EDITORIAL
Agir pour réformer, réformer pour transformer

Une année chasse l’autre... En cette nouvelle année chargée d’échéances électorales importantes pour l’avenir de notre pays et de sa jeunesse, les inégalités sociales se creusent, les fractures culturelles se banalisent et les attentes de réelles réformes éducatives, culturelles et sociales... sont fortes.
Ainsi les questions sur la place de la jeunesse dans la société, du droit à l’éducation et à la formation tout au long de la vie, du respect de l’environnement, de l’accès de tous aux pratiques culturelles et sportives, du droit aux vacances et aux loisirs, de l’existence possible d’une solidarité internationale laïque, de la lutte contre toutes les formes d’exclusion et de précarisation, sont parmi les principales préoccupations quotidiennes des Français. Elles doivent donc être au cœur des débats électoraux à venir.
Ces préoccupations sont celles, quotidiennes, des associations et en particulier des associations de jeunesse et d’éducation populaire. Celles-ci militent pour une société plus juste, plus éducatrice, qui reconnaisse et soutienne le rôle fondamental des démarches de l’éducation non formelle aux côtés d’une éducation formelle portée par un service public laïque renforcé. Elles agissent pour une société plus égalitaire, garante de l’exercice des droits et des devoirs de chacun. Elles constituent des espaces privilégiés favorisant les expériences de l’engagement et de la prise de responsabilités... fondateurs de l’épanouissement personnel.
L’action des associations, facteur de lien social et de transformation sociétale pourtant soutenue par plus de 90% des Français, peine à se faire reconnaître par les pouvoirs publics. Leur rôle d’acteurs de proximité du développement d’une société plus démocratique, d’acteurs d’une démocratie plus participative constitue un des axes de la plate-forme programmatique élaborée par la CPCA [1].
Que serait, en effet, la vie, sans l’action organisée des citoyens, que deviendrait la société sans une économie sociale dynamique et efficace qui, anticipant les besoins, inscrit ses réponses dans la cohérence de ses valeurs ? Que deviendrait enfin l’engagement bénévole sans la démocratie vécue au sein d’associations innovant de nouveaux rapports sociaux aux temps et aux espaces ?
Nous n’imaginons pas une politique de l’enfance et de la jeunesse sans un projet global d’éducation qui, donnant aux jeunes les moyens d’être les futurs acteurs de notre pays, ne s’appuierait pas sur les lieux d’engagement qui favorisent les conditions de leur émancipation et de leur épanouissement personnel que sont les associations. Les Ceméa soutiennent en cela les propositions du CNAJEP [2] à la veille des grands débats nationaux qui, nous en formulons le vœu, ne sauraient ignorer ce qui constitue le cœur de l’action des militants de nos mouvements.

Jean-Luc Cazaillon
Directeur général adjoint des Ceméa


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