enjeux éducatifs , en complémentarité de l’éducation formelle comme un service public d’éducation.

L’éducation européenne , c’est l’action ! Que le projet soit individuel ou collectif, pour de l’innovation commune avec des partenaires à partir de leurs pratiques et de leurs valeurs. l’éducation européenne pose la question de la création et de l’innovation commune, de l’invention de nouvelles formes de pensées par les regards croisés, par les formes d’accueil, de départ et de rencontres.
Cela peut prendre plusieurs formes : l’accompagnement au départ de volontaires européens dans un autre pays, une recherche action menée avec des partenaires italiens, espagnols tchèques sur un cadre commun à l’animation volontaire en europe, cela peut être un accueil de collègue allemande venue revisiter nos propres pratiques et innover avec nous.
4 conditions sont indispensables à de l’innovation commune:la préparation de toute action à son départ, à l’accueil et à la rencontre ; le rapport à la langue et la communication interculturelle ; le travail en équipe internationale ; un travail sur les representations et les préjugés.

VEN:comment s’articulent ces trois niveaux d’enjeux ?

B Nieder :
Aujourd’hui, ces trois niveaux fonctionnent chacun isolément, or pour que ça marche il faut les trois dimensions ensemble.
Pour traiter de l’Education à l’Europe, c’est à dire pour se sentir citoyen européen en appui sur un socle de connaissances commun de l’Europe, nous disposons des livres d’histoire, des livres sur les valeurs, sur la dimension culturelle, sur ce qui fait l’unité de l’Europe dans sa diversité, mais nous manquons d’une synthèse abordable par les enfants de toute l’Europe.

L’éducation en europe, elle, est plus développée parce qu’elle peut bénéficier d’espaces de rencontres et de débats entre acteurs de l’éducation, créés par la commission européenne. Des études comparatives sur les systèmes scolaires sont produits, il existe des réseaux d’échanges ; ce travail s’inscrit surtout dans une logique de compétition pour savoir par exemple quel système d’enseignement est le plus performant, alors qu’il me semble plus important à ce niveau de se mettre d’accord sur un socle d’enseignements fondamentaux à avoir en commun.

Quant à l’éducation européenne, il s’agit de faciliter l’accès à la mobilité, à commencer par les universités européennes. Au moyen âge, il était normal pour un étudiant ou un professeur de passer de Prague à la Sorbonne, d’Oxford à Salamanque. Pour rendre ce système accessible, il existe maintenant une reconnaissance commune des unités de valeurs par les différentes universités, mais rien n’est fait pour faciliter la mobilité des enseignants, sans parler des autres lieux de savoir, de l’éducation informelle et de la formation professionnelle.

Au-delà des progrès nécessaires sur chacun de ces domaines, il faut créer une articulation entre ces trois dimensions du rapport de l’éducation à l’Europe. Dans le livre « l’Europe par l’école », que j’ai écrit avec Christine de Mazières, nous avons proposé d’établir dans toutes les écoles primaires l’enseignement de deux langues étrangères et de la diversité culturelle, avec la possibilité pour les élèves de pouvoir rencontrer un autre jeune européen ; et dans l’enseignement secondaire j’ai proposé d’instaurer un cours de civilisation européenne ou d’éducation civique enropéenne.
Autrement dit, se doter d’un projet commun qui aborde la diversité culturelle dans le primaire et le sens commun du projet dans le secondaire. La mise en commun des ressources, avec un véritable échange entre enseignants, dans le primaire pour l’apprentissage des langues et dans le secondaire pour un enseignement commun à toute l’Europe sur la civilisation européenne, constituerait un changement qualitatif considérable avec des répercussions non seulement sur les projets pilotes d’éducation formelle mais aussi dans le champ de l’éducation non formelle.

