Rénovation des diplômes professionnels - introduction au Ca n° 93 "Environnement urbain"

Après les diplômes de l’animation volontaire,
c’est au tour de ceux de l’animation professionnelle
d’être mis à jour. Le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a mis au travail
plusieurs pistes de rénovation placées sous le signe de la simplification et de l’harmonisation.


Voir et lire le sommaire n° 93

Au terme d’un processus entamé au printemps 2013,
les contours de la réforme des diplômes de l’animation professionnelle
se précisent. Les différents groupes paritaires
mis en place depuis un an par le ministère de la Jeunesse et
des Sports finalisent leurs travaux avant que les textes réglementaires
soient soumis à la commission professionnelle
consultative. Au cœur de ces travaux de rénovation des
diplômes, nous trouvons les scénarios de réforme proposés
en février 2014 par la mission relative à l’évaluation de la
politique ministérielle de formation et de certification aux
métiers du sport et de l’animation. À la suite d’une mission
de diagnostic, l’inspection générale de la Jeunesse et des
Sports y formule une quarantaine de préconisations. Celles ci
sont travaillées par des groupes paritaires associant représentants
de la branche, syndicats, organismes de formation
et administrations. Les objectifs sont une simplification
administrative à l’organisation et au suivi de ces formations
(habilitation, jury, certification), une simplification pédagogique
et une harmonisation des diplômes de la filière du
BPJEPS [1] au [2]

Il s’agit aussi de conforter la notion de diplôme d’État, l’égalité
de traitement sur le territoire et assurer un meilleur
contrôle des organismes de formation. Le renforcement
du principe de diplôme d’État devrait se concrétiser – et nous nous en félicitons – par un cadre plus clair
et précis des modalités de certification des unités
de compétences (UC) en vue de l’obtention
du diplôme, laissant moins de place à des interprétations
et à des certifications différentes suivant
les régions.

UNE NOUVELLE ARCHITECTURE
POUR LE BPJEPS

Le BPJEPS comportera désormais 4 UC et non plus
10 comme actuellement. Le tronc commun entre
le sport et l’animation est maintenu et même
renforcé : les UC 1 et 2 seront communes avec
le sport et donc une fois obtenues valables pour
tous les BPJEPS quelle que soit la spécialité, animation
ou éducateur sportif. La spécialité animation
se décline en 6 mentions : animation sociale, animation
culturelle, technologies de l’information et
de la communication, éducation à l’environnement
et au développement durable, cirque et loisirs tous
publics – ces appellations risquent de changer.
La question du volume horaire des formations est
en discussion. Actuellement il est de 600 heures
en formation initiale mais une diminution est envisagée
qui permettrait évidemment de baisser les
coûts et aussi, sans doute, de pouvoir organiser
cette formation sur des délais plus courts. Les associations
de jeunesse et d’Éducation populaire
militent pour maintenir un volume conséquent
permettant d’assurer une réelle formation professionnelle
en alternance. Il faut du temps pour
former un professionnel. Une formation en alternance
c’est du temps en formation théorique et
du temps en pratique sur le terrain ; sachant
qu’évidemment il s’agit d’un volume théorique
pour la formation initiale et qu’il peut diminuer
en formation continue grâce aux possibilités d’allégement
de la formation.

PRENDRE EN COMPTE
L’EXPÉRIENCE DE TERRAIN

Il reste à traiter la question de la valorisation
des compétences acquises dans d’autres cadres,
tel que l’engagement dans le volontariat. En effet,
avoir acquis des compétences dans la direction
d’ACM par une formation théorique et pratique
doit être reconnu dans la formation professionnelle
d’animateur, c’est une évidence ! On peut aussi
envisager de valoriser le certificat de qualification
professionnelle animateur périscolaire (CQP).
Le brevet d’aptitude aux fonctions de directeur
et le CQP pourraient dans ce cadre, permettre
l’obtention d’une partie du diplôme, faisant office
de tremplin vers le BPJEPS (niveau 4) pour le plus
grand nombre des animateurs.
Nous continuons à défendre la promotion sociale,
l’alternance, la reconnaissance des acquis de
l’expérience inscrits dans une logique de formation
permanente, valeurs et principes portés par
l’Éducation populaire depuis toujours.


21/01/2016


Notes :

[1Brevet professionnel de la jeunesse, de l’Éducation
populaire et des sports.

[2Diplôme d’État supérieur de la jeunesse, de l’Éducation
populaire et des sports.




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