Rencontre avec la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative en Bretagne

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Les Ceméa Bretagne étaient présents aux côtés d'autres acteurs locaux pour rencontrer Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, en déplacement en Ille-et-Vilaine, le 24 avril dernier. Retour sur ce moment.

L'animation au coeur des échanges

Rencontre courte mais dense, qui a permis de réaffirmer la nécessité de reconnaître pleinement la portée éducative, sociale et politique des métiers de l’animation.

Au Centre des Bruyères, à Bréal-sous-Montfort, la ministre Marina Ferrari a souhaité mettre à l’honneur celles et ceux qui font vivre l’animation au quotidien. La ministre a pu échanger avec des équipes pleinement engagées dans la mise en œuvre du projet éducatif porté localement par l’association Les Bruyères, présidée par Nicolas Véron Gruau, militant de l’éducation nouvelle de la première heure et proche des CEMEA Bretagne.

Temps d'échange et prise de parole des Ceméa

Les Cémea Bretagne, représentés par Eric OBONSAWIN, administrateur, étaient invités à participer à un temps d’échange avec la ministre autour d’un enjeu central : l’attractivité et la reconnaissance des métiers de l’animation. 
Les échanges étaient animés directement par la ministre, qui a surtout voulu communiquer avec les jeunes concernés.
Cette rencontre a permis plusieurs interventions, dont celle des Ceméa Bretagne.
Concernant les animateur•ices professionnel•les,, deux écueils sont pointés par Eric OBONSAWIN, trésorier-adjoint des Ceméa Bretagne : 
  • Vouloir se démarquer à tout prix de l’animation volontaire, en désenchantant la question de l’activité et de l’agir, et en faisant reposer essentiellement l'action pédagogique sur la relation aux jeunes,
  • Chercher à se valoriser auprès des autres professionnel•les en « surjouant » certaines compétences jugées plus sérieuses (ex : méthodologie de projet alambiquée), au détriment des fondamentaux du cœur du métier.

Face à cela, les CEMEA défendent 3 axes dans leurs formations, pour participer à la valorisation des métiers :

  • Une réaffirmation  de la place de l’activité et de l’agir dans la relation éducative, à tous les niveaux de qualification des animateurs et de la formation des militants.
  • Un travail systématique de rencontre entre acteurs éducatifs, notamment à l’échelle des PEDT, pour développer l’interconnaissance et le partage d’analyse des réalités vécues par les jeunes.
  • Un positionnement de l’animation en complémentarité éducative, (et non simplement en continuité éducative), en lien avec la stratégie nationale de développement des compétences psychosociales (2022–2037). En effet, l’animation est un espace privilégié pour apprendre collectivement à développer l’entraide, prendre des décisions, réguler ses émotions, coopérer… Sur cette ambition, l’animation est en position de force et son action est spécifique.

Durant le reste des échanges, la ministre a rebondi à deux reprises sur ces propos, en soulignant l'importance des rencontres entres les acteurs sur les territoires. La dialectique « complémentarité éducative" VS « continuité éducative » a semblé également l'interpeller.

Réalités rurales et engagement associatif

Les animateurs et animatrices professionnelles ont pu témoigner de la précarité des conditions d’emploi en milieu rural, tout en soulignant la créativité de l’association Les Bruyères pour mutualiser les temps de travail sur plusieurs sites et sécuriser les parcours professionnels. Cette initiative illustre parfaitement  les enjeux du groupe de travail ”Emploi, rémunération, parcours” au sein du comité de filière animation, dont la présidente était présente à ces échanges.
L’association Wakanga , partenaire des Ceméa, a également alerté la ministre sur les lourdes  conséquences financières de la revalorisation des CEE pour son équilibre financier. 
 
La ministre a également évoqué les récents problèmes de VSS dans l’animation, et a  souligné la qualité du dispositif « signal-sports » (cellule nationale de traitement des signalements de violences dans le sport) qui pourrait inspirer le secteur de l’animation. 

Propos rapportés par Eric OBONSAWIN, trésorier-adjoint des Ceméa Bretagne