03/04/2012
Films conservés par le PAJEP aux Archives départementales du Val-de-Marne.
le film "Grange blanche" daté de 1952 est commenté par Jean-Marie Michel, ancien directeur général des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA).


En avril, le film "Grange blanche" daté de 1952 est commenté par Jean-Marie Michel, ancien directeur général des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA).

Ce film de 31 minutes décrit le fonctionnement d’une colonie de vacances située dans les Alpes et organisée pour les enfants des travailleurs d’une usine de l’aéronautique. Il montre les relations étroites entre les comités d’entreprise et les mouvements d’éducation populaire, plus particulièrement les CEMEA.



Le film "Grange blanche" a été produit en 1952 par le comité d’entreprise de la Société nationale de construction aéronautique du Nord (SNCAN), entreprise issue des nationalisations de 1936 et ancêtre de Nord Aviation, avec le concours de la Jeunesse au plein air (JPA) et des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA). Il a été réalisé par André Fontaine, avec la collaboration, pour la musique, de William Lemit, tous les deux responsables pédagogiques aux CEMEA.

Titre : Grange blanche

Cote archivistique : 512J Cote audiovisuelle : FRAD094_024AV_001085_01 Producteur : CEMEA, JPA, comité d’entreprise de la SNCAN

Support original : bobine film 16mm sonore, noir et blanc Durée : 31 mn 38 s

Voir le film sur http://archives.cg94.fr/pajep

(...) Pierre, enfant du Havre, rêve de vacances à la montagne. Jean, qui habite Sartrouville, imagine quelques aventures au large... Leurs parents travaillent à la SNCAN. Les services sociaux du comité d’entreprise dirigent les enfants, en tenant compte aussi de leurs désirs, vers les régions les plus favorables à leur développement. C’est ainsi qu’Ils se retrouveront tous les deux au départ, en train puis en autobus, d’un séjour organisé par le comité d’entreprise, dans un hameau de Haute-Savoie, « Grange Blanche », près de Thonon. Le film nous entraine dans la vie quotidienne d’une colonie organisée par le comité d’entreprise de la SNCAN, implantée dans un petit village de montagne.

Dans cette période de l’après-guerre, les colonies de vacances ont connu un essor considérable, soutenu fortement par la puissance publique et par les Caisses d’allocations familiales (CAF). Elles sont de plus en plus l’affaire des municipalités, engagées depuis plusieurs dizaines d’années dans les placements familiaux puis dans les accueils collectifs, et des comités d’entreprise qui n’existent que depuis 1946.

Les CEMEA ont développé depuis la Libération, des relations étroites avec ces grands organisateurs : journées d’études nationales, formation des cadres, encadrement des séjours, fonction de conseil, etc. Ils se sont rapprochés des comités d’entreprise les plus importants, gérés par les syndicats ouvriers, avec lesquels ils partagent de fortes convergences idéologiques : Michelin, la SNCF, la RATP, les Houillères du Nord, la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) d’EDF-GDF, la Régie Renault, Air France, etc.

Les CEMEA assurent la formation des cadres des colonies de vacances et participent étroitement à la création et à la consolidation des principes pédagogiques sur lesquels se fondent ces comités d’entreprises. Ils créent, à la fin des années 1970, des Conseils de concertation pédagogique, au plan national et régional, réunissant les principaux organisateurs, pour reconsolider ces relations et réfléchir aux évolutions des centres de vacances et aux rôles respectifs des organisateurs et d’un organisme de formation.

Le comité d’entreprise de la SNCAN s’inscrit dans cette logique et défend manifestement, dans son projet, des valeurs et des pratiques s’inspirant de l’éducation nouvelle, ce qui explique qu’il ait fait appel, pour témoigner de son action, à un responsable des CEMEA, pour réaliser ce film.

Dans un cadre champêtre, à 900 m d’altitude, on voit les enfants vivre à leur rythme et au rythme du village. Ils sont installés, les filles dans des chambres confortables du chalet, les garçons dans un campement fixe de tentes Marabout bien aménagées. Nous les suivons dans les nombreuses activités qui occupent leurs journées : la découverte de la vie rurale à travers les foins, les travaux de maçons qui reconstruisent un mur de soutènement proche du chalet, l’observation de la nature, les activités manuelles autour de l’eau, de l’air (petits bateaux, cerfs-volants, etc.), les activités plastiques, les jeux dramatiques spontanés laissant libre cours à l’imagination, les jeux, les activités calmes comme le chant, la lecture, etc.

