Animation enjeux actuels
Penser animation et social - Cahiers de l’Animation n°95 " Âgés... mais capables"

Lorsque nous évoquons l’animation, nous y ajoutons aussitôt
les publics, nous y associons les projets, nous déclinons souvent
les valeurs et les notions d’autonomie, d’émancipation, et sommes
assez convaincus d’oeuvrer au sens des loisirs et des vacances.
Mais ce tableau bouge fortement.


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La référence au champ socioculturel et l’adhésion
aux idéaux de l’Éducation populaire ne suffisent pas à
caractériser l’animation. On constate une diversification
des métiers, un marquage par des territoires,
une accentuation des manières de faire spécifiques
selon les publics. L’animation bouge aussi, elle se fait
de plus en plus intervention sociale, elle a des affinités
avec le travail social, à côté des dispositifs et des programmes
d’accompagnement des publics. Ainsi, la
question de la parentalité se retrouve-t-elle aussi bien
dans le projet d’un centre social que d’un accueil de loisirs
périscolaire. Même chose avec l’enjeu à l’accessibilité
autour des personnes en situation de handicap pour
lesquelles sont décrétées des mesures d’aménagement
révélatrices d’un changement social, certes plutôt lent.
Ou encore, lorsqu’il est question des maladies de la
mémoire concernant principalement les personnes
âgées alors que la réponse n’est pas univoquement celle
du soin ou de la thérapie. C’est dans cette perspective
que s’inscrivent l’histoire et les caractéristiques de l’animation
sociale. Une de ces premières apparitions se lit
dans l’ouvrage de Saul Alinski, Manuel de l’animateur
social, publié en 1971 et traduit en français en 1976.
Cette référence peut tromper si nous oublions que l’animation est sociale par essence. Elle s’ancre dans
des pratiques et se confronte aux aléas d’une société
à un moment donné. Aujourd’hui, à la suite de la loi du
2 janvier 2002, la notion de « vie sociale » vient combler
en partie les interrogations surgies autour du lien
social. La Cnaf (Caisse nationale des allocations familiales)
soutient de nombreux projets et a fait de l’animation
de la vie sociale un axe fort de sa politique en
direction des équipements.

UNE COHORTE DE DIPLÔMES

Si l’animation sociale est lisible à travers la dénomination
socioculturelle et socio-éducative d’institutions,
elle se présente depuis longtemps dans la cohorte
des diplômes en commençant par le Capase (Certificat
d’aptitude à la promotion des activités socio-éducatives).
Au tournant des années 1990, le Beatep (premier
diplôme professionnel de niveau IV) a une option Activités
sociales et vie locale se colorant parfois en « animation
personnes âgées ». Ce qui prime alors est
la dimension technique, la fonction d’animation signale
l’encadrement d’un public, sans spécifier telle catégorie
de population. Aujourd’hui, le BP JEPS affirme une spécialité
animation sociale. Demain la mention Animation s’affiche dans le domaine Action sociale et Santé tel
que le promeut l’Unaforis (Union nationale des associations
de formation en intervention sociale) dans
une architecture des formations des diplômes en travail
social. Le tropisme d’une animation à caractère
social dans les milieux de la gérontologie semble
marqué par l’amplification des questions liées aux
âges, comme en témoigne le problème de la dépendance
liée au vieillissement de la population, phénomène
inédit en ce début du siècle.
Pour les Ceméa, la place de l’animation sociale ne
se limite pas au titre ou au référentiel du diplôme.
Les travaux menés, dans des colloques ou des journées
d’études, au fil des décennies, invitent à penser
les acteurs au service d’une transformation sociale.
L’animation n’est pas en elle-même qualifiée
de sociale pour la mettre au service du social.
Les personnes formées en animation portent
un regard sur la personne dans sa globalité, sans
la définir par ses manques ou ses « anormalités ».
Plutôt que d’énoncer les souffrances et les symptômes,
qui ne sont pas des chimères, l’approche
de la fonction d’animation appliquée à ces publics
(fragilisés, dépendants, exclus) ne se distingue pas
de celle revendiquée dans les pratiques au sein des
centres de vacances, avec les enfants ou les jeunes
rencontrés toute l’année, après l’école ou dans
les institutions leur garantissant une protection.
En clair, l’animation sociale est en construction. Sous
l’ombrelle du travail social, l’animation en tant que
mouvement, porteur d’idées et de sens, ne peut
faire l’impasse d’un questionnement autour de
sa fonction – apporter un supplément d’âme seulement
étymologique – avec des professionnels
présents dans les institutions non plus à côté mais
au sein même des équipes. Que l’animation ne se
réduise pas à être le relais des politiques sociales,
mais réussisse à poser les conditions d’un regard
autre et ouvert face aux maux contemporains.

Michel Rebourg


07/07/2016




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