Cohérence des champs concordance des temps - Editorial VEN 586 Questions d’animation -
Jean-Luc Cazaillon, Directeur général des Ceméa

La refondation de l’École de la République et la mise en oeuvre de la réforme des rythmes
bouleversent notre environnement au-delà de ce que nous percevons aujourd’hui. Pour
les collectivités l’éducation est devenue un enjeu formel, explicite, contribuant au projet
politique local ; les PEDT mobilisent l’ensemble des acteurs d’un territoire ; l’école devient
l’un des espaces d’éducation essentiels mais elle se doit d’articuler une partie de son
temps avec d’autres lieux et acteurs éducatifs.

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Concordance des temps, complémentarité des actions d’abord pour élaborer un projet
cohérent, un projet commun. Il devient alors indispensable, de faire dialoguer LES projets :
le projet d’école, le projet éducatif de la collectivité territoriale, celui des associations
potentiellement partenaires ainsi qu’au plus près du terrain le projet pédagogique des
structures d’accueils collectifs de mineurs.
Cohérence des champs ensuite pour construire la continuité éducative et la complémentarité
des espaces qui ne peuvent être réelles et pertinentes que si l’on considère
les activités périscolaires et extrascolaires comme des temps sociaux ayant leur propre
logique éducative et non comme des adjuvants au service de la seule réussite de l’élève
à l’école.

Mais qu’en est-il alors s’agissant des acteurs ? Promouvoir des activités périscolaires et
extrascolaires de qualité nécessite de garantir une qualification suffisante des personnes
qui vont y intervenir directement mais aussi de celles qui vont avoir la responsabilité de
les coordonner. Mais il est une autre nécessité, celle de conserver les valeurs, les logiques,
les cadres propres à chaque espace d’éducation. Ne pas confondre les missions de l’école
avec celles des structures de loisirs, c’est respecter les cadres de référence des acteurs,
c’est garantir aux enfants et aux jeunes de pouvoir vivre des situations éducatives
différentes et donc réellement complémentaires. Nous le savons, le champ de l’animation,
mobilisé dans la mise en oeuvre de la réforme est porté par des acteurs professionnels et
volontaires. Cette diversité des statuts est une richesse. Elle fait agir ensemble des professionnels
de l’éducation et des non professionnels intervenant « dans le cadre d’un
engagement social et citoyen » comme le stipulent les textes régissant les diplômes de
l’animation volontaire.

Si, au nom de la réforme des rythmes, par pragmatisme ou « à titre dérogatoire »,
on adapte, on bidouille, les règles, les normes du champ des activités périscolaires et
des loisirs, on déstabilise alors tout un champ déjà fragilisé aujourd’hui. Emplois
précaires, sous-qualification des acteurs, utilisation abusive de diplômes non professionnels,
dévoiement du sens même du volontariat sont autant de risques qui ne peuvent
être levés que par une réponse politique. Cette réponse appartient aux collectivités mais
également à l’État. Elle est aussi importante que le sens même de cette réforme.

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