N Guegnard :
Deux éléments me paraissent importants à rajouter sur ce qui motive une éducation à l’europe.
Le premier est de connaître cette europe politique et non pas cette europe technique ; or souvent on constate que dans la rencontre avec les acteurs éducatifs, pour nommer les actions on ne dit plus faire un projet avec tel partenaire sur tel enjeu, mais faire un projet européen jeunesse, faire un SVE. L’enjeu est de transformer cette technicité qui s’est installée dans les pratiques et de transformer le programme en projet, de revenir sur le sens de ces actions de ces rencontres. C’est là un enjeu fort de travail sur le projet politique et de lutte contre le danger d’une europe technique, avec d’un côté, un cercle d’européens convaincus qui font leur programme entre eux et de l’autre, des mouvements d’éducation avec leurs réseaux...
Le deuxième est la nécessité d’une approche basée sur la connaissance mutuelle. A propos des études comparatives dont il a été question, je pense que l’approche comparative n’est pas suffisante, il nous faut être aussi sur une approche de connaissances mutuelles de l’histoire des pays, de leurs fonctionnements sociaux, des religions en tant que pratiques sociales, mais aussi de l’architecture, des rapports espace/temps etc, il nous faut nous appuyer sur ce que B Nieder appelle un socle commun de connaissances si nous voulons pouvoir innover ensemble.

B Nieder :
Il me semble en effet important de mettre en évidence une meilleure connaissance de chaque pays mais aussi une meilleure connaissance de notre histoire commune.
Ce socle commun est effectivement très riche, mais nous en avons été écartés par une éducation nationale créé au 19è, au plus fort du nationalisme ; et il nous faut sortir aujourd’hui de cette vision étroite qui se retrouve également dans l’histoire de l’art, de la littérature etc.... pour valoriser ce que les européens ont en commun et pour montrer le potentiel créatif de l’échange interculturel. Nous devons également réfléchir à des valeurs communes ; y compris dans les expériences douloureuses, je pense à l’analyse de Hannah Arendt sur les totalitarismes. Nous devons considérer nos histoires non pas comme des histoires nationales mais comme une expérience commune, pour le meilleur et pour le pire, propre à l’Europe.

Ce sujet est d’une grande actualité, car nous vivons actuellement une période de renationalisation, nourrie par une certaine droite et une certaine gauche. La défense de valeurs communes comme nos traditions d’asile ou l’abolition de la peine de mort, héritage des lumières mis en œuvre après la barbarie nazie doit en permanence être réexpliqué.

La reconnaissance de la diversité dans l’unité a aussi une dimension intérieure, notamment à travers le développement du plurilinguisme, car les cultures et les idées sont indissociables des langues dans lesquelles elles s’expriment.

Au niveau économique et social, il est clair que des différences existent avec d’autres formes de capitalisme, si l’on compare la répartition du PIB en Europe et aux USA, la répartition des dépenses par les pouvoirs publics et par le privé n’est pas la même ; la notion d’intérêt général combinée à la liberté individuelle est une valeur européenne.

Il faut aussi rappeler aux citoyens qui n’en n’ont pas toujours conscience que le projet européen évolue dans un cadre d’’un état de droit. Nous nous plaignons du nombre de directives et de réglements européens. On peut discuter de l’opportunité de tel ou tel texte, mais il faut saluer le fait que les compromis politiques en Europe passent par des lois, transparentes et soumises au contrôle de juges et aux plaintes éventuelles des citoyens.

Nous devons montrer aux citoyens de quels moyens ils disposent au plan culturel et linguistique, et quelles connaissances communes indispensables ils doivent posséder, pour être ouverts aux autres. Le retour des nationalismes et d’actes de xénophobie viennent d’un déficit d’appartenance : Lorsque tous les Européens se sentiront bien chez eux, lorsque l’Europe sera leur « pays » au sens de « Heimat », ils seront plus tolérants et plus généreux pour accueillir des nouveaux Européens et pour échanger avec le monde extérieur.

N Guégnard :
Je souhaiterais ajouter qu’Eduquer à l’europe c’est aussi éduquer à un autre modèle de mondialisation que celui qu’on nous impose aujourd’hui comme unique.

Eduquer en Europe, c’est agir en réseau pour proposer une alternative à ce modèle. Le travail sur nos pratiques d’acteurs éducatifs est donc déterminant.

Par notre action de mouvements d’éducation regroupés au sein de collectifs et de plate-formes, nous avons pu aussi influencer pour que le Programme Européen Jeunesse en Action ait aujourd’hui une de ses actions consacrée à Jeunesse dans le monde, même si cela ne reste pas encore satisfaisant. Aujourd’hui, on ne peut pas penser les échanges seulement entre européens parce que les jeunes européens aujourd’hui sont aussi originaires d’Afrique et d’ailleurs.
Sur les enjeux d’éducation interculturelle, nous avons également tenu des journées d’étude sur l’interculturel enjeu de politique éducative( dont la revue a rendu compte)dont les actes ont été portés au niveau européen.

