Éducation populaire : le retour.
Jacques Ladsous (VST 115)

Participant à la journée d’hommages à Françoise Tétard, en septembre dernier,
j’ai été frappé par le nombre de gens qui sont venus faire acte de présence, au
nom de l’éducation populaire dont elle fut l’une des historiennes. Ensemble, mais
dans le silence et le recueillement, nous avons médité sur cette énergie autour de
laquelle se sont regroupés animateurs de jeunesse, et animateurs sociaux, pour
restaurer le pays avec toutes les forces visibles ou cachées utilisables… et nous
nous sommes efforcés, dans nos discussions, de trouver dans la société
d’aujourd’hui les ingrédients d’une reprise.


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Justement, il y a quelques jours, des amis
japonais, en visite chez moi, nous racontaient
comment le séisme qui les a frappés
a révélé des solidarités qu’ils n’attendaient
pas chez leurs compatriotes. C’est que cette
solidarité que l’on croyait morte s’était simplement
endormie dans le confort et
l’abondance, et s’est réveillée devant la
nécessité. D’où leur désir de relancer avec
force l’éducation populaire, en exaltant sa
gratuité, son sens collectif, son partage des
savoirs, cette présence à l’autre qui empêche
de considérer que la performance est l’objectif
premier d’une éducation.
Dans un récent papier paru dans les Actualités
sociales hebdomadaires, je disais bien
que cette valeur était en sommeil, et qu’il
suffirait de peu de choses, peut-être, pour
qu’elle réapparaisse. Et il me semblait
sentir comme un frémissement dans certains
organismes, dans certaines associations,
dans certains mouvements, un frémissement
de retrouver le plaisir, je dirai même la joie
de progresser ensemble. Les inégalités
sociales sont arrivées à un tel point qu’il n’est
plus possible de favoriser les forts en laissant
crever les faibles.
L’éducation populaire, c’est la possibilité de
faire émerger de ceux qui se croient largués,
abandonnés par les autres, le potentiel qui
les réinstalle parmi les vivants. L’éducation
populaire, c’est cette certitude que nous
avons tous quelque chose à dire, quelque
chose à donner, quelque chose à recevoir.
L’éducation populaire, c’est la reconnaissance
des savoirs de chacun – savoirs qui
servent de moteur pour la promotion des
autres. L’éducation populaire, c’est le développement
de tous, les uns par les autres,
les uns avec les autres. Faut-il attendre
d’autres catastrophes, d’autres cataclysmes,
pour la retrouver au fond de nous-même,
comme une valeur collective et commune ?
Puisse ce frémissement léger se transformer
bientôt en vent tranquille, irradiant de
son souffle tous nos freins humains.
Nous, les aînés, qui avons connu son développement
et profité de ses avantages, il est bon que nous sachions souffler calmement
sur cette braise naissante pour que les
jeunes générations en retrouvent l’exercice
permanent. Et vous, les jeunes, ne résistez
surtout pas à l’aventure qui consiste à réussir
ensemble. Vous y trouverez la nourriture
quotidienne qui permet de dépasser les obstacles,
et de ne laisser personne croupir dans
une solitude misérable.
Et voilà que le frémissement se confirme.
Le Centre national des arts et métiers
(CNAM) vient de consacrer deux journées à
un colloque sur ce thème, où sont intervenus
de jeunes et de vieux militants. Il ne
s’agissait pas d’évocations historiques,
mais bien de mise en oeuvre au présent. Et
j’ai été heureux d’entendre reformuler ce
slogan qui traduit l’éducation populaire :
« Par le peuple, avec le peuple, pour le
peuple ».
ATD Quart Monde continue tranquillement,
mais en les approfondissant à chaque
nouvelle rencontre, les démarches de sa
campagne en faveur du croisement des
savoirs, des pratiques et des pouvoirs. Son
université populaire, « La cave », a une
bonne fréquentation et semble vraiment
aider les personnes qui y viennent s’affirmer,
croire à la vertu des échanges, ne plus
mépriser la parole, à partir du moment où
les discours sont intelligibles.
Le séminaire organisé par MP4 (Mouvement
pour une parole politique des professionnels
du champ social), le MILH (Mouvement
interdisciplinaire pour un humanisme laïc)
et le Cédias (Centre d’étude, de documentation,
d’information et d’action sociale)
s’est terminé il y a deux mois par l’idée de
reprendre les universités populaires, et je
viens de participer à Toulouse (cinquante
participants) au lancement de l’une d’elles.
Ce n’est déjà plus un frémissement, mais
un réveil. Alors que ses propositions originaires
devraient être détournées par le
marché de la formation continue, voilà que
l’éducation populaire redevient, pour de
nombreux militants, non seulement un
recours mais une obligation ardente.


05/09/2012




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