||juin 2003
Pour les CVL de demain
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À un peu plus d’un mois du départ de la campagne d’été,il est utile de faire le point sur les enjeux qui pèsent sur les loisirs et les vacances collectives des mineurs de notre pays.
Et contre le réalisme ambiant de réaffirmer nos convictions éducatives.

Le contexte socio-politique actuel témoigne des choix qui sont posés pour l’éducation des enfants et des jeunes et des désaccords qu’ils provoquent. Ce contexte social difficile peut favoriser les analyses simplistes qui considèrent que la question du droit aux vacances et aux loisirs pour tous est un luxe.
Comme s’il ne s’agissait pas de droits fondamentaux, comme si les temps dits libérés ne portaient pas en eux, aussi, des germes d’inégalités réels contre lesquels nous devons lutter.
Il y a ceux qui partent et ceux qui restent. Au-delà du choix fait par certaines familles, de plus en plus nombreuses, de rester dans leur ville ou leur région, pour pratiquer des activités sur leur territoire, dans un autre rapport au local, à la vie locale, il nous faut poursuivre la mobilisation pour rendre le droit au départ en vacances possible pour tous.

Le champ des vacances et des loisirs collectifs fait l’objet de nombreuses évolutions dont il faut acter qu’elles ne sont pas toutes négatives, comme la reconnaissance de la dimension éducative des CVL avec la mise en avant du projet éducatif des organisateurs.

En revanche, la marchandisation des loisirs, celle plus insidieuse de la pratique des activités dans les centres de loisirs et les séjours de vacances doivent nous alerter sur les évolutions des pratiques sociales qui envahissent peu à peu le champ des CVL et des vacances familiales.

L’instrumentalisation des enfants par les adultes au service de projets dont ils ne sont plus que des exécutants doit être combattue. Il est inadmissible dans le domaine des vacances, que l’enfant ne soit pas au cœur des préoccupations et qu’il n’en soit pas le principal acteur.

L’oubli, voire la remise en cause de
la place centrale de l’enfant dans les projets éducatifs doivent nous faire réagir. Il s’agit bien des vacances des enfants ! Donc, toutes les structures collectives d’accueil des enfants en vacances, les centres de vacances, les centres de loisirs sans hébergement, mais aussi les placements familiaux, concourent au même objectif : organiser les vacances collectives des jeunes et des enfants, pas des vacances pour les jeunes et les enfants. La nuance est de taille.
Il en est de même du discours ambiant, nous invitant à prendre acte de la réalité, à accepter des évolutions inévitables concernant les conditions d’organisation des CVL, leur durée ou les logiques de pratiques individualistes dans les loisirs.

Pour un mouvement d’éducation nouvelle comme les Ceméa, être réaliste ne signifie pas qu’il faille se résoudre à admettre la réalité telle qu’elle est. Notre mouvement ne se reconnaît pas dans ce discours réaliste qui cache mal ses références au libéralisme.

L’urgence politique est au contraire d’affirmer notre différence d’analyse, notre conception de la vie sociale ou les vacances et les loisirs collectifs soient reconnus à part entière.
Ils y sont une réponse spécifique, à côté de l’école et des temps familiaux. Ils y sont de réels espaces d’éducation au sein d’une vraie politique en faveur de la jeunesse. Pas une politique aux relents sécuritaires contre la jeunesse, ni une politique qui ne fasse pas confiance à celle-ci.
Nous parlons d’utopies concrètes.
Il en est de solides dans le champ des CVL pour lesquelles les Ceméa se battent au quotidien.

Notre analyse ne se fonde pas sur du discours, ni sur des visions théoriques coupées des réalités de terrain. Les Ceméa fondent leurs analyses, leurs propositions et leurs pratiques au travers des actions concrètes de leurs militants qui dirigent, animent ou organisent des CVL, au travers des relations fortes et régulières qu’ils entretiennent avec des organisateurs et des opérateurs de vacances. Ils nourrissent ces conceptions des recherches pédagogiques qu’ils initient, des rencontres et des apports des scientifiques, des chercheurs, avec lesquels ils partagent leurs travaux.

L’affirmation de la dimension éducative des CVL, en terme de loi, la mise en avant du projet éducatif pour les organisateurs, véritable outil politique au service de leurs conceptions éducatives, tout cela est un premier axe positif.
Le volontariat, la reconnaissance de l’engagement volontaire des quelques 55 000 animateurs diplômés chaque année est une véritable utopie concrète. On peut penser qu’elle dérange plus qu’elle n’est comprise.
Les soutiens trop timides laissent comprendre que les enjeux économiques et l’évaluation des risques sont souvent prioritaires sur les enjeux éducatifs et l’emportent sur les convictions.

Le nouveau cadre réglementaire des CVL, applicable depuis le 3 mai dernier est un élément central dans ce contexte des vacances et des loisirs collectifs.

Résultat d’un travail long et difficile avec les différents ministères où la concertation fut présente, l’écoute parfois limitée, ce nouveau cadre
traduit bien la volonté affichée de
l’État de renforcer la protection des mineurs hors du domicile parental. Les Ceméa ont contribué fortement à ces travaux. Nos propositions n’ont certes pas toujours été retenues. Nous ne partageons pas tous les choix qui ont été faits, notamment concernant les seuils d’encadrement, l’abandon de l’identification des séjours de vacances des adolescents ou encore la fragilisation des formations bafa et bafd au travers de l’ouverture excessive des listes de diplômes requis pour les fonctions d’animation et de direction.

Il appartient maintenant à chaque acteur des CVL, au premier rang desquels les organisateurs, de prendre leurs responsabilités, toutes leurs responsabilités pour que ces vacances et ces loisirs collectifs soient bien des temps éducatifs pour les participants ... et les encadrants volontaires.

Les Ceméa soutiendront le 10 juillet prochain, la journée nationale pour le droit aux vacances organisée par la JPA.
Elle viendra rappeler, dans les premiers jours des centres de loisirs et des séjours de juillet que trop d’enfants ne partent pas en vacances. Elle viendra interpeller, à nouveau les élus de notre pays sur ce droit essentiel.

Vincent Chavaroche et Alain Gheno



Tous les articles de :
  • Vincent Chavaroche
  • Alain Gheno

  • 31/05/2003
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