Il faut abroger le décret « Morano », premier signal emblématique en faveur de modes d’accueil de qualité

Le Collectif « Pas de bébés à la consigne » a engagé depuis deux
ans de nombreuses actions pour alerter les pouvoirs publics sur la
dégradation de la qualité d’accueil des jeunes enfants découlant
notamment du décret du 7 juin 2010 réformant les établissements et
services d’accueil des enfants de moins de six ans, ou de l’inclusion
des modes d’accueil collectif dans la directive "Services". Malgré un
mouvement sans précédent des parents et des professionnel-les de
la petite enfance avec le soutien de nombreux-ses élu-es, au
printemps 2010, nos demandes pour préserver des modes d’accueil
de qualité et les conditions d’exercice des professionnel-les ont été
rejetées par le précédent gouvernement.
Suite à cette mobilisation nous avons publié un Plan d’urgence pour
l’accueil de la petite enfance et avons, par une lettre ouverte
adressée aux candidat-es à la présidence de la République puis
aux élections législatives, mis en avant sept dispositions qui nous
semblent indispensables :

1/ le retrait d’urgence du décret du 7 juin 2010 dit « décret Morano »
réformant l’accueil collectif des jeunes enfants et instituant les
jardins d’éveil ;

2/ une évolution du dispositif des Maisons d’Assistantes Maternelles
en instaurant des normes de fonctionnement et d’encadrement
comparables aux structures collectives de taille similaire ;

3/ un plan national d’urgence de formation de professionnel-les
qualifié-es, notamment ouvert aux titulaires d’un CAP petite enfance
et aux assistantes maternelles dans le cadre de la promotion
professionnelle ;

4/ une amélioration conséquente des taux de professionnel-les les
plus qualifié-es et des ratios d’encadrement dans les établissements
d’accueil des jeunes enfants ;

5/ un plan ambitieux d’ouverture de nouveaux établissements
contribuant à créer les 500 000 places d’accueil manquantes ;

6/ le rétablissement des postes d’enseignants supprimés, le
développement de l’école maternelle sur tout le territoire, l’attribution
des moyens nécessaires pour que chaque famille qui le souhaite
puisse scolariser son enfant de deux à trois ans dans des conditions
adaptées à cet âge d’entrée à l’école ;

7/ l’exclusion des modes d’accueil collectif et individuel du champ
d’application de la Directive "Services" et le maintien des
établissements d’accueil collectif dans le champ public ou non
lucratif.


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