Une large place est faite, dans cette colonie, à des activités plus exceptionnelles : une randonnée vers une plage avec des activités nautiques et l’apprentissage de la natation, une course en montagne qui permet la découverte des hauts sommets enneigés et la vie du berger et de ses bêtes dans les alpages, une sortie en autobus en Suisse, etc.

Toute la vie d’un groupe d’enfants de la ville qui découvrent la montagne est là, tout près de la nature. C’est une vie simple et tranquille où, dans ce qui nous est donné à voir, aucun grain de sable ne vient troubler - en apparence ! - la sérénité et le plaisir de vivre de cette petite communauté où les adultes jouent un rôle déterminant.

Car, ce qui se dégage progressivement dans ce que le réalisateur nous montre, par touches discrètes, ce sont des conceptions pédagogiques très ancrées dans l’application des méthodes actives aux loisirs des enfants. Le projet éducatif du comité d’entreprise apparait dans les partis pris pédagogiques du séjour.

C’est le cas, par exemple, de la conception de l’activité organisée autour des besoins cognitifs et affectifs des enfants et de leurs désirs, une activité où domine clairement la liberté de choix.

On mesure l’importance accordée à la valeur de ces activités, sans hiérarchie entre les tâches ménagères ou le jeu, toutes utiles au bon développement de l’enfant. C’est aussi vrai de la dimension de socialisation de l’enfant à travers le respect de ses rythmes, de ses intérêts, de ses rencontres au sein d’un groupe de pairs.

On comprend l’importance de la formation sociale que constitue la vie dans un groupe où chacun exécute sa part des tâches collectives, prépare le matériel de la randonnée, participe à l’épluchage des légumes, fait la cuisine durant la randonnée, apprend à monter une tente : c’est l’apprentissage du « vivre ensemble » dans une éducation qui est de tous les instants.

Cette colonie est mixte, et les activités vécues en commun permettent d’établir entre garçons et filles des rapports de confiance et de respect. Il faut avoir en tête que la mixité était encore rare à l’époque et qu’elle ne s’est vraiment généralisée que dans les années 1960. Cette expérience fera exprimer une appréciation significative à Pierre, peut-être l’un de ceux qui sifflaient les filles sur le port du Havre au début du film ! Il dira ainsi « qu’il a une autre opinion des filles » à la fin du séjour ! Bienfaits de la mixité !

Le rôle des adultes n’apparait pas explicitement mais on comprend qu’il est essentiel dans la mise en place du cadre, des règles de vie, dans l’organisation des activités et dans l’instauration du climat de confiance qui apparait en filigrane dans la relation entre les enfants et les animateurs.

Le contexte socio-économique, 60 ans après la réalisation de ce film, s’est profondément transformé. Les attentes du public ont changé, les activités se sont de plus en plus « technicisées », les conditions d’encadrement des activités de plein air se sont réglementées de manière parfois drastique, on constate une marchandisation progressive de l’offre... Les enjeux sont aujourd’hui majeurs : autour du volontariat qui, s’il n’est pas reconnu par un statut, change la nature même de l’animation volontaire et, au-delà, peut ruiner les fondements de l’éducation populaire ; autour de l’ouverture à l’Europe qui peut constituer aussi bien une dynamique de développement que le risque d’y faire perdre les valeurs même de ces structures. Une véritable reconnaissance par les pouvoirs publics de ces Accueils collectifs de mineurs (ACM) est une priorité si l’on ne veut pas voir disparaitre ce qu’on a longtemps nommé les « colonies de vacances ». Car les principes éducatifs mis en lumière dans ce film sont toujours autant pertinents aujourd’hui pour les loisirs des enfants. Ces principes constituent, plus que jamais, des références fondamentales pour l’action des CEMEA.

L’intégralité de l’article sur le site des archives cg94.fr

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