Quand l’éducation se joue aussi en dehors de la classe : le périscolaire au cœur des inégalités éducatives
Dans un article de fond, Jean-Baptiste Clerico, directeur général des Ceméa et co-président du CNAJEP, interroge la place du périscolaire dans les parcours éducatifs des enfants. Inégalités territoriales, formation des équipes, continuités éducatives ou encore rôle des mouvements d’Éducation populaire : ce texte propose une réflexion essentielle sur les enjeux démocratiques de l’éducation en dehors de la classe.
Le périscolaire : un enjeu éducatif majeur encore trop invisibilisé
En France, les enfants passent presque autant de temps avec des adultes non enseignants qu’avec leurs professeurs, notamment dans les structures périscolaires. Pourtant, ces espaces éducatifs, qui concernent plus de cinq millions d’enfants, restent trop souvent en marge des politiques publiques et du débat national.
Les temps périscolaires occupent une place essentielle dans la vie des enfants. Chaque jour, plus de cinq millions d’entre eux fréquentent des accueils éducatifs en dehors du temps de classe. Pourtant, ces espaces restent encore trop souvent considérés comme de simples dispositifs de garde, alors qu’ils participent pleinement aux apprentissages, à la socialisation et à la construction de la citoyenneté.
Dans un article de fond, Jean-Baptiste Clerico, docteur en psychologie, directeur général des Ceméa et co-président du CNAJEP, analyse les enjeux éducatifs, sociaux et politiques du périscolaire. Il montre comment les inégalités territoriales, les difficultés de recrutement ou encore le manque de formation des équipes révèlent les fragilités d’un secteur pourtant indispensable aux continuités éducatives.
S’appuyant sur de nombreux travaux de recherche et rapports publics, l’article rappelle une réalité souvent oubliée : les enfants passent, au cours d’une année, presque autant de temps avec des adultes non enseignants qu’avec leurs professeur·es. Les expériences vécues dans les accueils périscolaires, les activités culturelles, sportives ou collectives jouent donc un rôle décisif dans le développement des enfants et dans leur rapport aux savoirs.
L’article interroge également les choix politiques actuels et plaide pour une véritable reconnaissance du périscolaire comme composante à part entière du service public éducatif. Il défend notamment la nécessité :
- d’un accès équitable à des temps éducatifs de qualité sur l’ensemble du territoire ;
- d’un investissement massif dans la formation des acteur·rices du périscolaire ;
- du rôle essentiel des mouvements d’Éducation populaire dans la construction de continuités éducatives émancipatrices.
Au-delà des questions d’organisation, ce texte porte une réflexion plus large sur le projet démocratique de l’éducation. Il rappelle combien les espaces collectifs vécus par les enfants sont aussi des lieux d’apprentissage du vivre-ensemble, de la coopération et de l’exercice de la citoyenneté.