On peut citer également l’importance de l’éducation aux médias, qui se travaille localement dans chaque pays,puis qui fait l’objet ensuite de revendications partagées et portées à plusieurs auprès des institutions européennes.
Autres enjeux : la mobilité, partir accueillir rencontrer, cela s’apprend ! Mais veut-on une mobilité commerciale, ou un droit et une accessibilité pour tous ?La langue ! C’est la même question, est-ce qu’on reste sur un rapport techniciste, unique et étroitement utilitaire avec « l’anglais » ? Ou est- ce qu’on travaille pour que la langue soit un vecteur culturel pour découvrir l’autre, pour donner envie de parler d’autres langues, pour découvrir des mots intraduisibles, est-ce qu’on décide d’appréhender la langue comme espace de créativité et moyen pour changer de façon de penser ?

Sur l’articulation entre les 3 enjeux : « Education à l’Europe, Education en Europe et Education Européenne », je souhaiterai conclure sur les éléments suivants :

L’éducation à l’Europe, c’est apprendre à se connaître mutuellement, mais pour en faire quoi ? Si ce n’est pas pour s’allier en réseau, pour pratiquer ensemble, pour se rencontrer et échanger sur nos pratiques, pour les faire évoluer, pour transformer les comportements, pour porter des revendications, pour porter les enjeux éducatifs en Europe ? Mais cela encore pour quoi faire ? Pour être dans une éducation européenne, dans de l’action concrète directe avec des personnes. C’est l’exemple d’un jeune volontaire qui part vivre un volontariat d’un an, c’est l’accueil d’une travailleuse sociale allemande qui vient en France et qui va nous faire revisiter nos propres pratiques, nos mots et qui va ensuite nous mettre en relation avec sa structure et fédérer de nouveaux échanges autour d’enjeux communs.

Cette dimension de création commune et d’entraînement commun à de l’action commune sur des enjeux partagés est très importante. Une illustration de cette éducation est le projet d’action recherche sur la création d’un cadre commun à l’animation volontaire en europe ( co financé par le programme européen), mené par les cemea français avec les partenaires tchèques, italiens, espagnols...Cette recherche va permettre d’aller revendiquer au parlement européen une directive demandant une formation continue et une reconnaissance du volontariat éducatif. Les cemea de Piemont ont besoin par exemple de faire habiliter par l’état leur formation à l’animation volontaire. Ainsi à partir d’un cadre commun , ce type de démarche aura des incidences à la fois nationales et européennes comme la possibilité pour un animateur tchèque de venir encadrer des accueils de mineurs en france.

VEN :
Quelles perspectives ?

NG :
Chacun de notre place, la ME en terme de légitimité de l’europe, les cemea en terme d’enjeux educatifs, ont à travailler ensemble sur l’éducation et l’europe, pour une europe sociale, éducative solidaire, pour influer sur les institutions.
Une des perspectives fortes, dans le partenariat ME Cemea sera le développement de cycles de débats/formation sur divers enjeux éducatifs et sociaux, tels que la reconnaissance de l’education non formelle, la langue comme vecteur culturel ou des enjeux autour de la santé mentale en Europe. Créer des espaces de débats entre acteurs, jeunes et responsables intitutionnels européens du parlement européen, de la commission européenne, pour se faire reconnaître comme forces de propositions. La ME permettra de rendre compte de la recherche action sur l’animation volontaire et de présenter nos propositions. D’autre part, si l’on veut qu’il y ait des répercussions avec les réseaux des organisations il faut que ce soit les véritables acteurs de ces projets, qui soint en lien direct avec les responsables institutionnels européens , et non des experts techniciens européens coupés de tout réseau autre que le leur.

BN :

J’espère que nous arriverons à mettre en pratique nos convictions communes. Nous préparons des modules de formation sur l’Europe destinés aux animateurs et nous souhaitons conceptualiser cette expérience à travers un projet multilatéral dans les années à venir.

Plus généralement, nos compétences et nos expériences respectives sont très complémentaires et nous partageons la conviction d’un intérêt général européen et du rôle central de l’éducation pour devenir citoyen européen. On ne naît pas citoyen européen, on le devient.



29/10/2008
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